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PHW 2019 : « Le télésuivi des maladies respiratoires ferait économiser 500 M€ » (P. Castet, Aqsitania)

Paris - Publié le vendredi 24 mai 2019 à 11 h 11 - n° 8849 « Il y a en France à peu près un million de personnes ayant des maladies respiratoires chroniques de type BPCO, asthme sévères et mucoviscidoses. Nous estimons donc que si nous arrivons à équiper toute la population et à prévenir ne serait ce que la moitié de ces crises, nous pourrions faire économiser au moins 500 millions d’euros par an à l’Assurance maladie », indique Patrice CastetPatrice CastetPatrice Castet, cofondateur et directeur des opérations de la société AqsitaniaAqsitaniaAqsitania, interviewé par H&TI le 23 mai 2019 à l’occasion de la Paris Healthcare Week.

« Mon associé Patrick HanussePatrick HanussePatrick Hanusse, qui a été directeur de recherche au CNRSCNRSCNRS, a conçu une nouvelle méthode d’analyse du signal qui permet d’en extraire l’information utile, explique-t-il. Nous appliquons cette technologie aux signaux respiratoires parce que nous nous sommes aperçus qu’il y avait un gros trou dans la raquette des pneumologues, le télésuivi à domicile. Notre principale contribution est un test consistant à 3 minutes de respiration calme à domicile sans assistance, grâce au PRP (profil respiratoire personnel), ce que nous avons appelé la  »ventilométrie«  ».

« Actuellement, les tests de pneumologie sont réalisés en milieu hospitalier ou médicalisé avec l’assistance de professionnels de santé, rappelle Patrice Castet : le test de spirométrie, utilisé habituellement, qui consiste à souffler très fort et à respirer très fort, ne peut pas être effectué par des patients très malades parce que cela peut déclencher chez eux des crises d’exacerbation respiratoire. Notre test est si simple d’utilisation qu’il peut être réalisé en autonomie par ces patients, ainsi que par des personnes âgées, handicapées ou par des enfants. »

« Ce test a une grande valeur prédictive, insiste-t-il. Au bout de cinq années d’existence, Aqsitania peut affirmer qu’il est possible dans certains cas d’anticiper la crise au moins une semaine avant qu’elle ne survienne. Cette année, il y aura des publications co-signées par les médecins pneumologues qui mènent nos essais cliniques dans de grands CHU afin de démontrer la pertinence de notre approche. »
© Aqsitania
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Quelle est la particularité de votre dispositif ?

Patrice Castet - © D.R. Patrick Hanusse : Différents essais ont été réalisés par différentes structures sur la possibilité de faire un spiromètre à domicile mais tous ont été invalidés par la HASHaute Autorité de Santé : la mesure était trop difficile à réaliser en autonomie et de toute façon on n’arrive pas à détecter les crises.

[Notre] modèle apprend l'état de la personne au fur et a mesure et détermine la plage de fluctuation habituelle de chaque patient.Avec notre technologie, tout ce que nous demandons aux patients c’est de respirer trois minutes dans un débitmètre, associé avec un objet connecté, qui va poster le signal respiratoire sur une plateforme d’analyse. Celle-ci va calculer des marqueurs de la forme du signe respiratoire, des biomarqueurs qui qualifient l'état respiratoire de la personne à l’instant « T ». Nous avons aussi une application mobile qui permet de faire le même genre de suivi.

C’est un modèle qui apprend l'état de la personne au fur et a mesure et détermine la plage de fluctuation habituelle de chaque patient. Lorsqu’il en sort une fois, on considère que c’est un accident, quand c’est deux fois il y a une chance sur 100 donc nous commençons à alerter, si c’est trois fois c’est une chance sur 1 000 donc ça va générer nécessairement une alerte parce que nous savons que la personne sort vraiment de son état respiratoire habituel.

Où avez-vous mené vos essais cliniques ?

En cinq ans d’existence, nous avons réalisé des essais cliniques avec de grands CHU, ceux de BordeauxCentre Hospitalier Universitaire de Bordeaux, GrenobleCentre Hospitalier Universitaire de Grenoble Alpes, LyonHospices Civils de Lyon, RouenCentre Hospitalier Universitaire de Rouen et la Pitié-Salpêtrière à Paris. Les médecins participants disposent d’un tableau de bord avec l'état de leurs dizaines ou centaines de patients à un instant « T ». Cela leur permet de ne s’intéresser qu’à ceux qui dérivent. Le but de ce suivi est de leur éviter des crises, l’exacerbation respiratoire, qui peut les conduire aux urgences en détresse respiratoire avec des conséquences pouvant être graves, le handicap ou la mort.

Avez-vous pu prouver que les résultats du PRP (profil respiratoire personnel) étaient plus précis que ceux obtenus avec la technique habituelle ?

Nous allons être en mesure de démontrer que nous voyons les crises arriver progressivement une à deux semaines à l'avance.Le PRP est entièrement nouveau. C’est la raison pour laquelle il faut que nous bâtissions avec les médecins un référentiel, de la même façon qu’il y a 40 ans au moment de l’apparition de l’échographie, quand nous avons commencé à avoir des images, nous nous sommes demandés comment les interpréter. Il a fallu que les professionnels de santé se forment à l’analyse et, petit à petit, nous avons su que telle ou telle configuration avait telle ou telle signification. De même aujourd’hui, il faut établir des signatures d'événements cliniques pour pouvoir dire que lorsqu’un profil respiratoire se comporte de telle manière ou de telle autre, nous pouvons établir tel ou tel diagnostic.

C’est le principe de l’essai clinique que nous venons de terminer au CHU de BordeauxCentre Hospitalier Universitaire de Bordeaux avec 120 patients asthmatiques sévères : nous avons pu comparer les résultats du PRP avec ceux qu’obtiennent les médecins selon leur technique habituelle. Nous allons être en mesure de démontrer que nous voyons les crises arriver progressivement une à deux semaines à l’avance en fonction des personnes chez les asthmatiques sévères. C’est vraiment unique au monde.

Aqsitania

Fiche n° 3186, créée le 24/05/19 à 10:05 - MàJ le 27/05/19 à 14:03

Aqsitania

Aqsitania propose une solution de télé-monitoring des malades chroniques respiratoires grâce à une technologie originale de modélisation et d’analyse de signaux.

Elle a été créé en 2014 par Patrick Hanusse, ex-directeur de recherche au CNRS, et Patrice Castet, ingénieur en informatique.
Elle est basée à Pessac (Gironde).


  • Catégorie : Industrie
  • Budget/CA : de 300K à 2M euro
  • Effectif : Moins de 10


Patrice Castet
Fiche n° 2378, créée le 06/06/17 à 11:24 - MàJ le 24/05/19 à 11:05

Patrice Castet



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Aqsitania
Co-Fondateur et Directeur des Opérations Février 2014 Aujourd'hui
Février 2014 Aujourd'hui

Fin
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