Début

StopCovid : le CCL-Covid suggère de communiquer davantage sur l’application (avis)

Paris - Publié le mercredi 16 septembre 2020 à 10 h 09 - n° 11469 « Une relance de la promotion de l’application StopCovid, en complémentarité avec les autres dispositifs de  »tracing« , est à mettre en œuvre », suggère notamment le Comité de contrôle et de liaison Covid-19 (CCL-Covid) dans un avis daté du 15 septembre 2020, publié sur le site du ministère des Solidarités et de la SantéMinistère des Solidarités et de la SantéMinistère des Solidarités et de la Santé sous le titre «  Pour un système d’information au service d’une politique cohérente de lutte contre l’épidémie ». Cet avis est le second à être publié, après celui du 21 juillet 2020, par ce comité présidé par le Pr Emmanuel RuschEmmanuel RuschEmmanuel Rusch et chargé « d'associer la société civile et le Parlement aux opérations de lutte contre la propagation de l'épidémie par suivi des contacts ainsi qu’au déploiement des systèmes d’information prévus à cet effet », à savoir les dispositifs SI-DEP et ContactCovid et l’application StopCovid .  

En dehors de la suggestion portant sur cette dernière solution - qui rejoint l’avis rendu public le 27 juillet par le conseil scientifique Covid-19 - le CCL-Covid émet 9 autres « points d’alerte et recommandations » :
• des avancées significatives de la structuration des systèmes d’information (SI) sont soulignées par les acteurs de santé, qui soulignent cependant les conséquences du contexte d’urgence sanitaire sur « la structuration des SI, leurs alimentations à partir de sources de données, leur gestion et leur utilisation » ;
• la convergence des systèmes d’information et des outils informatiques doit être poursuivie et renforcée car elle n’a pas toujours permis de surmonter la structuration en silo de notre système de santé ;
• le dispositif de contact tracing structuré en 3 niveaux doit être renforcé et mis en cohérence parce qu’il pose la question de la répartition des activités de tracing, de leurs articulations en termes de processus et d’interopérabilité des systèmes d’information ;
• les situations correspondant à des personnes éloignées du système de soins, sans médecin traitant ou en situation d’exclusion ou de précarité nécessitent des adaptations du processus informationnel ;
• la mise à disposition d’indicateurs issus des SI doit être poursuivie et renforcée afin de favoriser la participation de la population et des acteurs de la santé aux mesures de lutte contre l’épidémie et afin d’améliorer le pilotage de la gestion de l’épidémie au plus près des territoires ;
• la démarche pédagogique et la concertation auprès des usagers et des professionnels du système de santé sont insuffisantes ;  
• il y a peu d’informations structurées et objectives concernant la réalité et la qualité de l’isolement des personnes avec un test PCR positif ou des personnes contacts d’un cas ;
• la vigilance quant au respect de la confidentialité des données personnelles de santé doit être maintenue ;
• une prolongation du temps de conservation, à compter de la fin de l’état d’urgence sanitaire, de données pseudonymisées issues des bases SI-DEP et Contact Covid, est nécessaire pour la mise en œuvre de projets de recherche scientifique significatifs.
© Pixabay
© Pixabay

StopCovid : un dispositif à « relancer »

« Le nombre de notifications à des cas contacts » via l’application StopCovid est actuellement « inférieur à 200 sur trois mois », ce qui est « dérisoire », juge le CCL-Covid. Il met en avant les points suivants :

  • « l’application n’a été téléchargée environ 2,4 millions de fois, alors que le taux d’équipement en smartphones est de 77 % » ;
  • ce chiffre est « peu significatif », compte tenu des désinstallations de l’application qui s’élèvent au moins à 700 000 ;
  • plusieurs milliers de personnes n’ont pas activé l’application, « l’ayant téléchargée mais ne la consultant jamais ».

Le comité impute ce faible résultat au fait que le gouvernement « n’a que très peu communiqué » sur l’application. Il estime que « le rebond de l’épidémie est favorable à une campagne de promotion de cette application » qui permettrait en outre de mieux apprécier son intérêt en « vie réelle ». Il indique que « plusieurs milliers de personnes » vivant en Guyane ont téléchargé l’application après avoir reçu un SMS des autorités de santé les informant de son existence ».

Renforcer la transparence pour améliorer le pilotage

Le CCL-Covid souligne la nécessité d’avoir recours à «  différents indicateurs issus des SISISystème d'Information » pour appréhender « la performance d’ensemble de la réponse d’un système de santé » à l’épidémie de Covid-19.

Les indicateurs demandés pourraient porter sur les thèmes suivants :

  • maintien des services de santé habituels en sécurisant les parcours de soins ;
  • capacité à détecter et casser les chaînes de transmission ;
  • capacité à minimiser les décès et les complications graves ;
  • réduction des COVID-19 acquis à l’hôpital et plus largement dans le système de santé ;
  • soutien (y compris financier) aux particuliers et aux entreprises ;
  • entretien des chaînes d’approvisionnement alimentaire et médical ;
  • protection et soutien des populations vulnérables.

Selon le comité, « l’accès à ces indicateurs, leurs appropriations et leurs interprétations font encore largement défaut en dehors d’un cercle restreint de décideurs ou d’experts ».

Il considère que cette « analyse multidimensionnelle de la performance, s’appuyant sur les données des SI  » est une urgence parce qu’elle « détermine notre capacité » :

  • à détecter et casser les chaînes de transmission ;
  • à assurer la prise en soins des patients non Covid-19 en levant la peur des usagers par une sécurisation de ces parcours de soins ;
  • à appréhender le fardeau des professionnels de santé atteints par la Covid-19.

Cette demande de transparence du CCL-Covid vient en écho à l’avis trimestriel publié le 14 septembre par la CnilCommission Nationale de l'Informatique et des Libertés, qui insiste sur la la nécessité de « disposer d’indicateurs de performance des systèmes d’information déployés » afin de « mesurer leur efficacité au regard des objectifs poursuivis ».

Fin
loader mask
1