Début

Mission Villani sur l’IA : les grands axes du rapport 2018 à paraître

Paris - Publié le vendredi 1 décembre 2017 à 19 h 17 - n° 5244 Missionné par le Président de la République pour élaborer la stratégie nationale sur l’intelligence artificielle en septembre 2017, Cédric Villani fait un premier bilan de ses recherche qu’il a dévoilé le 29 novembre 2017.

Il avait déjà annoncé que la santé serait un domaine phare de son enquête et qu’il y consacrerait 200 auditions. Il a fini par auditionner 250 personnes de 13 pays différents.

Cela lui a permis de dresser un faire un état des lieux politique dans le domaine et d’identifier les acteurs forts sur la scène internationale, comme les États-Unis et les GAFAGAFAGoogle Apple Facebook Amazon et de formuler quelques propositions, axes qui se retrouveront dans le rapport final :
• structurer une politique industrielle et économique ambitieuse et à la fois prudente ;
• définir une politique des données favorisant leur partage et leur mutualisation ;
• développer une politique de formation encourageant l’agilité et la flexibilité, mais également la maîtrise des techniques nouvelles ;
• limiter les besoin en énergie de l’IA pour garantir un impact écologique raisonnable ;
• définir un cadre d’action éthique et mettre en place une gouvernance à la hauteur de la confiance des acteurs ;
• créer un cadre propice pour une recherche articulée entre le public et le privé et une collaboration transversale entre l’ensemble des acteurs facilité par la construction d’un écosystème fort.

Le rapport final doit être remis fin janvier 2018 et il pourrait déboucher sur une loi-cadre.
© D.R.
© D.R.

Tenir compte des acteurs déjà positionnés et créer un écosystème robuste

Sans que cela cela ne constitue une raison d’accélérer irraisonnablement, Cédric Villani souligne que les États-Unis et les GAFA se sont déjà positionnés sur le marche de l’IA et que l'écart se creuse avec ceux qui n’ont pas encore intégré cette nouvelle technologie à leur stratégie industrielle et économique.

Les pays comme la Chine, le Canada, Israël, mais également des pays nord-européens se placent également et la France doit rejoindre ce dernier camp au plus vite pour pouvoir prétendre être un acteur de poids en la matière. Par conséquent, la feuille de route de Cédric Villani préconisera de faire émerger des écosystèmes forts afin de positionner efficacement la puissance publique comme moteur.

Politique des données, du travail et de l'écologie en adéquation avec les enjeux

  • Concernant la politique des données, il s’agit de proposer un cadre qui permette d’arriver à un équilibre entre la protection nécessaire et une valorisation économique dans un climat de confiance dans la qualité et la gestion des données. La mission fera ainsi des propositions pour favoriser la mutualisation et le partage de données publiques et privées via des bases de données existantes, la mise en réseau de données et leur structuration afin de les rendre exploitables.
  • Si on ne peut nier l’impact de l’AI sur l’emploi, aucune prédiction funeste n’a lieu d'être actuellement et l’enjeu consiste à faire cohabiter l’homme et la machine. L’accent doit être mis sur la formation afin que cette nouvelle technologies soit appréhendée de la meilleure façon possible en encourageant  l’apprentissage de nouvelles compétences issues de l’automatisation et la flexibilité.
  • Maîtriser la consommation énergétique de l’IA est un véritable enjeu, donc il faut tabler sur les formes d’IA non énergivores et au service de l’écologie, ce qui pourrait constituer le secteur dans lequel la France prendrait les devants.

La recherche et les investissements

Pour une recherche plus efficace, les propositions suivantes émergent :

  • l’ouverture de facilités supplémentaires aux chercheurs ;
  • l’amélioration de l’environnement de travail des chercheurs en IA, à la fois pour faire revenir les français, mais aussi  pour attirer les chercheurs étrangers ;
  • la mise en place d’un écosystème plus favorable à la création d’entreprises ;
  • l’allégement de certaines contraintes administratives ;
  • l’organisation de défis sur des problématiques identifiées du monde industriel.

Quant aux financements apportés par la puissance publique, aucune proposition chiffrée n’a été formulée, mais l’exemple de la Finlande a été cité et ce pays investit 100 millions par an dans l’IA.

Par ailleurs, des investissements conséquents seront nécessaires pour développer la cybersécurité (plusieurs dizaines de milliards d’euros pour se mettre à jour).  

Fin
loader mask
1