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Covid-19 : l’Observatoire des conjonctures économiques émet l’idée d’une agence de santé européenne

Paris - Publié le mardi 21 juillet 2020 à 13 h 57 - n° 11321 « Une agence européenne de santé publique qui investirait dans les compétences du personnel de santé, faciliterait son déploiement en cas d’urgence, et assurerait l’approvisionnement en médicaments vitaux ». C’est le projet que dessine l'Observatoire français des conjonctures économiquesObservatoire français des conjonctures économiquesObservatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans son « policy brief » daté du 18 juin 2020, consacré au plan de relance post Covid-19. Les deux organismes européens existants, l'Agence européenne des médicamentsAgence européenne du médicamentAgence européenne du médicament (Ema) et Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), seraient fusionnés et le budget du nouvel ensemble serait augmenté pour atteindre « au moins 20 milliards d’euros par an  ».

La crise sanitaire a permis « une prise de conscience des faiblesses de l’UE en matière de prévention et de gestion de pandémie », relève l’OFCE, soulignant que l’absence d’une politique de  santé européenne à part entière a limité la capacité des institutions :

• à partager l’information sur l'évolution de la pandémie ;
• à approvisionner rapidement les Européens en médicaments et en équipements ;
• à apporter à la pandémie une réponse politique coordonnée.
© Pixabay
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Champs d’action prioritaires : les compétences et l’approvisionnement

Si « le principe de subsidiarité rend difficile, compte tenu de l’hétérogénéité des contextes nationaux, d'écarter les gouvernements », l’OFCE estime que le niveau européen peut être optimal dans plusieurs domaines, notamment la formation et l’approvisionnement.

Une agence européenne pourrait fournir des programmes de formation supplémentaires aux personnels, en exigeant en contrepartie de ceux qui en bénéficieraient une certaine mobilité entre États membres. l’Union superviserait un mécanisme d’allocation permettant que ces personnels puissent être redéployés là où ils sont nécessaires, que ce soit en temps normal ou en temps de choc sanitaire. Une telle agence pourrait également encourager via des subventions la mobilité européenne des infirmières et des médecins.

Première mission envisagée : dresser une liste de médicaments et de produits de santé présentant un intérêt stratégique

Selon l’OFCE, la «  première mission  » de cette agence européenne pourrait être de dresser une liste de médicaments et de produits de santé « présentant un intérêt stratégique » et engager des négociations avec l’industrie pour garantir leur approvisionnement. La liste en question devra faire l’objet d’un réexamen régulier. Une gestion des stocks au niveau européen présenterait l’avantage de mutualiser les risques profitant du fait que les chocs de demande ne sont pas symétriques alors que le principal obstacle à l’efficacité des plans de sécurisation est la fragmentation internationale de la chaîne d’approvisionnement.

L’OFCE propose que 2 mécanismes soient mis à disposition de le future agence européenne pour ses négociations avec l’industrie pharmaceutique :

  • conditionner le financement des produits de santé stratégiques à la production sur le territoire de l’Union d’une partie du volume vendu sur le marché européen ;
  • le lancement de partenariats public-privé pour la recherche et le développement de nouveaux produits innovants ou stratégiques, avec des garanties en termes d’accès à l’innovation.

C’est ce type d’accord qu’a utilisé l’agence américaine Barda (Biomedical advanced research and development authority) pour aider les industriels comme SanofiSanofi à développer un vaccin contre le Covid-19 et à en faciliter l’accès aux consommateurs américains.

Agence européenne du médicament

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