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D. Gruson invite à créer une méthodologie d'évaluation des impacts de l’IA sur les emplois en santé

Paris - Publié le jeudi 17 janvier 2019 à 17 h 30 - n° 8034 Proposer une stratégie d’accompagnement des métiers du secteur de la santé et des fonctions support aux soins face au développement de l’intelligence artificielle (IA), tel est l’objectif de la note « IA et emploi en santé : quoi de neuf docteur ? », publiée par l'Institut MontaigneInstitut MontaigneInstitut Montaigne et rédigée par David GrusonDavid GrusonDavid Gruson (auteur principal*), docteur en droit de la santé et fondateur de l’initiative Ethik-IAEthik-IAEthik-IA, qui vise au déploiement d’outils de régulation positive du déploiement de l’IA et de la robotisation en santé.

L’idée, à travers ce texte daté de janvier 2019, est de « contribuer à une prise de conscience quant à la nécessité de créer, dans les meilleurs délais, une méthodologie d’évaluation des effets du déploiement de l’IA et de la robotisation dans le secteur de la santé », et ce dans l’optique de rendre effective la transformation des métiers du soin.

David Gruson et les co-auteurs de la note, Adrien Deudon (membre d’Ethik-IA) et Laure Millet (Institut Montaigne), émettent les 2 propositions clés suivantes :
• établir une méthodologie d’évaluation des impacts de l’IA sur l’emploi en santé : création, par les pouvoirs publics, d’une plateforme de dialogue entre les différents acteurs impliqués ;
• déployer une responsabilité sociétale des entreprises (RSE) digitale au sein des établissements de santé : en incitant ces derniers à étudier la transformation des métiers ainsi qu'à développer des méthodologies d’évaluation des compétences et des nouveaux besoins en formation des salariés.
© Institut Montaigne
© Institut Montaigne

La radiologie et l’ophtalmologie parmi les 1ers métiers impactés par l’IA

Les conditions d’exercice des spécialités médicales et des fonctions support aux soins « vont durablement changer » de par le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) dans le secteur, analysent les auteurs de la note, précisant que les impacts vont néanmoins différer selon les métiers.

Ainsi, ils estiment qu’un impact « possiblement fort » est à attendre pour les disciplines reposant déjà sur du code numérique, comme la radiologie et l’ophtalmologie. « Leurs activités se déplaceront vers des actes à plus haute valeur ajoutée, tandis que les tâches les plus rébarbatives seront effectuées par la machine », avancent les trois experts.

Des effets plus lourds attendus sur les fonctions support aux soins

Par ailleurs, les effets de l’IA sont annoncés plus lourds sur les fonctions support aux soins dans la note. Ainsi, plusieurs solutions d’intelligence artificielle relatives à la gestion des tâches administratives ou logistiques ont déjà été instaurées dans d’autres secteurs, est-il souligné.

Proposition n° 1 : établir une méthodologie de chiffrage des impacts de l’IA sur les ressources humaines en santé

  • Objectif : appréhender les effets de création et de transformation des métiers du secteur de la santé.
  • Moyen : création, par les pouvoirs publics, d’une plateforme de dialogue entre les différents acteurs impliqués.

La méthodologie de chiffrage proposée s’articule autour de 6 étapes clés :

  • 1. recenser les effectifs par catégories professionnelles du secteur de la santé, comme par exemple la gestion administrative ;
  • 2. répertorier les métiers appartenant aux catégories professionnelles repérées, comme celui de secrétaire médical(e) ;
  • 3. identifier les activités ou tâches correspondant à chaque métier ;
  • 4. déterminer le taux de substitution de chaque activité identifiée ;
  • 5. mesurer le taux de substitution pour chaque métier ;
  • 6. réaliser des scénarios d’impact.

« Il apparaît essentiel que les pouvoirs publics puissent rapidement se saisir de l’enjeu de construire une méthodologie de suivi en continu des impacts de l’IA sur l’emploi en santé », commentent David Gruson, Adrien Deudon et Laure Millet, précisant que « la construction d’un cadre de dialogue associant les représentants des patients, les professionnels de santé, les partenaires sociaux et les acteurs économiques constitue un axe prioritaire ».

Proposition n° 2 : déployer une RSERSEresponsabilité sociétale des entreprises digitale au sein des établissements de santé

« L’investissement dans l’anticipation du déploiement de l’IA et de la robotisation doit pouvoir être reconnu comme une nouvelle forme d’exercice de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) », expliquent les auteurs de la note.

L’idée est d’appliquer la notion de RSE à l’engagement des mesures d’accompagnement des effets sociétaux liés à la transformation numérique et donc à l’intelligence artificielle. Le développement des technologies d’IA dans un secteur d’activité donné « entraîne nécessairement des conséquences sur la société », est-il souligne dans la note, dans laquelle est ainsi proposé de les encadrer « de façon éthique et responsable ».

Inciter les établissements à développer des méthodologies d'évaluation des nouveaux besoin en formation des salariés

Les trois experts indiquent que la responsabilité sociétale des entreprises digitale peut être déclinée autour de diverses mesures, telles qu’encourager les établissements de soins :

  • à étudier la transformation des métiers ;
  • à développer des méthodologies d’évaluation des compétences et des nouveaux besoins en formation des salariés.

Ils ajoutent que les salariés doivent être sensibilisés et formés à l’utilisation des innovations en santé.

Garantir une « supervision humaine de toute utilisation du numérique et de l’IA en santé »

« En ce qui concerne les patients, il s’agit de s’assurer du respect du principe de garantie humaine, soit la garantie d’une supervision humaine de toute utilisation du numérique et de l’IA en santé, pour toute décision médicale (pose de diagnostic, choix du traitement, etc.) », poursuivent-ils. 

Selon David Gruson, Adrien Deudon et Laure Millet, ces mesures concourent à la mise en place d’une intelligence artificielle « responsable », en valorisant l’innovation « à tous les niveaux ».

David Gruson
Fiche n° 526, créée le 27/05/16 à 11:59 - MàJ le 16/07/19 à 16:25

David Gruson



Parcours Depuis Jusqu'à
Jouve
Directeur de programme "santé" Juillet 2019 Aujourd'hui
Juillet 2019 Aujourd'hui
Cercle des décideurs numérique et santé
Co-président Janvier 2019 Aujourd'hui
Janvier 2019 Aujourd'hui
Faculté de Médecine de l'Université Paris-Descartes
Professeur associé en droit de la génétique 2018 Aujourd'hui
2018 Aujourd'hui
Cour des comptes
Conseiller référendaire à la Troisième Chambre de la Cour des Comptes Novembre 2017 Aujourd'hui
Novembre 2017 Aujourd'hui
Sciences Po Paris
Membre du Comité de Direction de la Chaire Santé de Sciences Po Paris Septembre 2017 Aujourd'hui
Septembre 2017 Aujourd'hui
Fédération hospitalière de France
Délégué Général Février 2016 à Septembre 2017
Février 2016 Septembre 2017
Centre Hospitalier Universitaire de la Réunion
Directeur général Avril 2012 à Février 2016
Avril 2012 Février 2016
Cabinet du Premier ministre François Fillon
Conseiller technique 2010 à 2012
2010 2012
La Cour des comptes
Magistrat 2006 à 2010
2006 2010

Ancien élève de l’École Nationale d’Administration (ENA), docteur d’État en droit de la santé et membre du comité de direction de la chaire Santé de Sciences Po Paris, David Gruson est également :
- fondateur de l’initiative citoyenne et académique Ethik-IA ;
- auteur de « SARRA », polar de bioéthique à propos de l’IA.

Publications

Publications (extrait) :
• La Machine, le Médecin et Moi, Editions de l’Observatoire, novembre 2018
• S.A.R.R.A, une intelligence artificielle, Beta Publisher, juin 2018
• « Les robots et l’intelligence artificielle vont-ils décider de l’avenir de corps ? », ADIJ, novembre 2017

Expertise

• Intelligence Artificielle
• Ethique
• Juridique en santé


Institut Montaigne
Fiche n° 517, créée le 17/05/16 à 14:46 - MàJ le 17/05/16 à 14:50

Institut Montaigne

■ Création en 2000 par Claude Bébéar
■ Dirigé par Laurent Bigorne
■ Think tank indépendant
■ Plateforme de réflexion, de propositions et d’expérimentations consacrée aux politiques publiques en France
■ Fait des propositions concrètes dans les domaines de l’action publique, de la cohésion sociale, de la compétitivité et des finances publiques


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  • Zone(s) d'activité : France



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La note a été rédigée par :
David Gruson, auteur de la note, fondateur de l’initiative Ethik-IA et spécialiste des politiques publiques de santé ;
Adrien Deudon, co-auteur de la note, membre de l’initiative Ethik-IA et ConsultantRH Groupe Arthur Hunt ;
Laure Millet, co-auteure de la note, chargée d’études du programme santé de l’Institut Montaigne.

Fin
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