Fin du stockage des données du HDH par Azure ? Le Gouvernement abandonne la “solution intercalaire” pour accélérer l’hébergement souverain de la plateforme

Publié le vendredi 06 février 2026 à 16h21

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Présenté en 2025 comme une "solution intercalaire", après des années de remous causé par l'hébergement du HDH chez Azure, l'appel d'offres d'un montant de 6,2M d'euros a été annulé. Cette décision a été prise afin d'éviter un bras de fer avec les USA, actuel hébergeur du HDH, et pour permettre aux données de santé françaises d'être hébergées dans "une plateforme sécurisée et souveraine".

La fin d’un feuilleton sur l’hébergement des données de santé des Français

Après plusieurs années de questionnements, marquées notamment par l’audition de la ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn, sur le choix de l’hébergement de la Plateforme de données de santé (Health Data Hub) par Microsoft Azure, puis par le lancement d’un appel d’offres transitoire doté de 6,2 millions d’euros, le HDH semble enfin entrevoir le bout du tunnel. Le Gouvernement français a en effet déclaré que la plateforme devrait être hébergée, « avant la fin de l’année 2026 », par une solution « sécurisée et souveraine ».

Un nouvel appel d’offres doit ainsi être lancé sous l’impulsion de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Cette fois, l’objectif est clair : déployer une solution pleinement opérationnelle, non plus temporaire mais durable. Si le montant alloué à ce nouvel appel d’offres n’a pas encore été rendu public, une chose est acquise : seuls des acteurs disposant de la certification SecNumCloud pourront candidater, acte fort en matière de sécurité et de maîtrise nationale des infrastructures.

Un nouvel appel d’offres qui pourrait reprendre certains candidats du précédent dispositif :

Sans surprise, cet appel d’offres pourrait voir réapparaître plusieurs candidats déjà positionnés lors du dispositif transitoire. Le média L’Informé avait révélé une liste de candidats pré-sélectionnés comprenant notamment Cloud Temple, associé à Atos et Docaposte, ainsi que OVHcloud. Tous disposent, ou sont engagés dans l’obtention, des certifications requises pour héberger des données de santé sensibles dans un cadre souverain.

Même si la liste complète n’a jamais été officiellement confirmée, ces acteurs apparaissent comme des prétendants naturels, à la fois pour leur maturité technique et leur alignement avec les exigences de l’État. Le nouvel appel d’offres pourrait ainsi constituer moins une révolution qu’une clarification, avec, cette fois-ci, uniquement des candidats capables d’héberger les données des Français dans un espace sécurisé et souverain.

Un dispositif qui intervient comme une nécessité pour éviter le naufrage de la plateforme 

Au-delà du symbole politique, cette décision répond à une urgence très concrète. L’hébergement du Health Data Hub sur Microsoft Azure l’expose directement au Cloud Act américain, qui permet aux autorités des États-Unis d’exiger l’accès à des données hébergées par des entreprises américaines, y compris lorsqu’elles sont stockées hors du territoire américain. Malgré les dispositifs contractuels et techniques mis en avant, ce cadre juridique crée une incertitude structurelle sur le contrôle effectif des données.

À cela s’ajoute un risque opérationnel rarement assumé publiquement : en cas de décision unilatérale de l’administration américaine (sanctions, restrictions d’exportation de services numériques, suspension de licences), l’accès à certaines briques cloud critiques pourrait être restreint ou interrompu, sans que l’État français ne dispose de marges de manœuvre juridiques réelles. Dans un contexte de tensions internationales accrues et de réaffirmation de la souveraineté numérique comme enjeu stratégique, le maintien d’un tel niveau de dépendance apparaissait de plus en plus difficilement soutenable pour une infrastructure aussi sensible que celle des données de santé des Français.

Par ailleurs, plusieurs rapports publics et parlementaires ont dressé un constat sévère sur le Health Data Hub. Gouvernance instable, retards accumulés, faible adoption par la communauté scientifique : certains travaux, dont le biland du Fonds de transformation de l’action publique (FTAP) présenté par la Cour des comptes en novembre 2025, ont souligné une érosion de la valeur opérationnelle de la plateforme, parfois évaluée de manière symbolique à quelques centaines de milliers d’euros. Cette valeur est loin des ambitions initiales affichées lors de la création de la PDS, alors que le projet a été doté, depuis sa mise en oeuvre en novembre 2019, d’un budget total de plus d’un milliard d’euros et avait même été estimé à 54 millions d’euros avant de voir sa valeur être divisée par plus de 100. Cette volonté de passer d’une solution “transitoire” à une solution pérenne et souveraine apparaît comme une nécessité pour éviter de voir le naufrage de la plateforme, après plusieurs années de tensions.

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