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Bilan des levées de fonds du S1 2024 : l’Europe en 2e position derrière les USA (CB Insight)

Plus de 57 % des opérations de financement réalisées par les entreprises de santé numérique se concentrent aux USA : c'est en tout cas ce que révèle le rapport CB Insight publié début juillet. Devançant l'Asie, l'Europe arrive en deuxième position de ce classement. Dans cet article, un bilan des "mega deals" (plus de 100 M$) et des opérations de fusion-acquisition marquantes de ce 1er semestre.

Publié le mercredi 10 juillet 2024 à 12h18

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Marché IA et découverte de médicaments : quelles opérations stratégiques réalisées en 2023 ? (partenariats, fusacq)

Le marché de la découverte de médicaments est en pleine expansion grâce à l'intelligence artificielle (IA), cette avancée permet d'accélérer et d'optimiser des processus coûteux et complexe. En 2023, il atteint 1,38 milliards de dollars, avec des prévisions allant jusqu'à 3,74 milliards de dollars d'ici 2027. L'Amérique du Nord représente actuellement plus de 56 % du marché.

Publié le mercredi 03 juillet 2024 à 18h05

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Point of care : Roche acquiert LumiraDx’s (295 M$) et enrichit son portefeuille de diagnostic

Un accord définitif d'acquisition par Roche de certaines parties du groupe LumiraDx liées à sa technologie innovante de point of care (POC) a été conclu pour un montant de 295M$. Un paiement supplémentaire pouvant atteindre jusqu'à 55 M$ est également prévu, il sera destiné à financer les activités de la plateforme technologique jusqu'à finalisation de l'acquisition prévue pour juin 2024. La vente de LumiraDx à Roche s'inscrit dans un processus de revue stratégique de la société, annoncé il y a plusieurs mois.

Promouvoir les tests de diagnostic sur les lieux de soins

La solution que propose LumiraDx, intègre diverses modalités de diagnostic au sein d'une seule plateforme et viendra enrichir la gamme de produits du groupe suisse dans les domaines de la chimie clinique, de l'immunochimie, de la coagulation, de l'obésité, ainsi que dans divers domaines pathologiques. Le portefeuille de LumiraDx comprend notamment un test HbA1c marqué CE et utilisé avec sa plateforme POC, qui fournit des résultats en moins de sept minutes.

Roche a pour objectif d'étoffer son catalogue de produits de diagnostic sur les lieux de soins, afin de fournir davantage de tests à domicile, dans les pharmacies ou dans les cabinets médicaux. Cela lui permettra de disposer d'une large gamme de tests immunologiques et de chimie clinique, qui pourraient "être complétés à l'avenir par d'autres tests à haute valeur médicale", annonce le laboratoire.

Une plateforme unique et connectée

La plateforme de LumiraDx embarque une "technologie intelligente, basée sur le cloud" qui "assure le transfert sécurisé et en temps réel des résultats" de l'instrument LumiraDx vers son "Connect Manager" ou vers le dossier du patient.

Cette offre logicielle propose des services cloud pouvant :

  • gérer et configurer à distance les instruments ;
  • afficher les résultats des tests ;
  • et simplifier la gestion des utilisateurs à partir d’un téléphone mobile, d’une tablette ou d’un ordinateur

Les résultats sont ensuite transférés "de l’instrument vers le dossier du patient via ou pas un middleware de biologie délocalisée".

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LuminarDx en difficulté ces dernières années

LumiraDx s'était déjà fait un nom pendant les premières phases de la pandémie de Covid-19 en obtenant l'une des premières autorisations d'urgence de la FDA pour un test d'antigène. Au début de l'année 2021, les prévisions de revenus variant entre 600 millions et 1 milliard de dollars ont incité l'entreprise à se tourner vers les marchés publics par le biais d'une transaction SPAC de 5 milliards de dollars, mais quelques mois plus tard, la forte baisse de la demande de tests Covid a contraint LumiraDx à réduire de 2 milliards de dollars la valeur annoncée

En octobre dernier, LumiraDx a déclaré avoir reçu une notification du Nasdaq l'informant qu'elle serait radiée de la bourse après que le prix de son action a été inférieur à 1 dollar pendant 30 jours consécutifs. À l'époque, la société a déclaré qu'elle prévoyait de faire appel. Sa conformité avait également été mise en doute au mois de février précédent.

Les résultats financiers du deuxième trimestre 2023 de la société affichaient un chiffre d'affaires de 21 millions de dollars, contre 44 millions de dollars au cours de la même période de l'année précédente, dont 9,2 millions de dollars de ventes en dehors du Covid, contre une perte nette de près de 50 millions de dollars après dépenses.

Roche confirme son leadership sur le marché du diagnostic

Avant cette nouvelle acquisition et au-delà de son portefeuille en POC, Roche a réussi en 2023 à faire valider et mettre sur les marchés américain et européen plusieurs tests immunologiques permettant pour diverses pathologies :

  • en juin 2023, elle a obtenu l'autorisation 510(k) de la Food and Drug Administration (FDA) pour deux tests, à savoir les tests Elecsys beta-Amyloid (1-42) CSF II (Abeta42) et Elecsys Total-Tau CSF (tTau). Ces tests permettent de mesurer deux biomarqueurs de la pathologie d'Alzheimer, les protéines bêta-amyloïde et tau, chez les adultes âgés de 55 ans et plus ; 
  • en octobre 2023, la société a reçu un marquage CE pour son test immunologique Elecsys interleukine 6 (IL-6) à utiliser comme test de diagnostic pour la septicémie néonatale. Le test fournit une analyse quantitative de l'IL-6 dans le sérum et le plasma. Il dure 18 minutes et nécessite 18μL ou 30μL de sang ;
  • en novembre 2023, Roche a reçu de la FDA la désignation de dispositif révolutionnaire pour son test Elecsys de chaîne légère des neurofilaments. Ce test est destiné à détecter l'activité de la maladie chez les adultes, âgés de 18 à 55 ans, atteints de sclérose en plaques récurrente-rémittente ou secondairement progressive.

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Publié le mercredi 17 janvier 2024 à 08h00

AVC : J&J MedTech acquiert Laminar, société spécialisée dans les implants cardiaques (400 M$)

Réduire les risques d'accident vasculaire cérébral (AVC) est l'objectif de l'implant cardiaque développé par Laminar, une société basée aux États-Unis que vient de racheter Johnson & Johnson MedTech, dans une affaire d'un montant de 400 millions de dollars. Laminar rejoint ainsi J&J au sein de sa filiale Biosense Webster, leader mondial du traitement des arythmies cardiaques.

Faire progresser la vision de l'entreprise

Laminar est une société de dispositifs médicaux spécialisée dans le traitement de l'appendice auriculaire gauche chez les patients souffrant de fibrillation auriculaire non valvulaire. Son produit représente une thérapie reconnue pour réduire le risque de thrombo-embolie "lorsqu'un traitement anticoagulant oral chronique est recommandé chez les patients qui ont des raisons valables de rechercher une alternative non pharmacologique". Ceci concerne près de 40 % des patients atteints de fibrillation auriculaire qui ne tolèrent pas les anticoagulants à long terme.

Laminar a récemment reçu l'approbation de la FDA pour lancer une étude pivot aux États-Unis. Les dirigeants de l'entreprise se sont dits "animés par la volonté de développer et de fournir une solution innovante pour aider les patients à vivre sans la crainte d'un AVC ou la nécessité d'une utilisation à long terme d'anticoagulants". Une vision que ce nouvel accord avec J&J pourrait booster.

Un choix stratégique pour J&J

J&J reste fidèle à son engagement de "diversifier son expertise en matière de soins et d'utiliser une technologie utile pour transformer les interventions médicales". Face à ses concurrents, alors que le dispositif de Medtronic est conçu pour être utilisé comme "une procédure d'appoint rapide chez les patients souffrant de fibrillation auriculaire, subissant déjà une chirurgie cardiaque pour une autre pathologie", l'approche de Laminar s'aligne davantage sur les celle deux principaux acteurs du domaine aux États-Unis, en l'occurence Abbott et Boston Scientific.

Avec l'acquisition de Biosense Webster en 1997, J&J reste le leader mondial du diagnostic et du traitement des arythmies cardiaques. L'envergure de l'entreprise s'étend au monde entier, faisant progresser les outils et les solutions qui permettent aux électrophysiologistes d'identifier, de traiter et de fournir des soins complets.

Notons que suite à l'acquisition de Laminar, J&J va devoir réviser ses perspectives de bénéfices pour l'exercice 2023. La société a déclaré que l'acquisition d'actifs nécessitera une charge de recherche et développement en cours, ce qui entraînera une réduction de son bénéfice par action (BPA).

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Publié le jeudi 21 décembre 2023 à 08h00

IA / Jumeau numérique : un rapprochement stratégique entre ExactCure et Quantum Genomics

La société biopharmaceutique Quantum Genomics est en pourparlers exclusifs avec ExactCure, une strat-up spécialisée dans le développement de jumeaux numériques, pour la l'accélération et la promotion de ces dispositifs basés sur l'intelligence artificielle (IA) auprès des acteurs du secteur. C'est ce qu'a annoncé, le 14 décembre 2023, le laboratoire parisien actif dans le domaine des maladies cardiovasculaires.

La collaboration s'inscrit dans une démarche de complémentarité, dans l'objectif de "créer une entité leader dans le domaine de la santé numérique", grâce à :
▶️ l'innovation technologique d'ExactCure d'un côté ;
▶️ et les capacités financières et la cotation en bourse de Quantum Genomcis de l'autre.

Un double objectif stratégique :

A travers ce partenariat, les deux entreprises ont pour ambition :
🎯 d'accélérer le déploiement du dispositif de simulation médicamenteuse personnalisée auprès des fournisseurs de solutions médicales, des compagnies d'assurance santé et des laboratoires pharmaceutiques ;
🎯 de permettre l’implémentation du dispositif en augmentant le nombre de médicaments simulés, "de 5 200 à 10 000", et en intégrant une fonctionnalité de détection des interactions multimédicamenteuses, enjeu majeur lors de prescriptions multiples.

Depuis sa création en 2018, ExactCure a pu lever 7 millions d’euros. Pour Frédéric Dayan, le CEO de Exactcure, cette nouvelle évolution stratégique est une grande avancée pour son entrerprise et pour Quantum Genomics : "Ce rapprochement va propulser ExactCure dans une nouvelle dimension, les nouveaux moyens financiers et humains apportés par Quantum Genomics vont nous permettre d’accélérer le développement de notre dispositif et de devenir un partenaire incontournable des laboratoires pharmaceutiques pour le développement de nouveaux médicaments et l’accompagnement de médicaments déjà sur le marché", déclare-t-il.

La simulation médicamenteuse personnalisée : un double avantage

Un dispositif sur mesure

Le dispositif d'ExactCure offre la possibilité de générer un jumeau numérique personnalisé pour chaque patient, en prenant en compte les diverses caractéristiques spécifiques des individus telles que : 

  • l'âge ;
  • le poids ;
  • le sexe ;
  • la fonction rénale ;
  • la fonction hépatique ;
  • les mutations génétiques des traitements en cours...

Ce jumeau numérique permet de simuler le comportement d'un médicament chez le patient, en anticipant divers paramètres, tels que : 

  • la concentration sanguine ;
  • la pharmacocinétique ;
  • la pharmacodynamique  ;
  • et les interactions potentielles avec d'autres médicaments.

👉 Par exemple, si un patient prend un anti-inflammatoire à midi, son jumeau numérique prédit que, dans son cas particulier, le traitement sera efficace à 12h20, atteindra un maximum d'efficacité à 13h30 et sera éliminé à 18h30.

Un avantage économique indéniable

Dans le contexte de la mise sur le marché de son dispositif, ExactCure vise particulièrement les laboratoires pharmaceutiques et les CRO. La simulation médicamenteuse personnalisée peut constituer un avantage significatif sur le plan économique pour ces acteurs de l'écosystème de la santé :

  • concernant les médicaments en cours de développement : l'utilisation de cette technologie vise à améliorer la segmentation des patients - il en résulterait un gain de temps et une réduction des coûts associés à la réalisation de ces études longues et coûteuses ;
  • concernant les médicaments déjà autorisés sur le marché : cette approche est destinée à promouvoir leur utilisation de la manière la plus appropriée possible.

Il est important de noter que la iatrogénie médicamenteuse est responsable de "plus de 10 000 décès par an en France". Elle entraîne, en outre, la production de "plus de 130 000 hospitalisations et près de 1,3 million de journées d'hospitalisation". Dans une démarche de mise en lumière de ses dispositifs, ExactCure a déjà établi des partenariats et des accords de licence avec des fournisseurs de solutions logicielles médicales.

Modalités et suites de l'opération

D'un point de vue juridique, c'est une lettre d’intention qui a été signée le 13 décembre 2023 par les deux entreprises. Ce premier contrat définit les principales modalités de l’opération envisagée. Le rapprochement stratégique aura également pour conséquence :

  • un apport de l’intégralité des titres d'ExactCure à Quantum Genomics ;
  • puis une fusion-absorption par Quantum Genomics d’ExaCtcure.

Concernant les dates des prochaines étapes, l'assemblée générale extraordinaire (AGE) de Quantum aura à se prononcer, à la majorité des deux tiers des voix, sur l'opération envisagée au cours du premier semestre de l'année 2024, comme suit :

  • en février 2024 : communication du rapport du commissaire aux apports et convocation à l’AGE de Quantum Genomics ;
  • en mars 2024 : tenue de l’AGE de Quantum Genomics pour l'apport des titres d'ExactCure à Quantum Genomics ;
  • au deuxième trimestre 2024 : fusion d'ExactCure et de Quantum Genomics et démarrage de l’activité de l’entité résultant de la fusion.

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Publié le mardi 19 décembre 2023 à 08h00

IA : Cegedim rachète la start-up Phealing, spécialisée dans la sécurisation des ordonnances

Cegedim étend ses expertises dans l’intelligence artificielle (IA) médicale avec une prise de participation majoritaire au capital de la start-up lyonnaise Phealing, spécialisée dans la sécurisation en temps réel de la délivrance de médicaments en officine. C'est ce que vient d'annoncer le groupe spécialisé dans la gestion des flux numériques en santé et la conception de logiciels métiers destinés aux professionnels de santé et de l’assurance.

Basée sur un moteur d'IA, la solution de Phealing est un dispositif médical (DM) marqué CE et certifié LAD. Elle est mise au service du pharmacien d'officie pour sécuriser la dispensation des médicaments à travers une analyse pharmacologique, réglementaire et légale de l’ordonnance.

Une offre pour l'ensemble des professionnels de santé

"La prise de participation de Cegedim dans la société Phealing confirme la volonté du Groupe d’accompagner le pharmacien dans ses missions de santé et notamment dans sa démarche qualité", déclare Laurent Labrune, directeur général délégué de Cegedim. Il ajoute que cette acquisition s’inscrit "en complément" des activités du groupe d’édition de logiciels Smart Rx et de la base de données médicamenteuse Claude Bernard.

Laurent Labrune souligne que Cegedim compte exploiter la technologie de Phealing de manière à pouvoir envisager des relais de croissance vers l’ensemble des professionnels de santé, avec une motivation qui repose sur trois piliers :
1️⃣ sécuriser la dispensation des médicaments ;
2️⃣ renforcer l’observance thérapeutique patient ;
3️⃣ et prévenir le risque réglementaire et légal.

Une extension future sur les marchés hospitalier et Ehpad

"Notre ambition est de devenir le leader de la tech sur le marché de la sécurisation des ordonnances, en s’appuyant sur l’expérience, l’expertise santé et les moyens techniques, financiers et commerciaux du Groupe, tout en conservant notre indépendance vis-à-vis de toute solution logicielle métier", indique Thibault Ozenne, CEO et co-fondateur de Phealing.

Il estime que ce rapprochement avec Cegedim permettra à la startup "d’accélérer [sa] croissance et de [se] développer sur de nouveaux marchés porteurs (hôpitaux, EPHAD,…)".

17 erreurs de délivrance par mois et par pharmacie

La dispensation des médicaments par le pharmacien est un acte complexe. Associée à la compréhension indispensable du patient et de son besoin, elle peut présenter un risque médicamenteux et légal omniprésent :

  • 🚩 erreur de dosage ;
  • 🚩 association déconseillée de produits ;
  • 🚩 droit à prescrire ;
  • 🚩 authenticité de l’ordonnance…

Une étude réalisée par Phealing rapporte une moyenne de 17 erreurs de délivrance par mois et par pharmacie, dont 1/3 qui nécessiterait une intervention rapide auprès du patient. Selon l'Ordre national des pharmaciens, on compte en France 20 757 pharmacies d’officine en 2023. Etant donné la gravité des conséquences des erreurs de délivrance des médicaments, un tel taux pourrait représenter un véritable problème de santé publique.

Prévenir les risques médicamenteux

L'IA de Phealing permet d’accompagner l'équipe officinale vers une démarche qualité et de sécuriser le pharmacien et le patient face aux risques médicamenteux et réglementaires.

L’offre de Phealing répond à plusieurs problématiques des officines de pharmacie :

  • le double contrôle des ordonnances ;
  • la vérification, au moment de la délivrance, de la conformité entre les médicaments vendus, l’ordonnance du patient et son profil physio-pathologique ;
  • la prévention du risque pharmacologique, réglementaire et légal lors de la dispensation des médicaments ;
  • la responsabilité du pharmacien.

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Optimiser le temps de travail du pharmacien

Phealing a pour vocation "d’accompagner le contrôle visuel du pharmacien par une technologie de pointe capable d’analyser en temps réel une grande quantité de données pour renforcer la démarche qualité au comptoir et sécuriser le patient." Son outil permet un contrôle de la dispensation des médicaments en promettant un gain de temps pour l’équipe officinale, grâce à :

  • un double contrôle instantané des ordonnances ;
  • une proposition intelligente d’intervention pharmaceutique ;
  • une traçabilité de l’échange avec le prescripteur ;
  • une suggestion d’alternatives thérapeutiques et des équivalences de doses ;
  • un plan de posologie édité selon les moments de prise de chaque médicament ;
  • un accompagnement du patient dans son observance thérapeutique ;
  • et une détection immédiate de la fraude sur ordonnance au comptoir.

Publié le jeudi 30 novembre 2023 à 08h00

BioSerenity en redressement judiciaire : Jolt Capital investit 24M€ et nomme Vincent Marcel CEO 

Trois entreprises étaient en lice pour la reprise de la société health tech : le groupe spécialisé en santé ambulatoire Santé Cie ; la filiale française de l’italien Sapio et le fonds d’investissements français Jolt Capital.

En redressement judiciaire depuis août 2023, BioSerenity, start-up française spécialisée dans les diagnostics et le traitement des troubles du sommeil, neurologiques et cardiologiques, va bénéficier d'un investissement de 24 millions d'euros réalisé par Jolt Capital pour accélérer son développement.

Cet investissement du fonds français, annoncé dans un communiqué daté du 13 novembre 2023, s'accompagne de la nomination d'un nouveau CEO : Vincent Marcel, ancien directeur général du groupe de cliniques français d'Almaviva Santé.

Un fleuron de la health tech endetté à hauteur de 60 millions d'euros

Fondé en 2014, BioSerenity a conçu une large gamme de dispositifs médicaux et de logiciels pour l'électroencéphalographie. La medtech a ensuite étendu la portée de ses solutions innovantes à d'autres domaines, notamment les troubles du sommeil.

Fort de 300 partenaires et de 150 000 patients traités chaque année, BioSerenity est devenue un leader de son secteur. Ce fleuron français de la health tech qui avait pourtant levé au total 83 millions d'euros depuis 2017 auprès de BpifranceScor ou encore Dassault Systèmes, était en cessation de paiement depuis juillet 2023 avec 60 millions d'euros d'endettements.

3 repreneurs étaient en lice

Trois repreneurs étaient en lice pour sa reprise après l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire en août :

  • le groupe spécialisé en santé ambulatoire Santé Cie ;
  • la filiale française de l’italien Sapio spécialisé dans les gaz industriels et médicaux et la santé à domicile ;
  • le fonds d’investissements français Jolt Capital.

L'accélération du développement international en ligne de mire

C'est donc la société de capital-investissement française Jolt Capital dont l'offre a été retenue face aux deux autres candidats à la reprise.

Son investissement de 24 millions d'euros dans BioSerenity va principalement servir à soutenir le développement de la start-up dont les dispositifs médicaux et logiciels d’IA en électroencéphalographie ont déjà bénéficié à plus d'un million de patients en 10 ans, rapportent Pierre-Yves Frouin et Samir Medjebar, respectivement fondateur et directeur général de la société. Et, c'est à l'international que doit s'opérer ce développement en se concentrant sur l'Europe, et en s'appuyant pour cela sur ses deux principaux marchés que sont la France et les États-Unis. 

En parallèle, ce financement doit aussi servir à l'amélioration des performances de son intelligence artificielle afin d'aider les praticiens dans leurs diagnostics. 

Vincent Marcel, nouveau CEO

Enfin le management de la société se voit aussi renforcé avec l'arrivée de Vincent Marcel au poste de CEO.

L'ancien directeur général d'Almaviva santé s'est dit déterminé à mener à bien (avec les équipes de BioSerenity et de Jolt Capital) l'accélération "en Europe comme aux États-Unis [de] la réalisation de la promesse pour tous d'une médecine personnalisée, préventive et efficace économiquement dans les pathologies neurologiques et du sommeil".

Publié le lundi 13 novembre 2023 à 08h00

Acquisition de Grail par Illumina : Bruxelles hausse le ton pour sanctionner la transaction

En cas de non-respect du plan de cession demandé, la Commission européenne rappelle qu’elle peut ordonner des astreintes financières jusqu’à 5 % du CA quotidien de l’entreprise ainsi qu’une amende de 10 % du CA annuel mondial.


Bien que la Commission européenne (CE) ait interdit l'acquisition de Grail par Illumina, la société américaine est passée outre à ce positionnement : dans un communiqué daté du 12 octobre 2023, la CE indique avoir ordonné à Illumina de mettre fin à ce rachat sous peine d’astreintes financière et d’une nouvelle amende.

Bruxelles a adopté, en vertu du règlement de l’UE sur les concentrations, des mesures correctives exigeant d’Illumina qu’elle stoppe cette acquisition finalisée de Grail. La CE avait opposé son veto en septembre 2022 à cette opération en soulignant que le projet « aurait étouffé l'innovation et réduit le choix sur le marché émergent des tests de détection précoce du cancer ».

Illumina déjà sanctionné d'une amende de 432 M€

En « violation des règles de l’UE », les deux entreprises américaines Illumina et Grail ont « illégalement » réalisé cette fusion pourtant interdite. En juillet 2023, la Commission a sanctionné ce projet de concentration par deux amendes :
• une amende de 432 millions d’euros pour Illumina ;
• une amende de 1 000 euros pour Grail.

Grail développe un test de détection précoce du cancer à partir d’une prise de sang et Illumina, son ancienne maison-mère, est le fournisseur d'une technologie NGS permettant de développer ces tests. Le produit phare de Grail, déjà commercialisé aux États-Unis, est « Galleri », un test de détection précoce d’une cinquantaine de cancers chez des patients asymptomatiques.

Préserver la concurrence sur le marché

La Commission européennes adopte des « mesures correctives » exigeant d’Illumina qu’elle rétablisse la situation avant la finalisation de l’acquisition. Il est demandé à Illumina de dissoudre la transaction en cours sous peine de nouvelles sanctions financières : astreintes jusqu’à 5 % du CA quotidien de l’entreprise et amende pouvant se chiffrer à 10 % du CA annuel mondial.

La dissolution de la procédure de fusion exigée par la CE, par le biais d’une vente ou d’une transaction de marché, doit rétablir l’indépendance de Grail. La Commission rappelle que Grail doit être aussi compétitif que l’entreprise ne l’était avant l’acquisition par Illumina.

Les craintes de Bruxelles au regard de cette fusion des deux sociétés sont qu’Illumina empêche les concurrents de Grail d'accéder à sa technologie. Pour la CE, il est essentiel de préserver la concurrence entre les développeurs de tests de détection précoce du cancer. Selon les prévisions, le marché de ces tests devrait atteindre plus de 40 milliards d'euros par an mondialement d'ici 2035.

Publié le mercredi 18 octobre 2023 à 08h00

RV : HypnoVR rachète Oncomfort (Belgique), renforçant sa position sur le marché européen


Conforter sa place de leader européen dans le secteur des thérapies digitales (DTx) pour le traitement de la douleur et de l’anxiété, et accélérer le déploiement commercial de ses solutions sur le marché européen : c'est l'ambition de la société française HypnoVR, éditrice de DTx basées sur la réalité virtuelle (RV) pour la gestion de la douleur et de l'anxiété, avec l’acquisition de la société belge Oncomfort, annoncée par l'entreprise strasbourgeoise dans un communiqué daté du 4 octobre 2023.

Positionné sur le même segment qu'HypnoVR, Oncomfort - fondé en 2017 à Wavre (Wallonnie) - développe une solution qui combine les capacités de la RV et les connaissances sur l’hypnose médicale afin de soulager la douleur et l'anxiété des patients "comme alternative ou complément aux médicaments".

Nommé "Sédation digitale", ce dispositif médical est marqué CE

Oncomfort : une technologie éprouvée

La solution développée par Oncomfort est utilisée pour rendre l'intervention médicale plus facile : à l'aide d'un casque de réalité virtuelle, le patient est plongé dans une expérience immersive "avant, pendant [ou] après des procédures médicales". L'objectif est que "l'intervention paraisse plus courte" et qu'il puisse récupérer plus facilement grâce à un report des effets secondaires permis par la réduction du stress, de la douleur et de l'anxiété.

Les études cliniques menés à l'international par la société belge ont démontré que le dispositif permettait :
• une sédation sûre et efficace lors de l'intervention ; 
• une réduction significative de la douleur et de l’anxiété lors des procédures médicales ; 
• une satisfaction accrue des patients et des professionnels de la santé, notamment un "confort et une satisfaction des patients équivalents à ceux sous sédation intraveineuse".

Ressemblant de près au dispositif "HypnoVR" de l'entreprise française, la solution "Sédation digitale" vient renforcer l'offre de la société strasbourgeoise, qui est aussi composée de la solution "BrainRise" : cette dernière utilise la réalité virtuelle pour "améliorer la qualité de vie et les conditions de travail (QVCT) avec un dispositif de coaching mental (...) qui diminue le stress et la fatigue des équipes en 10 minutes".

Des solutions utilisées par plus de 200 000 patients

Avec cette acquisition, HypnoVR poursuit son déploiement sur le marché européen : après avoir ouvert une succursale suisse à Bâle, l'entreprise vient d'ouvrir une succursale belge qui "intégrera une partie des collaborateurs d’Oncomfort", indique-t-elle.

Alors que plus de 200 000 patients ont déjà bénéficié des thérapies digitales proposées par HypnoVR, l'ouverture au marché belge "est une étape hautement stratégique [pour l'entreprise, qui permet] de donner accès à ces technologies de pointe à un nombre toujours plus important d’établissements de santé et de patients", souligne le CEO et co-fondateur d’HypnoVR Nicolas Schaettel.

De nouveaux produits annoncés sur le marché pour 2024

Par ailleurs, la société française travaille actuellement sur :

• "des produits de deuxième génération [qui] devraient arriver sur le marché en 2024" ;
• "des projets de R&D avancés [centrés sur] le développement d’une solution de réalité virtuelle thérapeutique de nouvelle génération avec "biofeedback" (une technique d’intervention spécialisée qui a pour but d'apprendre aux patients à contrôler leurs fonctions organiques afin d’améliorer leur santé)" afin "d'adapter en temps réel la séance d’hypno-sédation virtuelle à l’état physiologique du patient".

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Publié le jeudi 05 octobre 2023 à 08h00

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