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Exclusif SANTEXPO22 / Santé populationnelle : la structuration des données, un enjeu décisif (A. Malone, FHF)

Paris - Publié le vendredi 13 mai 2022 à 16 h 17 - n° 14549 « On a la chance d’avoir en France des bases de données nationales, des entrepôts de données de santé, le Health Data HubHealth Data HubHealth Data Hub, etc. L’enjeu est d’utiliser toutes ces données pour des opérations concrètes, et non uniquement pour la recherche et l’évaluation ex-post, afin de piloter en direct le déploiement de programmes populationnels. Il faut se mettre en position dès les prochains mois pour commencer à au moins tester des solutions. » Dans le cadre d’un entretien exclusif accordé à H&TI en amont du salon SANTEXPO 2022, Antoine MaloneAntoine MaloneAntoine Malone, responsable du pôle « Prospective, Europe, International » de la Fédération hospitalière de FranceFédération Hospitalière de France (FHF)Fédération Hospitalière de France, revient sur les enjeux et perspectives du développement d’un modèle de santé populationnel - expérimenté en France depuis 2018 dans 5 territoires (article 51).

Après une présentation des temps forts du programme de la FHF pour SANTEXPO sur la responsabilité populationnelle, il expose les enjeux du sujet avec un focus sur les aspects numériques du déploiement de ces modèles innovants, relevant que la structuration des données de santé fait partie des chantiers clés à mettre en œuvre. Il met par ailleurs en garde sur l’appétit grandissante des GAFA envers les données de santé, notant que les industriels américains suivent de près la construction de l’Espace européen des données de santé (EEDS) : « Ils sont à Bruxelles pour discuter du format des données de santé qui vont être incluses dans cet espace, ce qui derrière leur ouvre le marché. Parce qu’une fois que le format des données est standardisé, il est plus facile pour eux de venir s’installer en Europe. Je suis très partisan de la standardisation des données de santé au niveau européen mais il va falloir faire preuve de vigilance. »

Antoine Malone partage enfin avec H&TI :
• le bilan (chiffré) à date de l’expérimentation menée dans les 5 territoires pilotes, observant une forte montée en charge du projet depuis la sortie du confinement ;
• le fonctionnement du modèle de financement testé, reposant sur un principe de rémunération collective, proche du modèle porté par les ACOs aux États-Unis, dont l’intérêt a déjà été prouvé.


* La Cornouaille (Bretagne), l’Aube et le Sézannais (Grand Est) - la communauté d’agglomération du Douaisis (Hauts-de-France) -, les Deux-Sèvres (Nouvelle-Aquitaine) et la Haute Saône (Bourgogne-Franche-Comté).
Antoine Malone, responsable du pôle « Prospective, Europe, International » de la FHF. - © D.R.
Antoine Malone, responsable du pôle « Prospective, Europe, International » de la FHF. - © D.R.

Le modèle testé en France s’inscrit dans une tendance mondiale

« Le modèle de responsabilité populationnelle que l’on développe depuis 2018 dans 5 territoires français* est le prototype du système de santé du futur, soit un modèle d’intégration clinique où tous les intervenants autour d’une population donnée travaillent ensemble pour maintenir la santé d’une population définie (à risque ou malade) », souligne Antoine Malone.

Du point de vue de SANTEXPO, il est intéressant de noter que ce modèle s’inscrit dans une tendance mondiale où des modèles de systèmes de santé populationnels se développent, avec un travail commun de tous les acteurs de santé autour d’une population définie pour la maintenir en santé, insiste Antoine Malone :

  • avec un modèle-mère, celui de Kaiser Permanente aux États-Unis ;
  • mais aussi un développement dans certains pays européens, au niveau national mais parfois au niveau régional quand les systèmes de santé sont régionalisés.

SANTEXPO22 : la responsabilité populationnelle au cœur du programme de la FHF

Zoom sur le programme SANTEXPO22 - © SANTEXPO

Une grande conférence posera le sujet et ses enjeux, avec une vision européenne

Dans le cadre de SANTEXPO22, une grande conférence est organisée par la FHF le mercredi 18 mai de 11 heures à 12h30 (détails ici)pour présenter un état des lieux des systèmes de santé, du mouvement vers des systèmes de santé intégrés en Europe.

Cette table réunit des acteurs danois, belges (avec un important programme pilote nommé « Integreo »), allemands (Gesundes Kinzigtal, qui est un système intégré local) et basques. Il y aura aussi l’intervention de l’Institut Montaigne et de l’Observatoire européen des politiques et systèmes de santé qui établira un état des lieux du sujet en Europe.

« L’idée de cette session est de replacer le sujet de la responsabilité populationnelle, que l’on défend en France, dans ce contexte plus général européen, explique Antoine Malone. Parce que le modèle de responsabilité populationnelle que l’on expérimente est certes un modèle français mais très inspiré de ce qui se fait ailleurs et qui correspond soit à des modèles de systèmes de santé déjà en place (c’est le cas par exemple aux Pays basque et au Danemark) ou en développement (c’est le cas par exemple en Belgique). On voit donc que nous ne sommes pas isolés sur le sujet parce que d’autres pays s’y intéressent. Cette comparaison au niveau européen permet aussi de montrer qu’il existe plusieurs voies possibles pour développer des systèmes de santé populationnels. Chaque pays a ses particularités mais tous partagent la même philosophie et les mêmes modes d’action. »

Un espace « responsabilité populationnelle » pour échanger avec des acteurs du terrain

Le deuxième temps fort du salon est l’intégration d’un espace « responsabilité populationnelle » sur le stand de la FHF, indique Antoine Malone. L’idée est de mettre en avant les retours d’expérience des 5 territoires pilotes, dans un contexte de forte montée en charge du projet, en illustrant la réalité du fonctionnement d’un modèle populationnel via l’intervention de différents acteurs de terrain sur une série de thématiques structurantes.

  • 3 thématiques clés seront notamment abordées par le biais de mini-conférences :

Présentation
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    1. La place des patients dans le modèle

    Les patients interviennent sur diverses modalités dans le modèle et font partie intégrante du système :

    • des patients participent à l'élaboration d’une stratégie de santé, au même titre que les médecins, les directeurs d'établissements, etc. ;
    • des partenariats sont mis en place avec des associations de patients autour d’actions de prévention en santé. ;
    • des citoyens ambassadeurs ont été formés à porter des messages de santé dans les quartiers, dans leurs milieux de vie, etc.
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    2. Le développement de nouveaux métiers

    Le deuxième sujet central est le développement de nouveaux métiers ou de nouvelles modalités de travail pour les soignants. L’idée étant de suivre une population donnée, en ville et à l’hôpital, en se calant sur les mêmes protocoles, une place importante est accordée aux soignants sous différentes modalités. Le modèle mobilise ainsi :

    • des infirmiers de santé publique, qui réalisent des actions de prévention/sensibilisation/dépistage ;
    • des infirmiers dits « chargés de mission », qui jouent le rôle de coordinateurs pour faire le pont entre l’hôpital, la ville, les collectivités, etc. : un nouveau métier infirmier ;
    • des infirmiers de coordination, des IPAIPAinfirmier en pratique avancée (qui ont un rôle clé dans le cadre du suivi des pathologies chroniques) ou encore des infirmiers « AsaléeAsaléeAction de Santé Libérale En Equipe » (regroupement d’infirmiers libéraux qui travaillent dans les structures de ville comme les MSPMSPMaisons de santé pluri-professionnelles).
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    3. Les actions de prévention

    Le troisième sujet ce sont les actions de prévention, qui ne sont pas uniquement ciblées sur la prévention primaire. Le modèle vise à maintenir l'état de santé d’une population ciblée mais aussi à éviter la dégradation de la santé des personnes qui sont malades.

    L’une des thématiques abordée sera la manière dont il est possible de basculer vers un modèle préventif et non plus curatif, avec des témoignages d’acteurs.

  • Le sujet des systèmes d’information également adressé :

En dehors des mini-conférences, des programmes d'échanges ouverts seront également proposés par la FHF. L’un des thèmes portera sur les systèmes d’information (SI). « Les acteurs qui s’intéressent à ce sujet sont invités à venir discuter avec nous s’ils ont des projets en déploiement de leur côté ou s’ils ont des questions et besoin d'éclairage », explique Antoine Malone. Concernant les SI, les enjeux concernent notamment les sujets liés aux territoires (exemple : Comment la responsabilité populationnelle structure l’organisation territoriale ?).

  • Le numérique, et en particulier l’utilisation des données de santé, parmi les sujets centraux :

« On voit que le numérique, et notamment l’utilisation des données de santé, est un sujet extrêmement structurant dans le domaine de la santé populationnelle, souligne Antoine Malone. L’enjeu est d'être capable de déterminer les besoins de santé de la population ciblée par le biais d’une mobilisation massive de données de santé pour construire de l’analyse puis pour être capable de suivre l’impact de notre programme. Si on souhaite par exemple maintenir l'état de santé de 10 000 résidents atteints de diabète, il faut être capable de suivre la population dans son ensemble mais aussi le patient au niveau individuel donc cela pose des enjeux extrêmement importants en termes de numérique. Des enjeux qui rejoignent les grandes discussions actuelles autour du numérique : normalisation des données de santé, interopérabilité des solutions informatiques, communication des logiciels de la ville et de l’hôpital, mobilisation des DPIDPIDossier Patient Informatisé hospitaliers, etc. »


Numérique et santé populationnelle : des enjeux forts autour des données de santé

- - © Image by Gerd Altmann from Pixabay

La FHF soutient l’idée d’un SI territorial de GHT

Parmi les propositions de la FHF pour les élections présidentielles et législatives 2022, il y a la volonté de « soutenir un SI territorial de GHTGHTGroupement hospitalier de territoire » dans le cadre d’un système de santé populationnelle :

  • « Dans une logique de responsabilité  »populationnelle«  et de continuité des soins, la FHF appelle au développement d’un système d’information territorial (SIT), afin de fluidifier le parcours de soins du patient et la coopération entre les différents acteurs et structures de santé. Il s’agira aussi de faciliter l’échange et le partage de données entre acteurs de Santé (établissements de santé publics et privés, professionnels de Santé libéraux, secteur médico-social…) et de favoriser un SI décloisonné, compatible et ouvert. La FHF appelle aussi à soutenir le développement de la e-Santé au service des patients. »

La France à la traîne par rapport aux industriels américains

« Cette question d’un SI territorial est clairement un sujet clé, relève Antoine Malone. Quand on observe à l'étranger les systèmes de santé qui fonctionnent déjà sur des modèles populationnels, on remarque que cela nécessite la mise en place de SI capables de soutenir le fonctionnement du système. »

La FHF a exploré ce sujet au cours de salon HIMSS en mars 2022 aux États-Unis, « où ces systèmes sont non seulement déjà développés mais où les plateformes de gestion de population tournent à grande échelle ». Antoine Malone note que ces modèles « structurent tout l'écosystème d’innovation autour d’eux » : les innovations sont pensées pour contribuer au maintien en santé de tel ou tel groupe de patients ou à la prévention du risque pour tel ou tel type de patients, etc. « Ce qui engendre, du point de vue de l’hôpital, une réduction des dépenses ou une fluidification de l’activité. Et qui permet in fine d’avoir un système qui fonctionne mieux. Cela donne un cadre aux acteurs. C’est-à-dire que si une start-up est capable de situer son innovation dans le triple objectif meilleure santé de la population-meilleure prise en charge du patient-meilleur coût, derrière elle aura un marché qui peut acheter son produit. »

Il cite en exemple les outils d’intelligence artificielle (IA) qui permettent d’affiner l’analyse de risque sur des cohortes de patients afin de prédire par exemple le risque d’hospitalisation de tel ou tel patient.

En France, ces outil sont balbutiants, souligne Antoine Malone. Or c’est un enjeu clé. « Si on veut par exemple cibler dans l’Aube 10 000 résidents atteints de diabète et 80 000 personnes à risque de diabète, il faut à un moment un SI qui permette de suivre cette population, explique-t-il. On peut bien sûr s’appuyer sur  »e-Parcours«  mais ce programme concerne essentiellement des outils de coordination. Or, cet outil doit être complété par des outils de suivi de populations (Comment se porte tel ou tel patient ? Comment évoluent ses constantes ?, etc.). Il faudrait s’appuyer sur les progrès des cinq dernières années pour avancer sur ces questions, pour viser des outils qui nous permettent vraiment de soutenir les opérations des acteurs de santé d’un territoire. Ces outils existent aujourd’hui à l’étranger, et notamment en Europe  »

GAFA - © D.R.

La standardisation des données de santé en Europe intéresse les GAFA

La standardisation des données de santé en Europe intéresse les GAFA

Antoine Malone insiste sur le fait qu’un gros chantier est en cours autour du numérique et des données de santé. Soulignant que les GAFAGAFAGoogle Apple Facebook Amazon s’impliquent de plus en plus sur le marché du numérique avec des enjeux touchant le modèle de responsabilité populationnelle : « La question est en effet de savoir comme mobiliser le numérique et comment utiliser les données de santé dans ce modèle visant à éviter l’apparition de maladies et la dégradation de l'état de santé des personnes déjà malades. »

• « Quand on voit que OracleOracle, le champion mondial des bases de données, rachète CernerCerner pour près de 30 milliards de dollars, cela donne une idée de l’ampleur des enjeux, relève Antoine Malone. Si le groupe a investi une somme importante aussi importante, c’est parce qu’il perçoit tout l’intérêt qu’il a à se positionner sur le marché.
• Et il y aussi AppleApple, qui cherche à racheter EpicEpic Systems Corporation (une opération source d’un combat judiciaireEpic Systems Corporation entre les deux entreprises) parce qu’il a conscience de la valeur structurante des données dans le cadre d’un modèle populationnel.
• Par ailleurs, David FeinbergDavid Feinberg, l’ancien patron de Geisinger - l’un des meilleurs systèmes de santé intégrés aux États-Unis -, est devenu ensuite VP de GoogleGoogle Health en 2019, avant de prendre la direction de Cerner en 2021.  C’est très parlant. »

Un fort enjeu autour de l’Espace européen des données de santé

« Notre modèle résonne très fortement avec ce qui se passe au niveau mondial, d’abord en Europe, qui est le modèle que l’on défend, mais aussi aux États-Unis », ajoute Antoine Malone.

Il note qu’il est important de rester vigilant concernant la construction de l’Espace européen des données de santé (EEDS) « sinon ce seront les Américains qui vont édicter leurs règles, avec leur façon de faire, leur façon de voir la santé et la médecine, qui n’est pas la nôtre. Dans ce sens, l’adoption, dans le cadre de la PFUE des  »Principes européens pour l’éthique du numérique en santé«  est extrêmement important et structurant. »

« Les gros acteurs américains sont à Bruxelles pour discuter du format des données de santé qui vont être incluses dans l’EEDS, ce qui derrière leur ouvre le marché. Parce qu’une fois que le format des données est standardisé, il est plus facile pour eux de venir s’installer en Europe. Ils n’ont plus besoin de s’adapter à des spécificités nationales ou régionales. Je suis très partisan de la standardisation des données de santé au niveau européen mais il va falloir faire preuve de vigilance parce que les industriels américains voient ce projet comme une porte d’entrée sur le marché européen. Donc bien sûr, il est très souhaitable d’avoir les meilleures technologies possibles, d’où qu’elles viennent, mais ces technologies doivent correspondre à nos valeurs, et à la façon dont nous voyons notre système de santé. C’est évident que quand nous voyons la technologie et les solutions qui existent aux États-Unis, nous souhaiterions pouvoir en disposer. Mais pas au prix d’un renoncement à des valeurs fondamentales. »

Un des principaux objectifs stratégiques de la FHF dans les mois à venir est d’amorcer ce virage numérique

Dans les mois qui viennent, l’amorçage de ce virage numérique sera « l’un des gros objectifs stratégiques » de la FHF. Cela signifie qu’il va falloir prendre en considération aussi « toutes les potentialités autour des données de santé », précise Antoine Malone. « On a la chance d’avoir en France des bases de données nationales, des entrepôts de données de santé, le Health Data Hub, etc. L’enjeu est d’utiliser toutes ces données pour des opérations concrètes, et non uniquement pour la recherche et l’évaluation ex-post, afin de piloter en direct le déploiement de programmes populationnels. Il faut se mettre en position dès les prochains mois pour commencer à au moins tester des solutions. »

Antoine Malone souligne qu’énormément de progrès ont été accomplis ces cinq dernières années, par exemple avec l’adoption de l’Identité nationale de santé (INS), ou encore l’identification électronique des professionnels de santé et l’adoption de la norme SNOMED CT. « Un progrès réel est à souligner en termes d’interopérabilité. Ce sont là des bases solides sur lesquelles on peut construire. L’enjeu est maintenant de s’assurer que les données peuvent circuler entre tous les professionnels de santé qui entourent le patient, pour qu’ils puissent avoir une vision uniforme de ses besoins de santé et du stade où il en est dans son parcours de santé. »

La « bonne nouvelle » est que la technologie existe, ajoute-t-il. « Ce n’est pas de la science-fiction. Et les industriels réalisent aussi que l’avenir est là. Si le monde entier va dans cette direction, on ne peut pas rester à l'écart de cette évolution. D’autant plus que les concurrents à l'étranger sont en train de prendre une avance technologique assez phénoménale : les acteurs français doivent agir et vite. On ne manque pas de talents ni d’innovations, au contraire. La prochaine étape est d’apporter un cadre pour irriguer ces talents et leur donner une direction vers laquelle ils doivent aller. »


Expérimentation article 51 : favoriser un financement collaboratif

- - © Image by moritz320 from Pixabay

Dans le cadre de l’expérimentation « article 51 » en place dans les 5 territoires pilotes, l’objectif est de favoriser un financement collaboratif :

  • « L’idée est de viser toute une population cible dans un territoire donné, par exemple tous les résidents de l’Aube atteints ou à risque de diabète et tous les résidents atteints ou à risque d’insuffisance cardiaque. Nos 5 territoires partagent les deux mêmes populations cibles. Si on veut maintenir en santé cette population, il faut travailler tous ensemble. Le modèle que l’on teste dans le cadre de l’article 51 consiste à calculer la dépense totale de ces populations (ville, hôpital, etc.) et si collectivement on parvient à contrôler cette dépense tout en améliorant l'état de santé de la population, les acteurs de santé peuvent récupérer la moitié des économies générées pour l’Assurance maladie. »

Un modèle proche des ACOs américains

Ce modèle est très proche de celui des ACOs (Accountable Care Organizations) aux États-Unis, indique Antoine Malone. « Il ne s’agit donc pas d’une rémunération individuelle mais collective. On forme un groupement qui réunit le GHTGHTGroupement hospitalier de territoire, les CPTSCPTScommunautés professionnelles territoriales de santé, les MSPMSPMaisons de santé pluri-professionnelles, etc. et c’est ce groupement qui serait destinataire du bonus : à lui de décider ensuite comment il souhaite utiliser ce bonus (recrutement d’infirmiers, développement d’actions particulières, etc.). C’est vraiment un intéressement collectif pour un travail collectif. Cela n’impacte pas directement les rémunérations des professionnels de santé. »

Le modèle des ACOs aux États-Unis a montré des résultats, souligne Antoine Malone. « Dans les ACOs les plus anciens aux États-Unis, ils sont parvenus à effectivement améliorer la santé, la qualité d’accès aux soins et la prévention autour de populations particulièrement vulnérables et à générer des économies pour les assurances et ainsi des ristournes pour les ACOs. Des résultats très prometteurs. »

Les 5 territoires pilotes - © FHF

Bilan à date de l’expérimentation menée dans les 5 pilotes

Bilan à date de l’expérimentation menée dans les 5 pilotes

L’expérimentation pilote continue actuellement dans les 5 territoires pilotes, après une période de ralentissement des actions liée à la pandémie de Covid-19. Depuis la sortie du confinement, « on constate une accélération très rapide du déploiement du modèle dans les 5 pilotes », note Antoine Malone.

Résultats issus des indicateurs d’impacts :

• environ 4 000 acteurs de santé ont été formés à la méthode ;
• environ 600 professionnels de santé participent activement au modèle : repérage du type de personnes ciblées, inclusion de ces personnes dans un programme de responsabilité populationnelle et exécution des parcours qui ont été décidés en commun pour chacune de ces personnes ;
• près de 200 actions de prévention, de sensibilisation et de dépistage mises en place ;
• environ 4 000 personnes à risque ou déjà malades ont été sensibilisées, dépistées, etc. : le cap des 1 000 patients inscrits, suivis dans un programme de responsabilité populationnelle, a été franchi.

Objectif : apporter un socle commun pour généraliser le modèle

« On travaille avec 5 territoires parce que le modèle a été pensé, dès l’origine, pour pouvoir être généralisable à l’ensemble du territoire, explique Antoine Malone. On partage entre les 5 territoires la même méthodologie et les mêmes outils. Bien sûr, chaque territoire étant différent, chacun d’entre eux développe son propre programme d’actions en fonction des forces et des faiblesses du territoire et des acteurs présents. En résumé, on combine un socle robuste et reproductible avec beaucoup de flexibilité locale pour permettre à chacun de s’adapter à son territoire. »

« On a voulu montrer le très haut niveau de créativité et d’engagement sur le terrain. Une fois qu’on donne une bonne méthode, ça fonctionne, les acteurs trouvent des solutions et agissent en développant leurs propres actions. Cela montre aussi que les acteurs de terrain sont prêts à travailler ensemble. »

Fin
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