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« Il faut un équivalent français du NICE (UK) pour la diffusion de l’innovation » (A. Tepas, Urgo)

Paris - Publié le mercredi 11 septembre 2019 à 17 h 52 - n° 9408 « Les pouvoirs publics doivent se poser la question de leur rôle dans la diffusion de l’innovation. » C’est ce qu’affirme Alexandre TepasAlexandre TepasAlexandre Tepas, directeur général France d'UrgoUrgoUrgo Medical, invité de la 7e édition des Rencontres du progrès médical, organisées par le SnitemSyndicat national de l’Industrie des Technologies Médicales le 10 septembre 2019 à l’Institut PasteurInstitut PasteurInstitut Pasteur à Paris. L'événement était centré sur le thème « Peut-on encore rêver à une innovation pour tous ? ».

Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, il pointe du doigt ce chaînon manquant du processus d’innovation médicale et souligne les bénéfices à la fois thérapeutiques et économiques pour le système de santé une fois cette lacune comblée. Il donne en exemple le système britannique, qui possède une autorité indépendante, le NICE (National Institute for Health and Care ExcellenceNational Institute for Health and Care ExcellenceNational Institute for Health and Care Excellence), chargée non seulement de l’évaluation des bénéfices de l’innovation mais aussi de sa diffusion.
Alexandre Tepas - © HTI
Alexandre Tepas - © HTI

Diffusion de l’innovation : une « responsabilité conjointe » entre les pouvoirs publics et les industriels

Quelle est la question qui se pose selon vous aujourd’hui en France pour les industries innovantes en santé ?

Alexandre Tepas : En France, actuellement, une fois que la Haute autorité de santéHaute Autorité de Santé (HAS) s’est exprimée sur le bénéfice clinique, que la Ceesp (Commission évaluation économique et de santé publiqueCommission évaluation économique et de santé publique) s’est exprimée sur le bénéfice médico-économique, et que le CEPSCEPS (Comité économique des produits de santé) a fixé un prix, il n’y a pas réellement d’instance indépendante ou d’autorité qui va s’assurer qu’il va y avoir une diffusion de cette innovation.

En quoi consisterait concrètement ce travail de diffusion de l’innovation ?

Il s’agit de s'assurer que l'on peut valoriser cette innovation et surtout qu'elle va pouvoir atteindre le patient qui doit en être le bénéficiaire.Il s’agit de s’assurer que l’on peut valoriser cette innovation et surtout qu’elle va pouvoir atteindre le patient qui doit en être le bénéficiaire : il faut que les pratiques des professionnels de santé puissent évoluer et que, in fine, le patient obtienne une meilleure prise en charge de sa pathologie sans que le système de santé ne risque d’aggraver son déséquilibre budgétaire. Les pouvoirs publics doivent se poser la question de leur rôle dans ce processus. C’est une responsabilité conjointe avec les industriels.

UK : le NICE va « un pas plus loin » que ses équivents français

Vous citez l’exemple britannique…

Au Royaume-Uni, le NICE (National Institute for Health and Care Excellence) une autorité indépendante, qui réaliser systématiquement pour un produit de santé une évaluation de bénéfice clinique (ce que fait chez nous la HAS) et de bénéfice médico-économique (ce que fait en France la Ceesp), va un pas plus loin et déclare :  « dans cette pathologie, ce traitement s’est révélé plus efficace que tous les traitements disponibles aujourd’hui, va générer de l’économie pour le système de santé ». L’organisme recommande que les professionnels de santé concernés l’utilisent en première intention, en émettant une évaluation chiffrée des économies attendues.

Ceci dit, la diffusion de l’innovation ne relève pas seulement des autorités.

Les principaux responsables de la diffusion de l’innovation sont les industriels et les pouvoirs publics mais il faut également que les professionnels de santé fassent évoluer leurs pratiques, que les sociétés savantes éditent des guidelines qui incluent les nouvelles innovations dans une pathologie donnée, et que les associations de patients s’assurent que leurs patients sont au courant de leur existence pour une meilleure prise en charge de leur pathologie.

Un pansement intelligent destiné aux patients diabétiques

Urgo est bien placé pour pointer cette carence du système…

Il est urgent de dépasser le débat du « prix facial de l’innovation ».Comme je l’ai dit au cours de la table ronde, nous avons chez Urgo un pansement intelligent destiné aux patients diabétiques qui a prouvé en 2008 son efficacité clinique, avec confirmation de toutes les hypothèses cliniques en vie réelle, preuve médico-économique, obtention d’un ASA 3 (amélioration du service attendu), évolution des guidelines internationales et, 10 ans plus tard, seul un patient éligible sur 10 est traité avec ce pansement interactif et va générer des économies pour le système de santé. Et ce alors même que le pansement représente aujourd’hui plus de 500 millions d’euros, le troisième poste de dépense de la Sécurité sociale. Il est urgent de dépasser le débat du « prix facial de l’innovation ».

Alexandre Tepas
Fiche n° 3991, créée le 11/09/19 à 15:56 - MàJ le 11/09/19 à 16:06

Alexandre Tepas



Parcours Depuis Jusqu'à
Urgo Medical
Directeur général pour pour la France, la Pologne, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord Avril 2019 Aujourd'hui
Avril 2019 Aujourd'hui
Urgo Medical
Directeur général pour la France Septembre 2016 Aujourd'hui
Septembre 2016 Aujourd'hui

Alexandre Tepas est directeur général d’Urgo Médical pour la France, la Pologne, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Il est docteur en pharmacie et diplômé d’un MBA de l’IMD.


Urgo
Fiche n° 931, créée le 26/09/16 à 14:40

Urgo

Les laboratoires Urgo sont organisés en deux grands pôles d’expertise :
- Urgo santé proposant au grand public des solutions adaptées à ses maux du quotidien.
- Urgo Medical proposant aux professionnels de santé des produits de haute technologie en cicatrisation pour les prise en charge des plaies difficiles.

Nombreux partenariats avec le privé et le public (CNRS, CEA, Philips, CHU de Besançon, Universités de Franche-Comté, de Bourgogne et de Toulouse, etc.) en France et à l’international.


  • Catégorie : Industrie
  • Effectif : De 200 à 499
  • Entitée(s) affiliée(s) : UrgoTech


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