PHW 2019 : robots humanoïdes - les patients plutôt enthousiastes, les soignants craintifs (Conserto)
Paris - Publié le vendredi 24 mai 2019 à 10 h 30 - n° 8850 Améliorer l’information des patients et pallier au manque d’effectif en déchargeant le personnel soignant des tâches à faible valeur ajoutée. Tel est l’objectif de Pepper, un robot développé par la société SoftBank RoboticsSoftBank RoboticsSoftBank Robotics, qui a été expérimenté au service d’anesthésie du CHU d’AngersCentre Hospitalier Universitaire d’Angers sur une durée d’un an après avoir été approuvé par le comité d’éthique. L’enquête menée auprès des patients a montré une augmentation du taux de satisfaction de 12 % après l’installation de Pepper dans le service.Le robot accueille les patients avant une consultation, leur présente leur parcours de soins ainsi que la consultation à venir, leur montre un trombinoscope contenant l’ensemble de l’équipe soignante du service et les divertit. Au-delà de l’aspect informationnel, son rôle est aussi de détourner l’attention des patients et ainsi de diminuer le côté anxiogène de l’attente.
À l’occasion de la Paris Healthcare Week, qui s’est tenue du 21 au 23 mai 2019, Nicolas PlougastelNicolas PlougastelNicolas Plougastel, directeur général de la société nantaise ConsertoConsertoConserto, a présenté les solutions déployées par Robotopi, une cellule de l’entreprise. Cette dernière développe des applications à intégrer dans des robots, avec plusieurs cas d’usage dans le domaine de la santé. Pepper fait partie des solutions équipées.
L’occasion de faire un tour d’horizon des robots actuellement utilisés dans les établissements de soins, des compagnons de plus en plus présents auprès des patients, de l’enfance à la fin de vie. Si ces derniers sont plutôt bien acceptés par les patients, Nicolas Plougastel note qu’il y a encore un travail d’acculturation à réaliser du côté du personnel soignant, dont l’une des craintes est d'être petit à petit remplacé par ces solutions humanoïdes.
Enfants et personnes âgées : un public privilégié
Si les robots de compagnie sont de plus en plus présents dans les établissements de soins pour divertir et soulager les malades, ils s’adressent en premier lieu à 2 publics très différents : les enfants et les personnes âgées.
Au-delà des présupposés, Nicolas Plougastel insiste sur le fait que les 2 tranches d’âges sont très réceptives à ces nouveaux compagnons, qui font oublier rapidement aux plus âgés leurs réticences initiales.
Un test en cours à l’Hôpital Necker-Enfants malades
Une expérimentation est actuellement en cours à l’Hôpital Necker-Enfants maladesHôpital Necker-Enfants malades à Paris avec un robot de type Nao (le premier robot humanoïde de SoftBank Robotics), capable d’adapter son comportement à l’enfant qu’il a en face de lui.
Coconstruit à l’aide de coaches ayant permis le développement de profils types d’enfants malades, le robot adapte son interaction et peut proposer des jeux spécialisés aux enfants en fonction de leur pathologie. L’idée est de détourner l’attention des enfants et de les divertir pour rendre plus viable leur séjour à l’hôpital. À cela s’ajoute une fonction éducative puisque Nao est capable d’expliquer à son interlocuteur le médicament qu’il doit prendre en fonction de sa pathologie.
Une expérimentation dans des Ehpad
À l’opposé du spectre, la solution Medi’Pep, développée sur un robot Pepper, est mise en place dans des EhpadEhpadEtablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes. Mis à disposition 24 heures sur 24, le « compagnon » contribue à rassurer les résidents, notamment la nuit.
Doté d’un système de reconnaissance faciale, il est capable d’accéder au dossier médical du résident qui se présente à lui et de prendre ses constantes grâce à des objets connectés. Les informations sont transmises en temps réel au personnel soignant, qui est alerté en cas d’urgence.
Une acculturation encore nécessaire côté soignants
La présentation de Nicolas Plougastel montre ainsi que les robots se développent dans les établissements de soins et permettent à la fois de décharger le personnel soignant, souvent en sous-effectif, et de divertir ainsi que d’informer certains résidents ciblés plus particulièrement, comme les enfants et les personnes âgées.
La crainte du « remplacement »
Si les robots sont bien acceptés par ce public, Nicolas Plougastel insiste sur la nécessité d’acculturation du personnel soignant, souvent réticent de prime abord du fait de la peur persistante de la perte d’emploi face à ces nouveaux venus.
Nicolas Plougastel
| Parcours |
|---|
| Conserto Directeur général Février 2013 Aujourd'hui |
| Creative Atlantique Directeur d'agence Mai 2012 à Janvier 2013 |
| GEOS Informatique Directeur d'agence Février 2009 à Mai 2012 |
Conserto
• Activité : propose des prestations de conseil et d’expertise informatique à travers trois pôles principaux, « cloud », « embedded » et « digital ».
• Siège : Saint-Herblain, Loire-Atlantique, Pays de la Loire
• Création : -
• Direction : Gaël Avenard, P.-D.G. fondateur
