Le tracing ou traçage des cas-contacts dans le monde
Le SARS-CoV-2 se transmet d’individu à individu par voie aérienne, de façon à former une chaîne de contaminations : une personne infectée transmet le virus à un autre individu, qui contamine à son tour quelqu’un d’autre, etc. Ainsi, un point essentiel de la lutte contre la diffusion du nouveau coronavirus concerne l’identification et la rupture de ces chaînes de contaminations.
Afin de soutenir la rupture de ces chaînes, des dispositifs numériques de tracing des personnes infectées et d’identification des individus avec lesquels elles ont été en contact rapproché et prolongé ont été développés. D’abord utilisées en Asie avant d’être également développées dans les pays occidentaux, ces solutions ont généré des débats concernant leur efficacité et le respect de la vie privée des individus.
Les dispositifs de traçage des « cas contacts » développés en Asie
- Recours à des applications ou à des plateformes intégrées à des applications
2 dispositifs mobiles de tracing des cas contacts ont été développés précocement en Asie : l’un est utilisé à Singapour, l’autre en Chine continentale. Ces 2 dispositifs proposent en fait 2 modèles, dont se sont ensuite plus ou moins inspirées les gouvernements occidentaux pour créer leurs propres applications de contact tracing.
L’un, chinois, apparaît très intrusif notamment dans la mesure où il consiste en une plateforme alimentée par des données fournies par diverses organisations sans le consentement des citoyens (données de vidéo-surveillance, données bancaires, etc.) et où il permet à des usagers de transmettre à un serveur central des données concernant d’autres individus.
L’autre, singapourien, semble un peu plus respectueux de la vie privée des usagers : il est fondé sur le recours à la technologie du Bluetooth et sur l’échange de données cryptées et anonymisées entre les utilisateurs et un serveur central.
Les dispositifs de traçage des cas-contacts développés en Asie
Les dispositifs de traçage des cas-contacts développés en Asie
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Solutions de tracing des cas-contact développées en Asie |
Solutions de tracing des cas-contact développées en Asie |
Drapeau |
Drapeau |
Solution |
Solution |
Commanditaire ou développeur |
Commanditaire ou d\1veloppeur |
Fonctionnalités |
Fonctionnalit\1s |
Vie privée |
Vie priv\1e |
Acceptation par la population |
Acceptation par la population |
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Singapour |
1 |
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9224 |
Application « Trace Together » |
Application « Trace Together » |
Développée par l’Agence gouvernementale pour la technologie de Singapour, en partenariat avec le ministère de la Santé |
Développée par l’Agence gouvernementale pour la technologie de Singapour, en partenariat avec le ministère de la Santé |
Utilisant le Bluetooth, cette application repère les individus qui ont été exposés au virus : elle identifie les personnes ayant été en contact étroit et prolongé avec d’autres utilisateurs de smartphone testés SARS-CoV-2 ou à haut risque d’être porteurs du virus. Elle alerte alors les individus contact. |
Utilisant le Bluetooth, cette application repère les individus qui ont été exposés au virus : elle identifie les personnes ayant été en contact étroit et prolongé avec d’autres utilisateurs de smartphone testés SARS-CoV-2 ou à haut risque d’être porteurs du virus. Elle alerte alors les individus contact. |
En cas de suspicion d’une interaction entre un cas confirmé et un individu, le téléchargement de ces données vers un serveur devient alors obligatoire |
En cas de suspicion d’une interaction entre un cas confirmé et un individu, le téléchargement de ces données vers un serveur devient alors obligatoire |
Les individus téléchargent l’application s’ils le souhaitent. |
Les individus téléchargent l’application s’ils le souhaitent. |
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Chine |
2 |
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9217 |
Plateforme « Close Contact Detector » |
Plateforme "Close Contact Detector" |
Développée par China Electronics Technology Group Corporations (CETC), propriété de l’Etat chinois |
Développée par China Electronics Technology Group Corporations (CETC), propriété de l'Etat chinois |
Cette plateforme, qui vise à signaler aux personnes qu’elles ont été en contact étroit avec des individus infectés, a été intégrée à des applications populaires préexistantes comme Alipay, Wechat et QQ. Elle est également alimentée par des données fournies par, entre autres, la Commission nationale de santé, le ministère des Transports, China Railway et l’Administration de l’aviation civile. |
Cette plateforme, qui vise à signaler aux personnes qu'elles ont été en contact étroit avec des individus infectés, a été intégrée à des applications populaires préexistantes comme Alipay, Wechat et QQ. Elle est également alimentée par des données fournies par, entre autres, la Commission nationale de santé, le ministère des Transports, China Railway et l'Administration de l'aviation civile. |
La plateforme peut être utilisée par les autorités, les entreprises, les écoles, des employés d’espaces publics ou des représentants de quartiers résidentiels. Les utilisateurs peuvent avoir accès à la plateforme en scannant un code QR, et s’inscrire avec un numéro de téléphone, fournissant leur nom et leur numéro d’identification national. Chaque compte associé à un numéro de téléphone peut demander des renseignements sur un maximum de trois personnes. |
La plateforme peut être utilisée par les autorités, les entreprises, les écoles, des employés d’espaces publics ou des représentants de quartiers
résidentiels. Les utilisateurs peuvent avoir accès à la plateforme en scannant un code QR, et s'inscrire avec un numéro de téléphone, fournissant leur nom et leur numéro d'identification national. Chaque compte associé à un numéro de téléphone peut demander des renseignements sur un maximum de trois personnes. |
Des données sont fournies à la plateforme sans le consentement des citoyens. |
Des données sont fournies à la plateforme sans le consentement des citoyens. |
- Élaboration d’autres outils et méthodes, numériques ou non
Les gouvernements asiatiques ont également développé d’autres méthodes de traçage des cas contacts, qui ne consistent pas en des plateformes ou en des applications mobiles. Ces méthodes ont été plus ou moins bien acceptées par la population, et plus ou moins décriées.
En effet, selon une note de l’Institut MontaigneInstitut Montaigne (voir article ici), le gouvernement chinois a abondamment utilisé les technologies de big data afin de publier quotidiennement, via la plateforme Baidu, une carte précisant l’emplacement des patients atteints de Covid-19 ainsi que l’historique des déplacements de ces derniers. Un système analogue de cartographie et d’historique des déplacements aurait été mis en place en Corée du Sud.
En outre, les centres sud-coréens de contrôle et de prévention des maladies (KCDC), qui relèvent du ministère du Bien-être et de la Santé, utilisent sans consentement des données bancaires, de vidéosurveillance ou issues de téléphones portables afin de détecter les cas-contacts, alors placés en quatorzaine. Des listes de personnes ainsi identifiées et isolées ont été publiées. « Les noms ne sont pas mentionnés mais des informations comme la profession de l’individu, la structure qui l’emploie et ses antécédents de voyage sont relayées et même traduites en anglais pour les habitants étrangers », précise l’Institut Montaigne : la Commission des droits de l’Homme s’inquiéterait de la divulgation d’informations concernant la vie privée et la santé des individus.
À noter par ailleurs que Singapour, en parallèle de son application, utilise également des données de vidéosurveillance afin de tracer les individus susceptibles d’être infectés ainsi que les personnes ayant été en contact avec eux.
Les applications de traçage des cas-contacts utilisées en Occident
- Des applications fortement inspirées de l’application singapourienne
Les applications de tracing développées dans les pays occidentaux sont plus ou moins inspirées de l’application utilisée à Singapour, qui leur a fourni un certain recul. La plupart des développeurs affirment avoir créé ces dispositifs de façon à ce que ces derniers respectent au mieux la vie privée des individus (cryptage et anonymisation des données, destruction des données après une durée déterminée, etc.) et détectent les cas contacts avec la plus grande précision possible via diverses technologies (Bluetooth, GPS, ultrasons).
À la suite de la parution d’une étude américaine suggérant que plus de 60 % de la population devrait télécharger ce genre d’applications pour que celles-ci puissent réellement contribuer à la lutte contre la diffusion du SARS-CoV-2, des interrogations ont été émises quant à l’efficacité de ces applications.
En France, l’application StopCovid a également fait l’objet de polémiques concernant le respect de la vie privée des individus et l’impact du dispositif (peu d’utilisations constatées).
Quelques applications de traçage des cas-contacts développées en Occident
Quelques applications de traçage des cas-contacts développées en Occident
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Applications de tracing des cas-contact développées en Occident |
Applications de tracing des cas-contact développées en Occident |
Drapeau |
Drapeau |
Application |
Application |
Commanditaire ou développeur |
Commanditaire ou d\1veloppeur |
Fonctionnalités |
Fonctionnalit\1s |
Vie privée |
Vie priv\1e |
Acceptation par la population |
Acceptation par la population |
|
Allemagne |
1 |
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9215 |
Application « Corona-Warn-App » |
Application « Corona-Warn-App » |
Commandée par le gouvernement allemand à SAP et T-Systems. |
Commandée par le gouvernement allemand à SAP et T-Systems. |
Cette application analyse les signaux Bluetooth émis par les téléphones mobiles dans l’objectif de detecter les utilisateurs ayant été en contact rapprochés les uns avec les autres. Les personnes sont ayant été en contact avec un individu infecté sont prévenues. |
Cette application analyse les signaux Bluetooth émis par les téléphones mobiles dans l’objectif de detecter les utilisateurs ayant été en contact rapprochés les uns avec les autres. Les personnes sont ayant été en contact avec un individu infecté sont prévenues. |
Les identités des utilisateurs ne sont pas divulguées. Les données sont cryptées et supprimées après 14 jours. |
Les identités des utilisateurs ne sont pas divulguées. Les données sont cryptées et supprimées après 14 jours. |
Le téléchargement de l’application n’est pas obligatoire. |
Le téléchargement de l’application n’est pas obligatoire. |
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Australie |
2 |
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9220 |
Application « CovidSafe » |
Application « CovidSafe » |
Commandée par le ministère de la Santé australien. |
Commandée par le ministère de la Santé australien. |
Cette application est fondée sur le protocole BlueTrace et reproduit les fonctionnalités de l’application singapourienne. |
Cette application est fondée sur le protocole BlueTrace et reproduit les fonctionnalités de l’application singapourienne. |
Les utilisateurs peuvent choisir de partager le journal de leurs contacts avec le ministère de la Santé s’ils sont détectés comme positifs au SARS-CoV-2. Le ministère de la Santé australien envoie une alerte aux cas-contacts décelés par l’application |
Les utilisateurs peuvent choisir de partager le journal de leurs contacts avec le ministère de la Santé s’ils sont détectés comme positifs au SARS-CoV-2. Le ministère de la Santé australien envoie une alerte aux cas-contacts décelés par l’application |
Le téléchargement de l’application n’est pas obligatoire. |
Le téléchargement de l’application n’est pas obligatoire. |
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Etats-Unis |
3 |
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9214 |
Applications « Novid », « Covid Watch » et « Safe Paths » |
Applications « Novid », « Covid Watch » et « Safe Paths » |
Développées par l’Université Carnegie-Mellon, Covid Watch ou le MIT. |
Développées par l’Université Carnegie-Mellon, Covid Watch ou le MIT. |
Novid fonctionne via une technologie d’ultrasons pour détecter la présence d’autres utilisateurs. Covid Watch et est fondé sur l’utilisation du Bluetooth. Safe Paths utilise également les données GPS des utilisateurs. Lorsqu’un utilisateur de ces applications a été en contact rapproché et prolongé avec un autre utilisateur anonyme testé positif au Covid-19, une alerte lui est envoyée. |
Novid fonctionne via une technologie d’ultrasons pour détecter la présence d’autres utilisateurs. Covid Watch et est fondé sur l’utilisation du Bluetooth. Safe Paths utilise également les données GPS des utilisateurs.
Lorsqu’un utilisateur de ces applications a été en contact rapproché et prolongé avec un autre utilisateur anonyme testé positif au Covid-19, une alerte lui est envoyée. |
Les développeurs de ces applications affirment crypter les données de leurs utilisateurs et garantir l’anonymat de ces derniers. Les développeurs de « Safe Paths » admettent toutefois que les données brutes des utilisateurs peuvent être transmises à des autorités sanitaires. |
Les développeurs de ces applications affirment crypter les données de leurs utilisateurs et garantir l’anonymat de ces derniers. Les développeurs de « Safe Paths » admettent toutefois que les données brutes des utilisateurs peuvent être transmises à des autorités sanitaires. |
Le téléchargement des applications n’est pas obligatoire. |
Le téléchargement des applications n’est pas obligatoire. |
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France |
4 |
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9221 |
Application « StopCovid » |
Application « StopCovid » |
Commandée à l’Inria par le ministère des Solidarités et de la Santé |
Commandée à l’Inria par le ministère des Solidarités et de la Santé |
Cette application, au fonctionnement fondé sur l’utilisation du Bluetooth, permet aux smartphones de utilisateurs de détecter la presence dans son entourage proche d’autres utilisateurs ayant indiqué dans l’application avoir été testés positifs au Covid-19. Les individus reçoivent alors une notification les informant qu’ils ont été en contact avec une personne infectée par le SARS-CoV-2. |
Cette application, au fonctionnement fondé sur l’utilisation du Bluetooth, permet aux smartphones de utilisateurs de détecter la presence dans son entourage proche d’autres utilisateurs ayant indiqué dans l’application avoir été testés positifs au Covid-19. Les individus reçoivent alors une notification les informant qu’ils ont été en contact avec une personne infectée par le SARS-CoV-2. |
L’application ne demande aucune donnée personnelle. Les utilisateurs sont anonymisés. L’identifiant chiffré des personnes s’auto-déclarant infectées sont cependant envoyées à un serveur central. |
L’application ne demande aucune donnée personnelle. Les utilisateurs sont anonymisés. L’identifiant chiffré des personnes s’auto-déclarant infectées sont cependant envoyées à un serveur central. |
Le téléchargement de l’application se fait sur la base du volontariat. |
Le téléchargement de l’application se fait sur la base du volontariat. |
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Israël |
5 |
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9223 |
Application « Hamagen » |
Application « Hamagen » |
Commandée par le ministère de la Santé israëlien. |
Commandée par le ministère de la Santé israëlien. |
Au moyen de la technologie Bluethooth, l’application compare la géolocalisation de l’utilisateur à celle des patients infectés. Lorsqu’il y a un « match » entre les deux, l’utilisateur reçoit un lien du ministère lui indiquant la marche à suivre, par exemple la procédure de dépistage. |
Au moyen de la technologie Bluethooth, l’application compare la géolocalisation de l’utilisateur à celle des patients infectés. Lorsqu’il y a un « match » entre les deux, l’utilisateur reçoit un lien du ministère lui indiquant la marche à suivre, par exemple la procédure de dépistage. |
Les données de localisation sont uniquement disponibles sur l’appareil de l’utilisateur. |
Les données de localisation sont uniquement disponibles sur l’appareil de l’utilisateur. |
Le téléchargement de l’application n’est pas obligatoire. |
Le téléchargement de l’application n’est pas obligatoire. |
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Union Européenne |
6 |
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9222 |
Application « Pan-European Privacy-Preserving Proximity Tracing » (PEPP-PT) |
Application « Pan-European Privacy-Preserving Proximity Tracing » (PEPP-PT) |
Développée par l’organisation à but non lucratif PEPP-PT. |
Développée par l’organisation à but non lucratif PEPP-PT. |
Cette application analyse les signaux Bluetooth émis par les téléphones mobiles dans l’objectif de detecter les utilisateurs ayant été en contact rapprochés les uns avec les autres. L’application stocke temporairement des données cryptées, et si un utilisateur est teté positif au SARS-CoV-2, elle alerte les individus l’ayant croisé. |
Cette application analyse les signaux Bluetooth émis par les téléphones mobiles dans l’objectif de detecter les utilisateurs ayant été en contact rapprochés les uns avec les autres. L’application stocke temporairement des données cryptées, et si un utilisateur est teté positif au SARS-CoV-2, elle alerte les individus l’ayant croisé. |
Les identités des utilisateurs ne sont pas divulguées. |
Les identités des utilisateurs ne sont pas divulguées. |
Le téléchargement de l’application n’est pas obligatoire. |
Le téléchargement de l’application n’est pas obligatoire. |
- Des applications utilisées de façon combinée avec d’autres outils ou méthodes : l’exemple de la France
Comme à Singapour et en Chine, les applications de tracing des individus infectés et des cas contacts développées dans certains pays d’Europe sont utilisées conjointement avec d’autres outils. C’est par exemple le cas en France, où les médecins peuvent, via le dispositif Contact Covid, signaler à l’Assurance maladieCaisse nationale d'assurance maladie les patients infectés et contacter, avec l’accord de ceux-ci, les personnes avec lesquelles ils ont été en contact rapproché. Une telle base de données alimentée par les médecins - habituellement tenus au secret médical - a également fait l’objet de critiques.
Le tracking ou contrôle des individus confinés
Afin de limiter la diffusion du virus dans la population des pays touchés par le Covid-19, de nombreux États ont instauré des mesures visant à réduire les contacts entre les individus : quarantaines obligatoires pour les personnes susceptibles d’être infectées, confinements généralisés, etc.
Dans l’objectif de faire respecter ces mesures souvent drastiques, les gouvernements ont élaboré des stratégies variées et eu recours à divers types d’outils. Certains, numériques, sont appelés dispositifs de tracking des individus : ces solutions, qui ne visent pas à identifier les chaînes de transmission du coronavirus mais à contrôler les personnes et à inciter les individus à respecter les mesures de distanciation sociale, sont perçues comme plus intrusives encore que les applications de tracing des cas contacts, développées peu après.
Les solutions de tracking des personnes confinées utilisées en Asie
- Des solutions développées pour faire respecter des mesures drastiques
La Chine, la Corée du Sud et Hong Kong ont compté parmi les premiers pays ou régions touchés par le Covid-19 et à adopter des mesures d’isolement des personnes infectées et de confinement de la population. Les gouvernements chinois et sud-coréens ont alors élaboré des dispositifs numériques - en particulier des applications - qui visaient à s’assurer que les individus respectaient bien la quarantaine ou le confinement qui leur était imposé.
Ces dispositifs sont considérés comme particulièrement intrusifs en particulier par la presse occidentale, notamment dans la mesure où leur téléchargement et leur utilisation est obligatoire, où la déconnexion de ces applications peut conduire à des sanctions et où les données personnelles peuvent être partagées avec des entités étatiques de façon non transparente - certaines ne sont pas disponibles en open source (libre accès).
Les solutions de contrôle du confinement utilisées en Asie
Les solutions de contrôle du confinement utilisées en Asie
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Les solutions mobiles de contrôle du confinement utilisées en Asie |
Les solutions mobiles de contrôle du confinement utilisées en Asie |
Drapeau |
Drapeau |
Solution |
Solution |
Commanditaire ou développeur |
Commanditaire ou d\1veloppeur |
Fonctionnalités |
Fonctionnalit\1s |
Vie privée |
Vie priv\1e |
Acceptation par la population |
Acceptation par la population |
Canaux de diffusion |
Canaux de diffusion |
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Chine |
1 |
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9217 |
Application « Alipay Health Code » |
Application « Alipay Health Code » |
Commandée par le gouvernement chinois au géant Alibaba |
Commandée par le gouvernement chinois au géant Alibaba |
Chaque matin l’application fournit aux utilisateurs un QR Code d’une couleur fonction du risque sanitaire estimée pour chaque citoyen : vert (circulation libre), jaune (confinement au domicile de sept jours est imposé) ou rouge (aucun déplacement autorisé pendant deux semaines). |
Chaque matin l’application fournit aux utilisateurs un QR Code d'une couleur fonction du risque sanitaire estimée pour chaque citoyen : vert (circulation libre), jaune (confinement au domicile de sept jours est imposé) ou rouge (aucun déplacement autorisé pendant deux semaines). |
La police accède aux données de géolocalisation de tous les utilisateurs. Les critères retenus afin de déterminer la couleur affichée ne sont pas publics (croisement des données collectées par Alibaba, historique de géolocalisation, etc…). |
La police accède aux données de géolocalisation de tous les utilisateurs.
Les critères retenus afin de déterminer la couleur affichée ne sont pas publics (croisement des données collectées par Alibaba, historique de géolocalisation, etc…). |
Cette application est obligatoire pour se déplacer : les citoyens doivent présenter leur QR Code aux postes de contrôle. |
Cette application est obligatoire pour se déplacer : les citoyens doivent présenter leur QR Code aux postes de contrôle. |
N/A |
N/A |
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Corée du Sud |
2 |
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9218 |
Application « Self-quarantine safety protection » |
Application « Self-quarantine safety protection » |
Développée par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité de Corée du Sud |
Développée par le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité de Corée du Sud |
Surveille la localisation de l’utilisateur mis en quarantaine. Propose un canal direct permettant de contacter les autorités sanitaires. |
Surveille la localisation de l'utilisateur mis en quarantaine.
Propose un canal direct permettant de contacter les autorités sanitaires. |
Accès aux données de localisation avec accord des utilisateurs |
Accès aux données de localisation avec accord des utilisateurs |
Les utilisateurs téléchargent l’application sur la base du volontariat. |
Les utilisateurs téléchargent l’application sur la base du volontariat. |
Publicités, télévision |
Publicités, télévision |
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Hong Kong |
3 |
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9219 |
Application « Stay Home Safe » bracelet électronique de contrôle du respect de la quarantaine |
Application « Stay Home Safe » bracelet électronique de contrôle du respect de la quarantaine |
Développés par le ministère de la Santé de Hong Kong |
Développés par le ministère de la Santé de Hong Kong |
Les nouveaux arrivants sur le territoire remplissent un questionnaire et sont examinés. Ils sont placés en quarantaine stricte à domicile, suivis avec l’application « Stay Home Safe » et avec le port du bracelet de géolocalisation obligatoire. |
Les nouveaux arrivants sur le territoire remplissent un questionnaire et sont examinés. Ils sont placés en quarantaine stricte à domicile, suivis avec l’application « Stay Home Safe » et avec le port du bracelet de géolocalisation obligatoire. |
Une alerte automatique est envoyée au Department of Health et à la police si le bracelet est cassé, le smartphone déconnecté, ou si la personne quitte l’espace autorisé. |
Une alerte automatique est envoyée au Department of Health et à la police si le bracelet est cassé, le smartphone déconnecté, ou si la personne quitte l’espace autorisé. |
Obligatoire pour toutes les personnes arrivant sur le territoire |
Obligatoire pour toutes les personnes arrivant sur le territoire |
N/A |
N/A |
- Des applications développées dans le cadre de stratégies plus globales
Les solutions numériques de tracking des individus ont été utilisées dans le cadre de la mise en œuvre de stratégies plus globales, élaborées d’autant plus rapidement que l’Extrême-Orient avait déjà été frappé par l’émergence du SARS-CoV-1 au début des années 2000.
Les solutions de contrôle du confinement développées en Occident
- Des outils numériques pour contrôler les personnes pendant le confinement
Dans les pays occidentaux, les outils numériques de contrôle des confinements et des mises en quarantaine semblent plus critiqués qu’en Asie. Les solutions les mieux acceptées sont cependant celles dont les fonctionnalités de contrôle du confinement sont accompagnées d’autres fonctionnalités (contacter un médecin, suivre ses symptômes, etc.).
En Europe, ces applications doivent par ailleurs respecter le RGPDRGPD : les gouvernements qui ont développé des solutions ne respectant pas la vie privée de leurs citoyens s’exposent à de vives critiques de la part de la communauté internationale. C’est par exemple le cas de la Pologne.
Par ailleurs, la plupart de ces solutions visent moins, du moins dans les démocraties occidentales, à contrôler les individus qu’à estimer l’impact des mesures de distanciation sociale adoptées.
- D’autres mesures non numériques visant à limiter les mouvements de population
Partout dans le monde et en particulier dans les pays occidentaux, des outils non numériques ont également été déployés afin de contrôler le niveau de respect des mesures de distanciation sociale par les individus et de limiter les déplacements et les mouvements de population.
En France, une attestation dérogatoire mentionnant le motif et l’heure de sortie des personnes pendant le confinement devait par exemple être présentée aux forces de l’ordre lors de contrôles aléatoires.
Ailleurs dans le monde, des solutions de gestion de couvre-feu
Dans des régions telles que le Moyen-Orient ou l’Afrique, certains gouvernements ont instauré un couvre-feu. Des applications de gestion du couvre-feu et de contrôle du respect de ce genre de mesures par la population ont alors été développées. C’est par exemple le cas en Arabie Saoudite.
Quid d’une interopérabilité entre les solutions ?
Finalement, alors que le SARS-CoV-2 continue de se propager dans le monde, les solutions de tracking ou de tracing des individus font toujours l’objet de débats éthiques : elles suscitent des réflexions concernant un juste équilibre à trouver entre protection de la santé publique et respect des libertés et de la vie privée de chacun. D’autres questions, soulevées par ces dispositifs et en particulier par les applications de tracing des personnes, sont soulevés par certains experts. Parmi elles figure par exemple la question de l’interopérabilité de ces solutions.
En effet, la diffusion du SARS-CoV-2 a généré une pandémie qui touche la plupart des pays du monde. Dans ce contexte, des applications interopérables, disponibles partout dans le monde, auraient pu être développées de façon à faciliter la communication des informations sanitaires entre les États et à favoriser une réponse coordonnées à l’épidémie. Or, une seule application de ce type a été développée en Europe, où divers dispositifs gouvernementaux continuent de lui faire concurrence. Il est à cependant à souligner qu’une interopérabilité entre ce genre de solutions est complexe, et encore plus en dehors de l’Union européenne, notamment en raison des différences existantes entre les pays en matière de législation.