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Ségur du numérique en santé : prépublication du dispositif DPI Vague 2 du « Couloir Hôpital »

Permettre au patient de donner son accord pour l'accès et l'alimentation de son dossier médical partagé (DMP), réaliser des tests d'intrusion, ou encore faciliter la visualisation et l'export des documents de santé : 3 exigences parmi celles qui seront bientôt indispensables pour leurs éditeurs des dossiers patient informatisés (DPI) qui souhaitent obtenir le référencement Ségur.

Publié le vendredi 29 mars 2024 à 14h32

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ESMS : 56 établissements participent à l’expérimentation de Mon espace santé

La phase d’expérimentation de Mon espace santé dans le secteur médicosocial, préalable à sa généralisation, est lancée. A la suite de l’appel à projet national du 1er septembre 2023, 56 établissements ont été sélectionnés et seront accompagnés. Ils recevront chacun une somme forfaitaire de 21 000 euros, selon les règles du Fonds pour la modernisation et l'investissement en santé (FMIS).

Publié le vendredi 22 mars 2024 à 16h18

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IA : Tessan intègre Nabla dans sa solution pour automatiser la rédaction des comptes rendus médicaux

L’expert de la téléconsultation Tessan propose désormais à ses 150 médecins salariés l’outil Nabla, permettant de rédiger les comptes-rendus de consultations automatiquement grâce à l’écoute basée l’intelligence artificielle (IA). Ceci pour leur permettre :
• de se concentrer sur l’examen médical ;
• de sécuriser l'établissement de diagnostic ;
• d'éviter les oublis lors de la relecture du compte rendu ;
• et de gagner du temps.

"Nabla nous a tous impressionnés par sa performance et sa facilité d’intégration dans notre pratique", déclare Jordan Cohen, fondateur de Tessan. "Grâce à l’assistant médical Nabla, le parcours de soins est renforcé avec un bilan de téléconsultation très complet pour un meilleur suivi entre praticiens. C’était notre objectif prioritaire".

Quel fonctionnement avec l’outil de Nabla ?

Lorsqu’un patient qui cherche une téléconsultation souhaite utiliser la solution de Tessan, il peut se rendre en pharmacie, en mairie ou à tout autre espace qui en est équipé. En s’installant dans une cabine ou devant une borne, il insère sa carte vitale, crée son compte personnel et renseigne son motif de téléconsultation. Le patient a également la possibilité d’envoyer ses antécédents médicaux (analyses, comptes-rendus, etc.). Selon l'entreprise, il n'attend que 7 minutes en moyenne avant d'être vu par un médecin généraliste.

La cabine et la borne sont équipés de dispositifs médicaux (thermomètre, tensiomètre, oxymètre, otoscope, stéthoscope, dermatoscope...) que le professionnel de santé pilote à distance. Pendant toute la durée de la consultation, l'outil Nabla enregistre automatiquement tous les échanges entre le patient et le médecin et génère un compte-rendu complet et structurer à la fin de la séance.

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Publié le vendredi 26 janvier 2024 à 08h00

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Téléconsultation : un intérêt confirmé pour les patients et les professionnels (étude e-Meuse Santé)

Moyen de lutte efficace contre les déserts médicaux, le programme de télémédecine e-Meuse Santé est déployé dans les 3 départements de de la région Grand Est. La Meuse, la Haute-Marne et la Meurthe-et-Moselle connaissent des difficultés d’accès aux soins liés à la désertification médicale et au vieillissement de la population auxquelles vient répondre « e-Meuse Santé ».

Des consultations médicales assistées et augmentées, en proximité

Il s’agit d’un programme national d’expérimentation de l’utilisation des nouvelles technologies au bénéfice de la télémédecine. Piloté depuis 2020 par le département de la Meuse, il a ensuite débordé sur les départements de Haute-Marne et de Meurthe-et-Moselle.

E-Meuse Santé propose la téléconsultation, assistée et augmentée, dans différents lieux ouverts et repérés par la population : maisons de santé, Ehpad, cabinets infirmiers, etc. Il couvre quatre thématiques :

  • l’accès aux soins ;
  • la prévention ;
  • le maintien à domicile ;
  • et le suivi des maladies chroniques.

Avec un modèle qui repose sur l’appropriation du dispositif par la communauté médicale du territoire, en 3 ans ont été réalisées près de 4 500 téléconsultations, remboursées par l’Assurance maladie, grâce à la collaboration de plus de 80 professionnels de santé, associations de patients et collectivités locales.

Une évaluation positive après 3 ans

A l’issue des 3 années d’expérimentation, e-Meuse Santé a publié en décembre 2023 son rapport d’évaluation, qui s’appuie sur les travaux réalisées par l’Université de Lorraine, intitulé : « Préconisations et mesures pour la réplicabilité du déploiement territorial de la télémédecine ». Cette étude prend en compte l’expérimentation menée sur 15 sites installés sur les 3 départements du Grand Est. Ils recouvrent une configuration variée d’accès aux soins, différents types d’habitat et d’organisation de la santé, de la zone rurale à la ville, mais qui connaissent tous des difficultés d’accès à la santé.

Le rapport a été rédigé à l’issue d’un large processus de concertation et d’enrichissement itératif par une série d'ateliers et d’entretiens, ayant impliqué, outre les professionnels de santé et les représentants de patients, les élus locaux et les acteurs économiques et sociaux, partenaires d’e-Meuse Santé.

12 recommandations pour pérenniser et développer la télémédecine

L’évaluation par l’Université de Lorraine confirme l’intérêt de la télémédecine pour les patients et les professionnels de santé. Elle démontre que, bien conçue et bien déployée, la télémédecine est un outil efficace qui offre des solutions d’accès aux soins à des habitants confrontés à la pénurie de soignants et qu’elle permet aux personnes sans médecin traitant de pouvoir retrouver un parcours de soins satisfaisant. Le rapport contient 12 recommandations opérationnelles pour favoriser le déploiement de la télémédecine.

2 prérequis essentiels au succès de la téléconsultation dans les territoires :

  • une offre conçue en appui et au service des professionnels de santé du territoire concerné ;
  • une offre qui fasse l’objet d’une mobilisation des acteurs du soin et de l’accès aux soins des patients, dans le respect du rôle, du statut et des expertises de chacun.

Parmi les autres recommandations du rapport :

  • une collaboration renforcée avec les médecins traitants et les professionnels de santé afin de pérenniser les projets existants et soutenir la création de nouveaux sites de téléconsultation ;
  • un modèle de financement dissociant ce qui relève du soin et de l’accès aux soins, ouvrant ainsi la possibilité de nouvelles formes d’implication aux collectivités territoriales ;
  • une gouvernance et une animation de la politique de l’accès aux soins animée par les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ;
  • une revalorisation de la fonction des « téléassistants » en s’appuyant sur leur contribution à l’accès aux soins ;
  • l’élargissement du réseau des sites de télémédecine à la médecine spécialisée (téléconsultation de spécialité, téléexpertise et télésurveillance) et à la prévention (médecine du travail, médecine scolaire, opérations nationales de dépistage, etc.) ;
  • la mise en place d’une plateforme commune facilitant les usages et la prise de rendez-vous ;
  • le développement d’une offre de formation où interagissent tous les acteurs du projet de télémédecine ;
  • une expérimentation sur trois ou quatre départements d’une durée de trois ans, associant les collectivités et les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

Coordonner les modèles économiques de la santé et du médico-social :

Le rapport préconise également une clarification de l’offre de télémédecine avec des cahiers des charges et des méthodologies matures et validées, aujourd’hui disponibles grâce aux expérimentations.

Il propose de nouveaux modèles (d’organisation, de financement) ouvrant un champ d’action important aux territoires pour les politiques de l’autonomie et du maintien à domicile. La télémédecine peut être un outil majeur de la coordination du modèle économique de la santé avec celui du médico-social, en s’inscrivant notamment dans les politiques de prévention des départements.

Cette évaluation positive est renforcée par la position de France Assos Santé qui se déclare favorable à une offre territoriale structurée de télémédecine dans son « Manifeste pour faire de la télémédecine un réel vecteur d’accès aux soins pour tous », publié en septembre 2023.

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Publié le vendredi 26 janvier 2024 à 08h00

Téléconsultation : le nouveau « multiscope » de Withings disponible en France dès juin 2024

Thermométrie, électrocardiographie, oxymétrie et stéthoscopie : 4 fonctions en un seul dispositif connecté, telle est la promesse du "multiscope" BeamO, présenté par la société française Withings au CES de Las Vegas (9-14 janvier 2024), qui serait capable de capter plusieurs données de santé et ainsi révolutionner "le check-up santé à domicile". Dans le cadre d'une téléconsultation, l’appareil BeamO présente une réponse complète pour effectuer à distance les mêmes examens que le patient peut être amené à réalisé dans un cabinet médical.

« Avant, la température corporelle était la seule analyse de santé régulièrement effectuée à domicile (...) BeamO va bouleverser la mesure des principaux paramètres vitaux effectués lors des visites médicales et les rendra possibles à domicile », affirme Eric Careel, PDG de Withings.

Un produit commercialisé au prix de 250 €

Prévu pour être commercialisé en juin 2024, BeamO sera disponible en France à partir de juin 2024 pour le prix de 249,95 euros. Il viendra ainsi compléter la gamme d’objets connectés de Withings, comprenant des tensiomètres, des balances, des montres, etc. La date de sa commercialisation aux Etats-Unis dépend de l'approbation de la FDA qui est en cours.

Au CES, Withings a également présenté U-Scan, un laboratoire d’analyse d’urine à domicile, mais ce dernier n’est pas encore disponible sur le marché.

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Des données diffusées en temps réel

BeamO dispose de 4 capteurs. Le patient pourra être guidé par le médecin à distance, en fonction de ce qu’il veut investiguer. L’appareil est connecté à l’application via un adaptateur USB-C, permettant au professionnel de santé d’obtenir une diffusion en temps réel des données.

Le multiscope permettra :

  • de fournir au professionnel de la santé une diffusion en streaming de l’audio enregistré par le stéthoscope connecté ;
  • de prendre la température corporelle de manière précise ;
  • d'exporter au format PDF les électrocardiogrammes réalisés ;
  • et d'interpréter les résultats du capteur SpO2, notamment pour prévenir des risques d’AVC, de fibrillation auriculaire, d’asthme, d’une atteinte neuromusculaire, pulmonaire ou d’asthme.

Une simple prise en main de l'appareil déclenchera des mesures visibles en temps réel sur son écran LED animé en couleurs.

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Un suivi continu du patient

Pour faciliter le suivi des données de santé dans la continuité, les données recueillies par BeamO sont enregistrées et peuvent être partagées. Grâce à son application numérique, les patients peuvent consulter l’historique de leurs relevés de santé (comptes-rendus, conseils, etc.). L’application permet également de télécharger l'historique des médicaments pris, ainsi que de recevoir des alertes et des rappels pour ne pas les oublier.

Les antécédents médicaux familiaux peuvent aussi être téléchargés, et partagés avec les médecins et les autres membres de la famille. Plusieurs membres de la famille pourront utiliser et partager des profils individuels, chacun bénéficiant de son suivi de santé à domicile.

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Publié le lundi 22 janvier 2024 à 08h00

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IA / Essais cliniques : FindMeCure (Bulgarie) facilite l’accès aux essais cliniques pour les patients

Raccourcir le délai entre une recherche de traitements innovants et le moment où ces derniers sont proposés aux patients, tel est l'objectif de la start-up bulgare FindMeCure, dont la mission qu'elle se donne se décline en deux axes : trouver le bon essai clinique pour le patient et la planification de celui-ci.

D'un côté, FindMeCure facilite ainsi la réalisation d'essais cliniques avec plus de patients et, de l'autre, que ces derniers puissent tester des traitements non encore mis sur le marché.

L'IA au service de la recherche clinique

TrialHub est la solution, basée avec l’intelligence artificielle (IA) et le traitement automatique du langage naturel (NLP), de FindMeCure. Elle est destinée aux professionnels de la recherche clinque, en répondant à leurs besoins grâce à des données précises et fiables sur leurs patients.

A la fin de l'année 2023, il y a plus de 270 000 essais cliniques dans le monde, dont 60 000 qui cherchent de nouveaux participants. FindMeCure propose des études encore ouvertes à de nombreux patients pour les faire bénéficier d'un accès à des traitements avant leur mise sur le marché mais qui susceptibles de favoriser leur guérison. Selon la maladie, l'essai clinique peut se trouver dans un pays différent de celui où réside le patient. "En France, aux USA ou en Chine", par exemple. 

Des délais de recrutement raccourcis de 40 %

La plupart des essais cliniques ne sont pas poursuivis car il n’y a souvent pas assez de patients inclus. La visibilité des patients désirant faire un essai clinique, sur une plateforme comme TrialHub, permet d’accélérer leur recrutement et de mieux les suivre après. « Les sociétés pharmaceutiques qui ont réalisé des simulations avec leurs patients afin de réellement conduire leurs essais cliniques ont réussi à réduire la durée de recrutement jusqu’à 40% », explique Maya Zanatova, CEO de FindMeCure.

A travers cette plateforme, le patient note sa maladie afin que FindMeCure lui propose tous les essais cliniques en lien avec la pathologie en question. En sélectionnant ses besoins et préférences, il est ensuite guidé pour trouver l’essai clinique qui lui convient le mieux. Et, après un échange avec une équipe médicale, il peut prendre rendez-vous afin de commencer son nouveau traitement.

Organiser les essais cliniques grâce au numérique

Une étude américaine publiée en 2020 dans la revue Nature Partner Journals (NPJ) Digital Medicine rapporte que l’utilisation des outils numériques dans les essais cliniques augmente en moyenne de 34 % par an. Dans ce sens, TrialHub est conçu pour permettre l'amélioration de la recherche et le développement des médicaments, notamment en aidant les investigateurs qui planifient les essais cliniques de leurs patients. « Grâce à nos technologies innovantes, des milliers de datas (plus de 80 000) nous permettent d’avoir une expertise pour mieux comprendre les patients et la recherche », souligne Maya Zanatova.

En croisant les données du corps médical et des patients, FindMeCure crée un lien entre eux pour rendre disponibles plus rapidement des thérapies à ceux qui en ont besoin. La start-up bulgare collabore avec des partenaires européens et internationaux (communautés de patients, plateformes de santé...), à l'image Chronic Pain Ireland ou l'Alliance internationale des organisations de patients (Iapo).

La numérisation des essais cliniques, un secteur en forte croissance

De manière générale, la dématérialisation ou la décentralisation des essais cliniques (DCT) émergent comme une réponse novatrice aux défis traditionnels de la recherche. Le marché des essais cliniques est en ébullition ces dernières années. Parmi les événements les plus récents dans le secteur :

  • en juin 2023, le groupe pharmaceutique Sanofi annonce le déploiement à grande échelle de l’application d’intelligence artificielle (IA) « Plai », développée avec Aily Labs, afin de permettre aux équipes R&D de Sanofi de trouver et de mettre en place de nouveaux sites d’essai plus pratiques pour leurs groupes cibles afin de favoriser la participation de personnes issues de communautés sous-représentées dans les études cliniques ;
  • en novembre 2023, AstraZeneca a créé Evinova, une société de technologies numériques visant à optimiser les essais cliniques grâce à 3 : l'unification des essais, la conception et la planification d'études et la gestion de portefeuilles.

Cette dynamique concerne toute la chaîne et toutes les parties prenantes d'un essai clinique :

  • dématérialisation des procédures (information, pré-identification des volontaires, signature, consentement…) ;
  • déploiement (décentralisation au domicile du patient, téléconsultations, télémonitoring…) ;
  • réutilisation de données de vie réelle ;
  • identification des sites de recherche et de patients éligibles.

Il existe également des plateformes tout-en-un pour la gestion et la coordination des essais cliniques (pour aller plus loin, voir l'état des lieux et le panorama des solutions numériques de DCT sur ce lien).

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Publié le jeudi 11 janvier 2024 à 08h00

Rétro 2023 : les tops et les flops des technologies de santé

Intelligence artificielle (IA), télésurveillance, applis mobiles... tous ces outils ont poussé la porte des hôpitaux et des cabinets médicaux. Pourtant, ils ne sont pas à ranger dans la même catégorie que le bon vieux stéthoscope. Leur utilisation fait encore l'objet de nombreuses évaluations scientifiques. Comme le prouve cette sélection d'études traitées par Health & Tech Intelligence en 2023, reprise en synthèse de cet article.

Après la radiologie, l'IA inspire d'autres spécialités médicales

Plusieurs milliers d’études sont publiées chaque année pour évaluer la pertinence de l’intelligence artificielle et des technologies de santé dans des domaines très variés : la prévention, l’aide au diagnostic, la surveillance, la gestion des dossiers médicaux, les traitements personnalisés…

Par ailleurs, ces études montrent que dans le sillon de la radiologie, de nombreuses spécialités médicales commencent à adopter les technologies de santé de manière significative. C’est évidemment le cas de :
📌 l’oncologie ;
📌 la cardiologie ;
📌 la dermatologie ;
📌 mais aussi la santé mentale.

En 2023, les essais mettant ChatGPT à l’épreuve ont aussi fait une percée. Au moins d’un point de vue numérique. Les performances du robot conversationnel s’améliorent mais la plupart des études, à cause de leurs fragilités méthodologiques, ne permettent pas de conclure. Un autre domaine intéresse de plus en plus les chercheurs : l’apport des technologies de santé d’un point de vue économique.

Une rétrospective en attendant l'adoption dans la pratique  

En ce début d’année, c’est l’heure des rétrospectives. Health & Tech Intelligence, qui a décrypté plus de 80 études dans l’année, dont bon nombre sont signées par des chercheurs français, revient ici sur les plus saillantes d'entre elles. Certaines montrant des bénéfices réels liées aux technologies de santé et d’autres alertant sur les limites voire les dangers de tels outils.

Des chercheurs de l’université d’Oxford (Angleterre) concluaient d’ailleurs dans une étude parue en octobre 2023 dans le JMIR que « malgré les progrès de la recherche sur l’IA et la réussite avérée des systèmes d’IA dans diverses études médicales rétrospectives, un nombre relativement limité d’outils d’IA ont été mis en œuvre dans la pratique médicale ».

CANCEROLOGIE

Mayo Clinic, IA : résultats prometteurs pour détecter précocement les cancers du pancréas

The Lancet : le dépistage par mammographie assisté par IA est sûr et moins chronophage

Nature, France : l’apprentissage fédéré (IA) entraîné à prédire la réponse à la chimiothérapie

TELESURVEILLANCE

Satelia : un algorithme prédit la stabilité des insuffisants cardiaques

Cambridge University : la télésurveillance des patients démontre sa rentabilité économique

The Lancet, France : la télésurveillance du pied diabétique réduit la charge médicale & économique

CHATGPT

Radiology : ChatGPT obtient de bons résultats à un examen de radiologie

JAMA : comment ChatGPT pourrait devenir un outil de prévention des maladies cardiovasculaires

NEJM AI : ChatGPT-4 a réalisé de meilleurs diagnostics complexes que des humains

EVALUATION MEDICO-ECONOMIQUE

Nature : les psychothérapies en ligne confirment leur efficacité et leur intérêt économique

JAMA : la télémédecine permettrait aux patients souffrant du cancer aux US d'économiser plus de 140$ par RDV

Cambridge University : la télésurveillance des patients démontre sa rentabilité économique

DIVERS

Nature : une IA découvre une classe d’antibiotiques qui tue le MRSA, une bactérie résistante

Nature : les interfaces cerveau-machine progressent pour aider les personnes paralysées à communiquer

NEJM / IA : nouvelles données prometteuses sur le test salivaire de Ziwig pour l’endométriose

JMIR : retour sur 20 ans de publications relatives aux technologies numériques de santé

LES FLOPS

Radiology : des modèles d’IA responsables de biais raciaux et liés au sexe

The Lancet Digital Health : dépersonnaliser les données ne suffit pas à protéger la vie privée

JMIR, IA & santé mentale : une analyse financée par l’OMS pointe les lacunes des études publiées

JMIR : l’intérêt des objets connectés sur les résultats des soins reste à démontrer

Publié le mardi 09 janvier 2024 à 08h00

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IA générative : « Le plus grand impact se verra dans la démocratisation des soins » (J. P. Almeida)

[ENTRETIEN] "Parallèlement aux rôles traditionnels tels que le CFO et le COO, un Chief AI Officer est essentiel. L'évolution nécessite la construction d'une nouvelle organisation opérant au sommet d'un modèle intégrant une couche digitale pour l'intelligence à chaque processus et chaque étape du parcours de soins."

Dans le cadre d'un entretien accordé en exclusivité à Health & Tech Intelligence en marge du Health & Tech Summit, organisé par Care Insight du 12 au 14 décembre 2023 à PariSanté Campus, José Pedro Almeia, expert international en stratégie data et IA, a partagé sa vision de l'intelligence artificielle (IA) générative, et des transformations en cours et à venir qu'elle induit au sein des systèmes de santé.

Des transformations radicales au sein des organisations de soins

Comment les organisations de santé se transforment-elles dans la nouvelle ère de l'IA générative que nous entamons ?

En réalité, très peu de transformations sont déjà en cours. Ill faut prendre en considération l'énormité du défi de passer de l'idée d'une solution à son déploiement, qui se révèle parfois être des plus complexes au sein des organisations de soins. Mais nous voyons quelques expériences très prometteuses, principalement aux États-Unis :

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  • Le groupe HCA Healthcare, par exemple, où les rotations infirmières sont automatisées grâce l'IA générative avec l'aide de Google. Le changement de personnel et la passation entre les équipes soignantes représentent l'un des moments les plus critiques dans les soins de santé. Concrètement, l'ordinateur commence à travailler pour l'équipe clinique : il envoie à l'équipe infirmière qui prend le relai un résumé de ce qui s'est passé avec les patients au cours des 12 dernières heures. C'est un exemple puissant de ce qui peut être fait avec la "gen IA", non seulement pour réduire les risques, mais aussi pour apporter beaucoup plus d'efficacité dans le système de soin. Car, en effet, ces réunions cliniques peuvent être plus courtes, le risque pour les patients largement réduit et la QVCT pour les équipes probablement meilleure.
  • Un autre exemple est celui de la collaboration entre l'entreprise française Nabla et Kayser Permanent. La solution de Nabla est déployée auprès de 10 000 médecins dans le nord de la Californie pour capturer tout ce qui est dit lors des consultations en structurant ces informations. Ceci pourrait nous faire passer dans un monde où il n'y aurait pas d'ordinateur dans le cabinet du médecin. Je pense que c'est là la vision que nous devrions poursuivre.

L'IA générative ne peut donc pour l'instant être déployée que dans des domaines isolés et spécifiques au sein des organisations de santé ?

Très, très spécifiques, vous savez, les soins de santé accusent en moyenne un retard de 10 à 15 ans par rapport aux autres secteurs. Ce n'est pas comme si l'IA ou les robots prenaient déjà le relais. Cela ne peut pas se faire du jour au lendemain, mais je pense que cette technologie, étant exponentielle, va accélérer tous les processus beaucoup plus rapidement que le cloud, par exemple, ne l'a fait. Parce qu'il est beaucoup plus facile de créer de la valeur de manière ciblée pour tel processus ou tel flux de travail.

Quel impact organisationnel ces transformations auront-elles sur au sein des établissements de soins ?

L'IA générative va au-delà d'un simple produit de santé, exigeant un changement organisationnel vers une structure technologique. Elle doit être intégrée dans un département à part entière qui lui sera dédié au sein des organisations de soins. Ce qui nécessite une transition stratégique vers une approche de santé numérique. Il est crucial d'adopter une perspective à long terme, établissant d'abord des fondements organisationnels avant de se lancer dans la transformation technologique. Parallèlement aux rôles traditionnels tels que le CFO et le COO, un Chief AI Officer est essentiel. La proposition est de placer cette nouvelle plateforme au cœur de l'organisation. Une nouvelle organisation opérant au sommet d'un modèle intégrant une couche digitale pour l'intelligence à chaque processus et chaque étape du parcours de soins. Ces fondations, organisationnelles et technologiques, sont cruciales, avec un département dédié à la culture et au "re-skilling" des personnels, comme l'a fait Walmart aux USA.

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L'autre fondement essentiel réside dans la dimension technologique, avec la construction d'une plateforme de données numériques. L'idée est de connecter l'intelligence de manière centralisée et gouvernée, influençant ainsi toute l'organisation. L'accent est mis sur la nécessité d'une vision technologique pour évoluer vers cette représentation numérique de l'entreprise.

Deux bases principales, somme toute, organisationnelle et technologique, sont identifiées comme cruciales pour réussir la transition vers l'IA générative. Cette dernière doit donc être envisagée comme un processus progressif plutôt qu'une intervention unique, en intégrant la requalification des salariés avec la création d'un département axé sur la culture et la formation à l'IA.agen

Et une fois que ces fondations sont posées, quelle sera l'étape suivante ?

La prochaine évolution prévisible implique que les ordinateurs prendront en charge certaines tâches pour nous. Cette transition se manifestera à travers des agents et des assistants d'IA qui seront chargés d'explorer et d'automatiser divers processus au sein des organisations de soins de santé. Ces agents seront en mesure de simplifier des flux de travail bureaucratiques et chronophages.

Un exemple concret de cette évolution est la capacité des agents à anticiper et préparer la visite d'un patient à l'hôpital. Avant la consultation, ces agents pourront contacter le patient, recueillir des données sur son historique médical et ses épisodes précédents, analyser les diagnostics antérieurs, et même anticiper et raisonner sur d'éventuels diagnostics futurs. En cas de détection de situations à risque, ces agents alerteront le médecin concerné, permettant ainsi une intervention précoce et une prise en charge proactive du patient.

Un boost pour la pratique, la recherche et l'industrie

Qu'en est-il du secteur de la santé en général, de l'industrie, de la recherche médicale ?

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L'IA offre un énorme coup de pouce à la découverte de médicaments. Cette avancée est illustrée par la perspective d'une accélération de la recherche au cours des dix prochaines années, surpassant celle des cent dernières années, selon Sub Altman d'OpenAI.

Un autre domaine d'impact significatif est la démocratisation des soins de santé. L'utilisation des LLM sur des téléphones portables, même sans connexion internet, devrait permettre à toute personne dans le monde d'accéder à des informations médicales de qualité. Cette accessibilité transformera la dynamique entre les patients et les médecins, tout en affectant également les relations entre professionnels de santé. Les progrès rapides dans la connaissance médicale pourraient réduire la nécessité de spécialistes, car les généralistes auraient accès aux dernières informations, limitant ainsi le nombre de consultations spécialisées.

Y a-t-il des spécificités liées au contexte européen ?

En Europe, les contraintes réglementaires suscitent des inquiétudes quant à un accès rapide aux dernières technologies, notamment aux plus récents LLM. Cela pourrait entraîner un retard dans l'adoption des avancées technologiques par rapport à d'autres régions comme les États-Unis et le Royaume-Uni. Une situation qui incite les entreprises à être moins audacieuses en Europe, créant un obstacle potentiel pour l'adoption précoce de l'IA de nouvelle génération.

Dans cette perspective, les développeurs industriels ont l'opportunité de prendre une longueur d'avance, en anticipant les évolutions à venir au cours des dix prochaines années. L'industrie du logiciel, telle qu'elle existe actuellement, est promise à une perturbation totale. Ce qui encourage les entreprises, en particulier celles proposant des logiciels en tant que service, à revoir leur approche technologique pour rester compétitives dans ce paysage en constante évolution.

Le médecin augmenté de demain risque-t-il d'être paradoxalement moins instruit ou moins compétent dans son domaine de connaissance ?

Cette transformation impactera particulièrement les spécialités médicales qui reposent sur l'interprétation d'images et la corrélation de ces images avec d'autres diagnostics. En effet, le raisonnement au-dessus des images, souvent réalisé par les médecins, pourrait être optimisé par des systèmes informatiques avancés. Il est plausible qu'un seul médecin puisse prendre en charge un nombre considérablement plus élevé de patients qu'aujourd'hui, soit en réduisant le besoin en médecins, soit en permettant à chaque médecin de traiter une charge de travail plus importante.

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L'informatique assumerait ainsi une part significative des tâches actuellement dévolues aux professionnels de santé. Cela ne signifie pas nécessairement la disparition totale de ces spécialités, mais plutôt la potentialité de voir certaines tâches spécifiques disparaître. Un exemple concret est celui de l'évaluation des signes de mélanome sur la peau. L'utilisation d'assistants médicaux basés sur l'intelligence artificielle pourrait permettre aux individus de renseigner leurs symptômes préoccupants sur leur téléphone équipé d'une IA, qui pourrait indiquer si la situation nécessite une attention médicale. Ce processus, généralement effectué par un médecin spécialisé, pourrait ainsi être simplifié et délocalisé.

Quelles attentes de l'hôpital du futur ?

A quoi devraient s'attendre les patients de la santé de demain ?

L'objectif ultime de tout cela est d'améliorer la sécurité et l'efficacité tout au long des parcours de soins, en réduisant les variations entre différents paramètres tels que les services de jour et de nuit, ou le niveau d'expérience des médecins. L'idée est de garantir le meilleur soin possible, dispensé par le médecin le plus qualifié. En envisageant l'hôpital du futur, l'accent est mis sur une utilisation plus efficace du temps, avec une attention accrue accordée aux interactions entre médecins et patients.

Pensez-vous que les inquiétudes qui commencent à être exprimées à propos de ces nouvelles technologies ainsi que la problématique du manque de confiance disparaîtront avec le temps ?

Les opportunités de transformation grâce à cette technologie se concentrent d'abord sur l'administration, avant de se développer à long terme dans le diagnostic. Les modèles, bien que mathématiques à la base, soulèvent des inquiétudes quant à la confiance totale en des prédictions potentiellement risquées. L'inclusion de l'humain dans le processus reste donc cruciale, avec l'idée que l'hôpital du futur intègrera des agents numériques aux côtés du personnel humain, automatisant les tâches répétitives tout en garantissant des soins sûrs et efficaces, et en améliorant la relation médecin-patient.

[exergue=195160] En envisageant cet avenir, le dialogue médecin-patient devrait être privilégié, avec une réduction du temps consacré aux tâches banales et chronophages. L'utilisation d'assistants IA pourrait également permettre une meilleure prise en charge des symptômes, réduisant les délais d'accès aux soins et améliorant leur qualité.

Ainsi, l'hôpital du futur serait caractérisé par une plus grande efficacité, une information précoce des patients, et une expérience de soins plus personnalisée. Cela signifie que que, demain, lorsque nous aurons un symptôme, nous pourrons immédiatement en parler à notre assistant IA et comprendre si nous devons aller à l'hôpital où, le cas échéant, nous resterons peut-être moins longtemps qu'aujourd'hui, car l'arrivée à l'hôpital sera plus précoce. Je crois sincèrement que les soins seront meilleurs et ne peux qu'imaginer un avenir plus radieux.

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Publié le mercredi 13 décembre 2023 à 08h00

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Jean François Pomerol
CEO

« Tribun Health est l’un des leaders en matière de solutions de pathologie numérique pour les établissements de santé publics et privés et l’environnement / organisations pharmaceutiques. Le décryptage de l’actualité numérique santé au sein de l’écosystème est un relais majeur pour comprendre, accompagner et développer nos activités tant au niveau institutionnel qu’au niveau des établissements (réseau des DG / DSI / CME

Dr Charlotte Garret
Directrice Médicale

« L'hebdo Health&Tech est un excellent support d'informations en termes d'actualités dans le domaine de la santé numérique, de l'IA, de la veille réglementaire... L'hebdo s'intéresse aux actualités françaises mais aussi internationales, ce qui permet d'avoir une vision globale des innovations en santé dans les domaines du digital et du numérique. Cela nous permet, au sein du LAB innovation chez Santéclair, d'être toujours informés des nouveaux acteurs du marché et des actualités dans ce domaine en perpétuel évolution ».

Aurélien Pécoul
Acting Director & open innovation manager

« En tant qu'acteur clé de l'industrie pharmaceutique, nous avons eu le privilège de collaborer avec Care Insight pour nos besoins en veille stratégique et en conseil dans le domaine de la santé numérique. Leur expertise, leur engagement et leur intégration au sein de l'écosystème de la santé numérique sont des atouts essentiels pour nous permettre d'accéder à une information de qualité. Leur capacité à fournir des panoramas détaillés, des benchmarks précis des solutions numériques et à définir des axes d'opportunités nous permet de mieux comprendre le paysage numérique de la santé en constante évolution et de formuler des stratégies de développement pertinentes. »

Arnaud Houette
CEO

« Extens est en France l’un des fonds majeurs d'investissement dédié aux éditeurs de logiciels de santé. A ce titre, Care Insight nous permet, par le service de veille HealthTech Intelligence, de comprendre les segments en évolution et accompagner nos stratégies d’investissement ciblées. Une très bonne source d’information fiable et pertinente ».

Pascal Dussert
Directeur Europe sale

“Care Insight est fédérateur d’innovations permettant d’accélérer l’émergence de projets d’envergure en s’appuyant sur son vaste réseau d’experts cliniques, institutionnels et industriels »

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Retrouver en image le Health&Tech Summit 2023 consacré aux cas d’usages concrets de l’IA et de la Data en Santé.