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PHW 2019 : le Snitem souhaite montrer que « le numérique peut apporter énormément » à la santé

Paris - Publié le mardi 28 mai 2019 à 14 h 06 - n° 8858 « Montrer de façon très concrète que le numérique peut apporter énormément » à la santé : c’est ainsi que François Régis MoulinesFrançois-Régis MoulinesFrançois-Régis Moulines, directeur des affaires gouvernementales du SnitemSyndicat national de l’Industrie des Technologies Médicales, présente les objectifs du rapport en cours d’élaboration par le think tank « Numérique, DM et Santé », composé d’une dizaine de personnes experts, de patients et de représentants de patients, avec pour mots d’ordre « l’efficience des soins, la pertinence des soins, la prévention » ainsi que l’exploration de solutions novatrices à l’étranger.

Le Snitem a organisé le 23 mai 2019 un « point d’étape » de ce rapport sur le « village du DM » de la Paris Healthcare Week 2019. Les principales conclusions seront livrées en septembre 2019 lors d’un atelier qui se tiendra en marge de la convention Cham (Convention On Health Analysis And Management).

Lors de la première table ronde intitulée « Le patient au cœur de l’objectivité de la qualité et de la pertinence des soins », Alain-Michel CerettiAlain Michel CerettiAlain Michel Ceretti, président de France Assos SantéFrance Assos SantéFrance Assos Santé, a souligné l’intérêt de la méthode ICHOMICHOMInternational Consortium for Health Outcomes Measurement élaborée par Michael Porter, professeur à Harvard, qui permet de mettre en place un dispositif qui « remonte l’expérience patient ». « La prise en considération du retour efficacité, du retour qualité de vie du patient est primordiale », abonde Lucile Blaise, vice-présidente Europe de l’Ouest de ResmedResmedResmed France, soulignant la nécessité de monter des Prom (Patient-reported outcome measures) en complément des Crom (Clinician-reported outcome measures). « Le dispositif médical présente une réelle opportunité pour faciliter la collecte de ces paramètres estime-t-elle. Il s’inscrit au cœur de cette démarche de valorisation du patient ». 

« Nous sommes en train de construire les différents étages de la fusée mais nous n’avons pas construit la base  ». C’est ce qu’affirme de son côté Carlos JaimeCarlos JaimeCarlos Jaime, country general manager de l’éditeur de logiciels InterSystemsInterSystemsInterSystems, pour résumer les enjeux de la deuxième table ronde intitulée « e-santé et intégration : répondre au besoin d’efficience ». Selon lui, « il y a des trous dans la raquette : un registre national [et un référentiel qui n’existent pas] » . « La base est techniquement à disposition, nous avons un cadre d’interopérabilité », précise le Dr Jean-Pierre ThierryJean-Pierre ThierryJean-Pierre Thierry, consultant indépendant, conseiller médical de France Assos Santé. Il y a de son point de vue plutôt « un problème règlementaire d’application ». Il faudrait « rendre opposables des critères d’interopérabilité [et] trouver un moyen d’accélérer le changement organisationnel », comme avec le regroupement des médecins en CPTSCPTScommunautés professionnelles territoriales de santé, avance-t-il, l’essentiel étant selon lui de «  rendre l’interopérabilité attrayante ».
© D.R.
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Expérience patient : « trop de questions tue l’indicateur »

«  à la qualité et à la pertinence ».

« Le vrai sujet [à cet égard] c’est la collecte de l’expérience patient », estime Alain-Michel Ceretti. Pour les remontées d’expérience, il s’agit selon lui de poser des questions au patient, et plus précisément « les mêmes questions aux mêmes types de patients ». « Trop de questions tue l’indicateur, souligne-t-il cependant : il faut se limiter à 4 ou 5 questions, validées par les sociétés savantes et associations de malades ». Par exemple, « Après une opération de la cataracte, pouvez-vous reconnaître quelqu’un dans la rue ? », ou « après la pose d’une prothèse de hanche pouvez-vous monter 5 étages ? ». C’est ce qu’on appelle le Prom (Patient reporting outcome measurement).

L’intégration de la santé par le numérique, une mesure « de sauvegarde »

Le Dr Jean-Pierre Thierry relève qu’avec le plan Ma Santé 2022, c’est la première fois qu’un volet e-santé apparaît de façon conséquente dans une stratégie de santé, avec notamment le déploiement de la nouvelle version du DMPDMPDossier Médical Partagé et la création de « l’espace numérique de santé ». Il souligne que le DMP a toujours été soutenu par les associations de patients. « Les ambitions sont fixées, le cadre est bon, (…) ce qui manque en France c’est l’exploitation des données riches notamment des données secondaires du dossier médical, et la création de registres, domaine dans lequel a pris un retard certain », analyse-t-il. En cas d’inaction prolongée, les opérateurs privés peuvent venir répondre a des besoins spontanés, dans une logique de disruption, donc il y a selon lui « un risque à rester immobile trop longtemps ».

Jean-Pierre Thierry insiste sur le fait que si l’’interopérabilité coûte cher, le manque d’interopérabilité coûte « très cher aussi ». Il n’est pas nécessaire selon lui d’effectuer « un reset du système comme en Estonie » , argumentant qu’il est possible de « créer des cellules régionales pour construire une plateforme », comme le font « un peu » les Grades en France. Dans ces conditions, « l’interopérabilité ne sera pas obligatoirement perçue comme contrainte ».

« Sans vouloir dramatiser à l’excès, conclut-il, intégrer fait plus partie d’un plan de sauvegarde [du système de santé]. Si nous n’arrivons pas à défragmenter, à organiser, nous serons face à de très graves difficultés : [dans un contexte de déserts médicaux], d’arrivée des baby-boomers à un âge de forte consommation de soins, [il y a un fort risque d’] explosion des dépenses de santé et des inégalités de santé ». 

L’IA peut « alléger le paysage » de la cardiologie

Administratrice du Syntec NumériqueSyntec Numérique et coprésidente de son comité Santé, Isabelle ZablitIsabelle Zablit-Schmitz présente lors de la 3e table ronde les usages de l’intelligence artificielle (IA) en cardiologie. Elle souligne que les dispositifs médicaux (DM) dans ce domaine, comme les pacemakers, nécessitent « un suivi ambulatoire très lourd[, qui] engorge les services de cardiologie », et que le taux de mortalité est « assez élevé » : « on compte 60 000 décès liés à des problèmes qui n’ont pas été pris en main suffisamment tôt », déclare-t-elle.

Selon Isabelle Zablit, « le numérique peut aider à alléger ce paysage encore assez lourd ». L’administratrice du Syntec Numérique évoque l’étude Lucy, en cours d’implémentation en Pologne, qui porte sur deux vagues de 300 patients, avec l’idée de « combiner l’intelligence artificielle avec l’intelligence du cardiologue[, de] paralléliser le diagnostic fait par l’IA, avec celui du cardiologue en ambulatoire ».

« On va connecter les appareils électroniques implantés a une appli mobile [qui va] permettre de les remonter dans un système de machine learning (apprentissage automatique), précise-t-elle. [L’objectif est] la prédiction de la nécessité pour le patient de se présenter au service ambulatoire de cardiologie ». On constate que l’IA « vient soulager le cardiologue et se révèle très bénéfique dans le parcours de soins », synthétise-t-elle.

Syndicat national de l'Industrie des Technologies Médicales
Fiche n° 292, créée le 11/04/16 à 12:21 - MàJ le 25/05/16 à 10:37

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• Première organisation professionnelle représentant la majeure partie de l’industrie du secteur des dispositifs médicaux et des Technologies de l’Information et de la Communication en Santé (TICS).
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