Comité citoyen 2026 : 19 recommandations pour sécuriser l’information en santé

Publié le mardi 10 mars 2026 à 12h06

Patient Acteur public

La 5e édition des Assises citoyennes a formalisé 19 recommandations pour lutter contre la désinformation en santé, qui fragilise la confiance et la relation soignant‑soigné.​​ 26 citoyens se sont réunis au cours de trois week-ends et ont été formés par 39 intervenants. Depuis 2021, 90 citoyens ont été mobilisés et 158 recommandations ont émergées de ces assises.

Une 5e édition pour préserver la confiance des citoyens

26 citoyens « venant des quatre coins de la France » se sont investis pour répondre à une question centrale : quels rôles et principes d’action doivent adopter les pouvoirs publics pour garantir l’accès à une information fiable et préserver la confiance dans le savoir scientifique et les soignants. L’enjeu n’est pas seulement de “démentir” : les citoyens poussent une logique de capacité collective (visibilité des sources fiables, formation, régulation) qui transforme la manière dont l’État, les agences et les acteurs privés se coordonnent.

Cette édition s’inscrit également dans le cadre de la stratégie nationale : le communiqué indique que l’avis citoyen « explore des pistes concrètes pour transformer notre manière d’informer, de sensibiliser et de réguler l’espace numérique » et qu’il sert à « ajuster les actions déjà engagées » et anticiper les besoins d’accompagnement des usagers et des professionnels. Lors de la restitution de cette 5e édition des Assises citoyennes, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, a introduit explicitement le sujet comme un pilier de protection, en indiquant que « protéger l’information en santé c’est aujourd’hui, au même titre que l’accès aux soins, protéger la santé des Français. ». Pour les décideurs, ce cadrage signifie une bascule : l’information fiable devient un actif stratégique du système de santé, au même niveau que l’organisation des parcours et l’accès.

Des recommandations réparties en 3 blocs pour “promouvoir la bonne information” plutôt que courir après chaque rumeur :

Le comité citoyen qui s’est réuni de décembre 2025 à février 2026 pour rédiger un rapport acte un principe directeur : « valoriser la diffusion d’informations en santé fiables et de qualité plutôt que d’essayer de vider l’océan des fausses informations ». Sur cette base, 19 recommandations sont structurées en trois blocs : renforcer l’information et la communication, développer la sensibilisation et la formation, consolider le cadre juridique. Pour les décideurs, l’enseignement clé est la hiérarchisation. L’efficacité ne vient pas d’une “police du faux”, mais d’un triptyque “visibilité / compétences / responsabilité”.

Le premier bloc de recommandations vise à améliorer la circulation et la lisibilité de l’information en santé. Les citoyens soulignent la nécessité d’une communication publique plus réactive et mieux coordonnée entre les acteurs institutionnels, afin d’éviter les contradictions ou les délais qui laissent le champ libre aux contenus trompeurs. Le rapport insiste également sur l’importance d’adapter les canaux et les formats aux différents publics, notamment en investissant davantage les réseaux sociaux et les formats pédagogiques courts. L’objectif est clair : faire en sorte que l’information scientifique ne soit pas seulement correcte, mais aussi accessible, identifiable et visible dans les espaces où circulent les citoyens.

Le second bloc met l’accent sur le développement d’une culture critique de l’information en santé. Les citoyens recommandent de renforcer la formation des professionnels de santé afin qu’ils puissent mieux répondre aux interrogations des patients confrontés à des contenus contradictoires en ligne. En parallèle, ils plaident pour des actions d’éducation et de prévention dès le plus jeune âge, afin de développer des compétences de vérification et de compréhension des sources. Le rapport propose également une action structurante : la création d’une base nationale d’intervenants et de ressources en information et prévention en santé, afin de soutenir les initiatives locales et faciliter la mobilisation d’experts.

Le troisième bloc porte sur l’évolution du cadre juridique et de régulation. Les citoyens appellent à renforcer la responsabilité des plateformes numériques dans la diffusion des contenus de santé, notamment en améliorant les mécanismes de signalement et de mise en avant des sources fiables. Le rapport aborde aussi la question sensible de l’encadrement des pratiques de santé non conventionnelles, en recommandant une meilleure information du public sur leur statut et leurs limites. L’enjeu, pour les pouvoirs publics, est de trouver un équilibre entre protection des citoyens, transparence de l’information et respect de la liberté d’expression, afin de maintenir un espace numérique ouvert mais plus sûr pour l’information en santé.

Mettre en place un indice de fiabilité santé, comme un levier de transparence, de redevabilité… et de prévention des ruptures de confiance

Le rapport citoyen soutient explicitement le développement d’un indice de fiabilité santé : un outil gradué qui évalue la méthode de production de l’information (sources, rigueur, recoupement), plutôt qu’un label binaire vrai/faux. Pour les décideurs, l’intérêt est double : d’une part, cela structure des exigences de transparence applicables aux sites, influenceurs, médias, plateformes ; d’autre part, cela limite l’effet boomerang des dispositifs perçus comme censurants, qui peuvent renforcer la défiance. Le rapport propose aussi une clarification utile en pratique : distinguer informations scientifiquement validées, faits/témoignages, et pratiques non conventionnelles, et rappeler le principe « en complément, mais jamais à la place du traitement conventionnel ».

Opérationnellement, cet indice peut devenir un langage commun entre agences, établissements, plateformes et professionnels : critères d’affichage, conditions de partenariat, lignes éditoriales, exigences de preuve, et modalités d’orientation vers des sources publiques. Il répond à une demande citoyenne de transparence maximale : expliquer ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas, et comment on le sait, plutôt que “décréter” une vérité institutionnelle.

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