PHW 2019 : « la notion d’IA doit être intégrée dans la formation des PS » (S. Kirche, GHT Saône&Loire)
Paris - Publié le mardi 21 mai 2019 à 15 h 44 - n° 8821 « L'OMSOrganisation mondiale de la santéOrganisation mondiale de la santé indique qu’il est nécessaire de former les utilisateurs aux nouvelles pratiques, aux outils numériques, et insiste sur le fait que cela doit être facile. Les industriels ont un travail important à réaliser au niveau de l’accompagnement des professionnels. La notion d’IA doit être intégrée dans la formation des professionnels de santé », commente Stéphane KircheStéphane KircheStéphane Kirche, directeur de l’innovation et de l’ingénierie biomédicale de territoire du GHTGHTGroupement hospitalier de territoire Nord Saône-et-Loire (Bourgogne-Franche-Comté), intervenu lors d’une conférence sur le parcours de soins et les nouveaux enjeux de l’hôpital numérique, organisée le 21 mai 2019 par Siemens HealthineersSiemens Healthineers (Siemens Healthcare SAS)Siemens Healthineers (Siemens Healthcare SAS) France en partenariat avec le SnitemSyndicat national de l’Industrie des Technologies Médicales à l’occasion de la Paris Healthcare Week.À ces propos réagit Frédéric Pegaz-FiornetFrédéric Pegaz-FiornetFrédéric Pegaz-Fiornet, responsable du département « digitalisation » de Siemens Healthineers France, indiquant que sa société dispose d'équipes en charge d’accompagner ses clients. « La formation est un point essentiel dans la transformation numérique des établissements, acquiesce-t-il. Il est indispensable que les constructeurs assurent cet accompagnement. »
Siemens Healthineers France est spécialisé dans les domaines de l’imagerie médicale diagnostique et interventionnelle, du diagnostic de laboratoire et de la biologie moléculaire. L’entreprise développe également des services de santé numériques et des services dédiés aux établissements de santé. Lors de la conférence assurée durant la PHW, elle est revenue en détail sur les solutions d’IA qu’elle propose aux établissements de soins et sur sa vision du secteur. Stéphane Kirche est venu compléter le discours de l’industriel par son expérience en tant qu’utilisateur, enthousiaste quant au développement des nouvelles technologies dans le système hospitalier.
Imagerie médicale : l’IA utilisée à toutes les étapes de l’examen
Agnès MalgouyresAgnès Malgouyres, responsable « marketing IA » à Siemens Healthineers France, met en avant les solutions développées par l’entreprise dans le domaine de l’imagerie médicale, présentes à toutes les étapes de l’examen dans l’optique d’améliorer l’efficacité des professionnels.
1. Positionnement du patient
L’IA permet que la dose de rayon X infligée au patient soit exactement la dose nécessaire et non trop importante.
2. Programmation de l’examen
« Dans le cas de lésions cérébrales, des IRM doivent être réalisées tous les 2 mois par exemple, illustre Agnès Malgouyres. Notre solutions permet de suivre l'évolution de la pathologie à un endroit précis du cerveau. Examen après examen, nous allons pouvoir placer les plans acquisitions exactement au même endroit grâce à l’IA pour suivre au mieux la pathologie. La machine se positionne au bon endroit même si la tête du patient est tournée une fois à droite et une autre fois à gauche par exemple. »
3. Traitement d’image : là où l’IA effectue le « plus gros » travail
C’est dans le domaine de l’analyse des images que l’IA effectue « le plus gros » travail, commente l’experte. « L’IA fait ressortir des valeurs fournies par l’image et permet de comparer à 2 états différents ce qui s’est passé, explique-t-elle. Elle prend en considération dans son analyse les résultats des examens précédents.e
4. Compte rendu
Toutes les informations obtenues pendant examen sont reportées directement dans le compte rendu pour qu’il n’y ait pas d’erreurs de transmission.
»Nous avons une quarantaine d’applications déjà existantes sur le marché, complète Agnès Malgouyres, précisant que Siemens Healthineers travaillait depuis « des années » avec l’intelligence artificielle dans l’optique de permettre aux professionnels de santé d'éviter certaines tâches répétitives et sans valeur ajoutée et ainsi de leur libérer davantage de temps pour leurs patients.
Lancement d’un outil d’assistance au radiologue pour le scanner thoracique
La responsable annonce par ailleurs le lancement prochain sur le marché d’un « outil d’assistance au radiologue pour le scanner thoracique ». Le dispositif vise à repérer les anomalies et à donner des valeurs quantitatives, sur le volume du cœur par exemple, pour faciliter l’analyse du professionnel, en lui évitant de rechercher d'éventuelles anomalies sur la multitude d’images fournies par scanner.
Le numérique, « un des axes majeurs de la réorganisation de l’hôpital » (S. Kirche, GHT Nord Saône-et-Loire)
« Le numérique devient un des axes majeurs de la réorganisation, de l’efficience de l’hôpital, commente de manière plus générale Stéphane Kirche, directeur de l’innovation et de l’ingénierie biomédicale de territoire du GHT Nord Saône-et-Loire. C’est la première réponse à déployer dans la réorganisation de l’offre de soins au niveau territorial. »
Il rappelle que le rapport soignant-soigné a complètement évolué. « Le patient disposera prochainement d’un espace numérique de santé. Il va y avoir plus de dialogue entre le patient et les professionnels de santé. Nous allons être obligés, nous, personnel hospitalier, de répondre à cette nouvelle demande de soins personnalisés, d’une thérapeutique adaptée aux attentes et aux besoins de chaque patient. »
« Le patient devient un partenaire, ajoute-t-il, une collaboration qui va permettre de créer de la valeur dans les soins, un élément extrêmement important. »
« La gradation des soins n’est pas une utopie »
Interrogé à propos du DMPDMPDossier Médical Partagé, Stéphane Kirche indique que son développement est une évidence dans les structures de son GHTGHTGroupement hospitalier de territoire. « La gradation des soins n’est pas une utopie, explique-t-il. Il faut que nous adaptions nos plateaux techniques et que nous rendions l’information disponible là où on en a besoin. »
Une plateforme qui met à disposition tout l’historique médical du patient
À propos de l’exploitation des données, Frédéric Pegaz-Fiornet, responsable département digitalisation à Siemens Healthineers France, met en avant la plateforme eHealth du groupe, un portail pour les patients et les médecins qui met à disposition toutes les données médicales, biologiques et génétiques.
« Quant un patient arrive dans l'établissement, le personnel dispose ainsi de tout son historique. La prise en charge est optimisée, permettant un gain d’argent et de temps », explique-t-il, ajoutant que même les données issues des objets connectés étaient disponibles sur la plateforme. « Par exemple, une montre Fitbit peut être reliée au portail afin de faire remonter les résultats obtenus sur l’espace du patient pour que son cardiologue puisse les consulter », illustre-t-il.
Frédéric Pegaz-Fiornet précise que cette plateforme Health est équipée de différents modules pour effectuer des téléconsultations, obtenir un second avis à distance ou encore réaliser des conférences inter-établissements.
Une archive neutre pour rassembler toutes les données au même endroit
« L’un des principaux problèmes en ce qui concerne l’exploitation des données est que la partie laboratoire est organisée de façon sillotée, que le centre dermatologique ou gynécologie regroupe ses informations sur un petit logiciel propriétaire et que les données d’imageries sont regroupées sur des bases à part », note Frédéric Pegaz-Fiornet.
C’est pourquoi il souligne que Siemens Healthineers France travaille notamment au « décloisonnement des services, notamment au niveau des GHT ».
La société propose une archive neutre qui permet de stocker toutes les données au même endroit. « Elle permet de disposer d’un seul accès aux données, d’un seul support à la décision basée sur IA afin de proposer des données structurées, l’un des enjeux majeurs de la transformation des établissement de santé », analyse-t-il.
L’une des spécificités de cette archive neutre est qu’elle « redonne la donnée aux établissements dans le format auquel elle l’a reçue, précise-t-il, un point important parce que les hôpitaux ont des contraintes en termes de coûts et ne peuvent pas modifier leurs plateformes facilement ».
« L’idée, résume Frédéric Pegaz-Fiornet, est de proposer des connecteurs qui permettent de partager les données, de savoir s’adapter à l’architecture des établissement ou multi-sites dans le cas de GHT, de faire communiquer toutes les solutions existantes d’un même hôpital. »
Stéphane Kirche
| Parcours |
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| GHT Nord Saône-et-Loire Directeur de l'innovation et de l'ingénierie biomédicale de territoire Septembre 2018 Aujourd'hui |
| GHT Saône-Et-Loire Bresse Morvan Directeur biomedical de territoire Septembre 2016 Aujourd'hui |
| Cesitech santé Responsable operationnel centre de simulation Décembre 2014 Aujourd'hui |
Frédéric Pegaz-Fiornet
| Parcours |
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| Siemens Healthineers (Siemens Healthcare SAS) Responsable du département « digitalisation » pour la France, la Belgium, le Maghreb et l'Afrique de l'Ouest Octobre 2018 Aujourd'hui |
| Siemens Healthineers (Siemens Healthcare SAS) Responsable du service « solutions e-santé » Avril 2012 Aujourd'hui |
Agnès Malgouyres
| Parcours |
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| Siemens Healthineers (Siemens Healthcare SAS) Responsable « marketing IA » Janvier 2018 Aujourd'hui |
| Siemens Healthineers (Siemens Healthcare SAS) Business developpement « santé de la femme » Février 2017 Aujourd'hui |
