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2 Mds € pour le numérique en santé : « Investissons surtout dans l’humain » (think tank H&T, manifeste)

Paris - Publié le vendredi 24 juillet 2020 à 17 h 22 - n° 11346 « Investir dans le numérique santé : oui, et surtout dans l’humain ! » : c’est la conviction portée par le think tank Health & Tech - le Cercle des décideurs du numérique en santéHealth & Tech think tank, le Cercle des décideurs numérique et santé, co-présidé par Christophe JacquinetChristophe JacquinetChristophe Jacquinet (président France). Dans un manifeste diffusé le 24 juillet, le groupe de réflexion partage son opinion et ses attentes vis-à-vis du nouvel investissement annoncé par le Gouvernement pour le numérique en santé (2 milliards d’euros au total) dans les conclusions du Ségur de la santé.

Le think tank souhaite ainsi qu'« au moins deux tiers [de cette enveloppe] - soit 1, 3 milliard d’euros - puissent être alloués à l’accompagnement humain et citoyen ».

Ce manifeste est articulé en 4 parties :

• « investir dans le numérique santé : oui, et sur tout dans l’humain ! » ;
• « cybersécurité en santé : accélérer la prévention des risques par l’investissement dans les ressources humaine » ;
• « améliorer le déploiement et la coordination des parcours de soins complexes » ;
• « développer la reconnaissance et les bonnes pratiques par la diffusion par l’exemple ».
© H&T Think Tank
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Le manifeste du think tank Heath & Tech

[Human First] Investir dans le numérique santé : oui, et surtout dans l’humain !

Le ministre de la santé vient d’annoncer lors de la conclusion du Ségur de la santé un plan d’investissement de 2 milliards d’euros sur 3 ans pour le numérique en santé.

Il s’agit d’investir massivement pour « rattraper le retard dans la modernisation, l’interopérabilité, la réversibilité, la convergence et la sécurité des système d’information en santé » à travers les 3 axes indiqués dans les conclusions du Ségur sur ce sujet.

Il faut maintenant avoir la certitude que cette manne financière arrivera bien sur le numérique santé et aussi qu’elle sera investie de la meilleure façon pour atteindre ces objectifs de meilleure efficience (meilleure rapport résultat/coût), de meilleure sécurisation et de meilleure fluidité dans les prises en charge. La communauté des décideurs du numérique santé veut participer dès maintenant à cette réflexion pour aider à faire de ce plan une réussite (...).C’est la première fois que les ressources financières accordées à ce levier majeur en termes d’efficience, de sécurisation et de simplification de la santé dans notre pays sont ciblées a priori et à ce niveau dans l’OndamOndamObjectif national des dépenses d'assurance maladie. Il s’agit d’environ 700 millions d’euros par an, en plus des dépenses que les acteurs de santé ont prévu de réaliser indépendamment de ce plan national.

Le constat d’un « retard sur le numérique en santé » qui fonde cette décision a souvent été partagé par les membres du think tank Health & Tech, le cercle des décideurs du numérique en santé, à l’occasion de comparaison avec d’autres pays, et surtout avec d’autres secteurs de services comportant des enjeux élevés en termes de sécurité et de fluidité dans le service à leurs clients. Le think tank Health & Tech se félicite donc de cette annonce et encourage la prise en compte du financement de 2 milliards d’euros dans la réussite du secteur du numérique en santé.

Il faut maintenant avoir la certitude que cette manne financière arrivera bien sur le numérique en santé et aussi qu’elle sera investie de la meilleure façon pour atteindre ces objectifs de meilleure efficience (meilleure rapport résultat/coût), de meilleure sécurisation et de meilleure fluidité dans les prises en charge. La communauté des décideurs du numérique en santé veut participer dès maintenant à cette réflexion pour aider à faire de ce plan une réussite autour d’une conviction :

Investir dans le numérique santé : oui, et sur tout dans l’humain !

En effet, nous sommes arrivés à un haut niveau de maîtrise des technologies, du côté des industriels et des start-up du numérique en santé, comme du côté des professionnels utilisateurs de plus en plus technophiles.

À côté de priorités techniques et sectorielles (comme le secteur médico-social pour lequel il est d’ores et déjà prévu d’accorder 600 M€ sur ces 2 Mds €), l’investissement humain doit être considéré par tous comme le principal facteur de succès de deux des priorités de la feuille de route nationale du numérique en santé : la cybersécurité et la coordination des parcours de soins complexes.On dit souvent que la cause principale d’échec dans un programme numérique c’est de ne pas avoir accordé assez de moyens aux facteurs humains par rapport aux facteurs techniques. Quand il faudrait investir systématiquement au moins deux tiers de chaque budget prévu pour ce type de programme dans le pilotage du programme, dans la définition des bons usages cibles, dans l’analyse et l’évolution de leurs processus organisationnels, dans l’accompagnement des professionnels à l’adoption des outils et des nouvelles organisations, dans la mise en valeur des réussites, on a bien souvent tendance à rogner sur ces budgets au profit de l’investissement technique.

Cela signifie concrètement qu’avec ces 2 milliards d’euros annoncés, il faut trouver les bons dispositifs pour sanctuariser dans l’OndamOndamObjectif national des dépenses d'assurance maladie 1,3 milliard d’euros sur 3 ans. Il faut avoir la certitude qu’ils financeront les établissements, services et professionnels des secteurs sanitaires et médico-sociaux, non pas pour l’acquisition d’infrastructure, d’équipement ou de solutions numériques (ce qui représentera quand même un budget investissement ciblé de 700 M€ en plus des budgets d’investissements récurrents dans la technologie numérique réalisés par ce ces acteurs), mais bien pour les compétences humaines clés et l’accompagnement des professionnels de ces deux secteurs.

À côté de priorités techniques et sectorielles (comme le secteur médico-social pour lequel il est d’ores et déjà prévu d’accorder 600 M€ sur ces 2 Mds €), l’investissement humain doit être considéré par tous comme le principal facteur de succès de deux des priorités de la feuille de route nationale du numérique en santé : la cybersécurité et la coordination des parcours de soins complexes.

Cybersécurité en santé : accélérer la prévention des risques par l’investissement dans les ressources humaine

Tous les hackeurs considèrent que le facteur principal de fragilité numérique d’une organisation c’est l’humain. Défaut de conscience de la sécurité informatique, défaut de formation aux règles fondamentales de la protection des données de santé, défaut dans l’organisation de cette sécurité. Les spécialistes de la cybersécurité en santé indiquent que plus de 90 % des situations occasionnant un vol de données, une escroquerie ou de l’espionnage en termes de recherche sont le fait de facteurs humains.

Les plans pluriannuels de la défense nationale avaient clairement identifié dès le début des années 2000 le risque d’une pandémie grippale mondiale. La récente crise sanitaire et ses impacts économiques et sociaux ont démontré que ces analyses n’ont pas suffi à disposer des meilleurs dispositifs de prévention de ce risque et de gestion de ses effets, en particulier pour les équipements de protection individuelle.

Investir dans les ressources humaines pour ce plan, c’est par exemple investir dans l’accès à l’information relative à la cybersécurité, investir dans les compétences clés sur un marché très concurrentiel, donc avec des compétences rares et coûteuses, et enfin investir dans l’accompagnement de ces professionnels.De la même façon, la menace d’une cyber-attaque massive à l’encontre du secteur de la santé est un risque clairement identifié avec une probabilité forte de réalisation. Pas seulement en raison de l’objectif financier poursuivi par les auteurs de ces attaques (vols de données) mais en raison de motifs idéologiques (contestation du principe permettant de valoriser d’un point de vue économique la possession et l’utilisation de données de santé même pseudonymisées). Différents épisodes récents en hausse dans des hôpitaux publics et dans des groupes d’hospitalisations privés, et hier sur une APIAPIApplication Programmable Interface de la solution DoctolibDoctolib, confirment cette menace de fond.

Il est donc urgent d’accélérer la prévention de ce risque grâce à cet investissement humain. Cela nécessite de mettre en place un plan national cybersécurité santé beaucoup plus ambitieux, fondé en particulier sur un engagement de services cybersécurité par chacune des entités sanitaires et médico-sociales à l’égard de leurs patients, de leurs bénéficiaires et de leurs professionnels.

Investir dans les ressources humaines pour ce plan, c’est par exemple investir dans l’accès à l’information relative à la cybersécurité, investir dans les compétences clés sur un marché très concurrentiel, donc avec des compétences rares et coûteuses, et enfin investir dans l’accompagnement de ces professionnels.

Améliorer le déploiement et la coordination des parcours de soins complexes

Ce qui est frappant lorsqu’on déploie des solutions numériques d’appui à la coordination des parcours de soins complexes dans le cadre des programmes territoriaux e-parcours, c’est à la fois l’enthousiasme des professionnels et la difficulté à les déployer, malgré cet enthousiasme.Ce qui est frappant lorsqu’on déploie des solutions numériques d’appui à la coordination des parcours de soins complexes dans le cadre des programmes territoriaux e-parcours, c’est à la fois l’enthousiasme des professionnels et la difficulté à les déployer, malgré cet enthousiasme.

Qu’ils soient médecins, infirmiers.ères, assistants sociaux, gestionnaires de cas dans les plateforme d’appui aux professionnels de santé ambulatoire ou dans des filières territoriales gérontologiques, il rêvent tous de ces outils numériques qui leur permettraient de gagner du temps dans leur exercice et pour le bénéficiaire (patients ou personnes dépendantes), de fluidifier leurs parcours. Car tous ces professionnels sont confrontés à des situations de plus en plus compliquées, tant pour des raisons médicales (âges et poly-pathologies) que sociales (plus grande précarité sociale et ruptures dans l’accès aux soins).

Mais la difficulté principale, c’est le manque de ressources liées à l’accompagnement de ces déploiements. Ils ont besoin de moyens humains limités dans le temps pour le déploiement de ces projets, car transformer une organisation nécessite toujours un investissement humain de départ, qui s’ajoute à la charge de travail particulièrement lourde de ces professionnels. Ils ont besoin de moyens récurrents pour assurer leur formation à la compréhension de l’usage de ces outils et l’apprentissage individuel et surtout collectif. Ils ont besoin de compétences informatiques à durée indéterminée pour assurer la pérennité et la diffusion rapide de ces nouveaux usages.

Développer la reconnaissance et les bonnes pratiques par la diffusion par l’exemple

Souhaitons ainsi que sur les 2 milliards d’euros investis sur le numérique santé, au moins un tiers puisse être alloué à l’accompagnement humain et citoyen.Enfin, pour généraliser le plus rapidement possible dans l’ensemble de notre pays ces bonnes pratiques pour ces deux types d’enjeux, la principale valeur d’entraînement à l’acquisition par les professionnels de ces solutions et à la modification de leur organisation, c’est la valeur de l’exemple. Celle-ci est bien plus efficace que l’obligation fixée par les autorités de régulation. Là encore il faut donc investir dans du temps et de la compétence humaine pour développer la reconnaissance de ces exemples par des tiers de confiance, pour assurer la communication positive au plus grand nombre sur les résultats obtenus par tel ou tel acteur qui font référence, pour diffuser des démonstrations de situations réelles etc…

Souhaitons ainsi que sur les 2 milliards d’euros investis sur le numérique en santé, au moins deux tiers - soit 1, 3 milliard d’euros - puissent être alloués à l’accompagnement humain et citoyen. Elle permettra ensuite aux décideurs nationaux du système de santé, la DGOSDirection générale de l'offre de soins, la CnamtsCnamtsCaisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés et la Délégation ministérielle du numérique en santéDélégation ministérielle du numérique en santé, de trouver les bons dispositifs et les bons tuyaux de financement permettant de la mettre en œuvre.

Le think tank Health & Tech

Christophe Jacquinet
Fiche n° 3312, créée le 25/07/18 à 10:00 - MàJ le 10/03/20 à 16:40

Christophe Jacquinet



Parcours Depuis Jusqu'à
Health & Tech think tank, le Cercle des décideurs numérique et santé
Co-président Janvier 2020 Aujourd'hui
Janvier 2020 Aujourd'hui
Care Insight
DG délégué Stratégie et Affaires publiques Janvier 2020 Aujourd'hui
Janvier 2020 Aujourd'hui
Doc&You
Directeur général 2016 Aujourd'hui
2016 Aujourd'hui
Association pour l'innovation organisationnelle en santé
Président Mai 2015 à Mai 2018
Mai 2015 Mai 2018
Santéliance
Président Avril 2014 à Mars 2016
Avril 2014 Mars 2016
Agence Régionale de Santé Auvergne Rhône-Alpes
Directeur général 2011 à 2014
2011 2014
Agence régionale de santé (ARS) Picardie
Préfigurateur puis directeur général 2009 à 2011
2009 2011

• Ancien directeur général de deux agences régionales de santé (ministère de la Santé, France)
• Ancien directeur général d’hôpitaux privés (Groupe Générale de Santé, France)


Health & Tech think tank, le Cercle des décideurs numérique et santé
Fiche n° 1133, créée le 07/12/16 à 10:19 - MàJ le 06/03/20 à 09:13

Health & Tech think tank, le Cercle des décideurs numérique et santé

• Think tank créé en février 2012
• Objectif : faire émerger une filière industrielle du numérique en santé
• Rassemble des industriels, des représentants institutionnels, des instituts de recherche, des professionnels de santé et des représentants de patients
• 180 membres en 2016


  • Catégorie : Autre


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