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Covid-19 / Grand Est : le président de la Région Jean Rottner prône une régionalisation des données

Paris - Publié le jeudi 9 juillet 2020 à 15 h 14 - n° 11263 Permettre une régionalisation de données de santé, afin d'éviter qu’elles soient multiples (sur des périmètres différents) et que les professionnels de santé soient contraints de réaliser des remontées, avec un retour seulement dans les 3 ou 4 jours : c’est l’une des propositions portées par Jean RottnerJean RottnerJean Rottner, président de la région Grand Est (LR), auditionné en téléconférence le 8 juillet 2020 par la commission d’enquête du SénatSénat pour l’évaluation des politiques publiques face aux grandes pandémies, à la lumière de la crise sanitaire de Covid‑19.

Il cite en exemple le programme eMeuse, qui a permis de pratiquer la télémédecine « avec beaucoup de succès » au sein du territoire. Ce programme propose, au lieu de considérer les données dans une organisation nationale, de « bâtir une collecte et une analyse au niveau régional ou départemental en fonction des sujets », explique Jean Rottner, médecin urgentiste, pour qui la décentralisation ne doit pas simplement être celle des compétences de l’État. « Il faut que les territoires se sentent responsables, insiste-t-il. Il doit y avoir une notion de confiance liée aux données, où chacun puisse pousser les informations en fonction des besoins des professionnels. »

Gestion des données et région : « Je vous en prie, aidez-nous »


Le président de la Région Grand Est souligne également que, grâce à l’intelligence artificielle et à l’exploitation de diverses bases de données, l'IHU de StrasbourgInstitut Hospitalo-Universitaire de StrasbourgInstitut Hospitalo-Universitaire de Strasbourg a désormais la capacité de détecter des réactivations possibles d’une épidémie. « Cela fait des jours, des semaines, que nous bataillons, et ce malgré l’anonymisation des données et malgré les plateformes communes que nous partageons, pour savoir qui peut nous donner l’autorisation de mettre à la disposition de notre territoire - et du pays s’il le souhaite - un outil qui serait innovant, relève-t-il. Le sujet des données est très compliqué. Il y a des batailles, des jeux d’acteurs… Si les parlementaires que vous êtes peuvent nous aider sur les territoires, pour réaliser des expérimentations en matière de données et de projets liés à cette meilleure connaissance du suivi épidémiologique, je vous en prie aidez-nous. »

Jean Rottner reconnaît par ailleurs l’apport important de la télémédecine dans le contexte de l'épidémie et espère qu’il n’y aura pas de retour en arrière concernant les mesures prises sur le remboursement des actes de téléconsultation.

Des tensions avec l’État évoquées


De manière générale, le président du Grand Est est revenu sur la gestion de la crise au sein de son territoire, rappelant la chronologie des faits - de l’apparition du virus à la prise de conscience de l’existence d’une véritable pandémie - et soulignant quelques tensions avec l’État, en particulier au sujet de la livraison des masques. Interrogé au sujet de la relation entre établissements publics et privés, il assure avoir été témoin d'une véritable entraide entre les deux secteurs, du moins dans sa zone (Mulhouse), certains sénateurs indiquant que des tensions leur avaient été remontées de façon globale au sein de la Région.

De l’audition ressort également le besoin de faire émerger un « pilote unique » dans la gestion de crise. Jean Rottner a été en lien avec de multiples acteurs dans le contexte de la pandémie. Il se dit notamment surpris que l’essentiel de la crise ait été géré par le ministère des Solidarités et de la SantéMinistère des Solidarités et de la SantéMinistère des Solidarités et de la Santé. Le préfet de zone de Défense, par exemple, aurait été selon lui un référent principal plus adapté.
Jean Rottner a été auditionné par la commission d'enquête du Sénat le 8 juillet 2020. - © D.R.
Jean Rottner a été auditionné par la commission d'enquête du Sénat le 8 juillet 2020. - © D.R.

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Chronologie de l'épidémie dans la région Grand Est :

  • fin février 2020 : 2 clusters familiaux sont signalés à Mulhouse. La Région se tourne vers le Préfet fin février-début mars ;
  • début mars (premiers jours) : admission du premier patient en réanimation au centre hospitalier de Mulhouse. Un médecin fait pour la première fois le rapport entre le rassemblement signalé, qui n’est pas un cluster mais un véritable foyer épidémique. Jean Rottner parle de « rouleau compresseur épidémique » ;
  • « La directrice de l’hôpital m’informe de manière répétée de la situation, rapporte le président de la Région. Je décide d’aller moi-même sur place le 4 mars. On n’est plus à quelques cas. Il y a des appels toute la soirée (…) : environ 2 000 appels par jour au Samu centre 15 [contre] 600-700 dans les jours les plus forts » ;
  • 4 mars : ouverture de la première unité « Covid-19 » à Mulhouse ;
  • 5 mars : des premiers cas sont décelés partout en France ;
  • 7 mars : la Région passe en stade 2 renforcé. Le premier Plan blanc est lancé ;
  • « Les premiers signes d’inquiétudes de nos amis transfrontaliers » se font sentir, note Jean Rottner. La Région est en contact rapproché avec 3 présidents de lands allemands. 12 mars : mise en place d’une cellule transfrontalières avec l’ARS puis les départements. « Cela a plutôt bien fonctionné », souligne le président du Grand Est ;
  • 19-20 mars : l’Allemagne permet à la France de disposer de lits de réanimation. Il y a une importante augmentation des cas.

« Nous sommes nous-mêmes assez stupéfaits, se souvient Jean Rottner. En 24 heures, il y a eu une terrible explosion des cas. Le dimanche des élections, on se dit que quelque chose de terrible est en train de se passer. C’est là qu’apparaissent des défauts d’organisation. La Ville, et notamment les infirmières libérales, veulent bien venir en première ligne mais elles indiquent qu’elles ne sont pas équipées. Il y a des problèmes de stocks et on ne sait pas quand les équipements viendront. D’expérience, je sais qu’il faut que le back office soit particulièrement performant pour que ceux qui sont à l’avant soient efficaces. (…) Cette crise laissera des stigmates, des cicatrices du côté des soignants. »

Mulhouse : une « vraie entraide » entres les établissements publics et privés

« La proximité entre l’hôpital public et privé a été réelle dans notre région », souligne Jean Rottner.

Une affirmation qui a étonnée plusieurs sénateurs, indiquant avoir été informés de tensions entre les deux secteurs au sein de la région Grand Est. « Je n’ai pas une vue à 360° sur le sujet, reconnaît le président de la Région. Le témoignage qu’est le mien est celui de mon territoire (Mulhouse), où le lien entre le public et le privé s’est bien organisé. Ce n'était pas évident mais sous la pression et [au nom de] la vocation médicale, cela s’est fait. Ça n’a peut-être pas été le cas sur d’autres territoires ». Il invite sur ce point à se tourner vers l'agence régionale de santéAgence Régionale de Santé Grand Est (ARS), qui « pourrait répondre sur la réalité des chiffres ».

L’entraide entre la Région et l’Allemagne également soulignée

Jean Rottner évoque à plusieurs reprises l’entraide mise en place entre la Région et les lands allemands frontaliers. Il précise avoir été en « contact quasi quotidien » avec Amélie de Montchalin, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, et Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, qui ont travaillé avec le Gouvernement d’Angela Merkel.

« Cela n’a pas été simple, admet le président de la Région. Quand un président de land déclare que chaque Français repoussé sauve un Allemand, ça passe mal. Mais on a essayé de faire ce que l’on pouvait, avec nos connexions inter-personnelles, qui ont aidé. »

« Je veux que Paris regarde ces contacts inter-transfrontaliers avec amour, insiste Jean Rottner. Je ne trouve pas cela normal qu’on ne puisse pas aller en Allemagne quand on est malade dans un espace commun [comme celui de l’Union européenne]. Une des leçons à tirer de la crise c’est bien celle-là : se faire soigner de part et d’autres de la frontière. Et ce dans les deux sens. Les Allemands aussi ont un intérêt à aller en France pour certains soins. »

Jean Rottner évoque des tensions entre la Région et l’État

Le président du Grand Est a par ailleurs fait part de quelques tensions avec l’État, en particulier concernant la livraison des masques (la Région et l’État avait le même importateur) et leur répartition entre l'échelle nationale et le Grand Est. Il regrette un manque de transparence, « des détails qui compliquent les relations entre les uns et les autres ».

Il se veut néanmoins reconnaissant vis-à-vis du soutien reçu par le chef de l’État et le président du Sénat, notamment, citant entre autres le support reçu par l’Armée avec l’opération Morphée, qui a permis de transférer des patients vers Marseille, en Aquitaine et en Bretagne.

« Il faut que l’État ait confiance dans les territoires »

« Vive la décentralisation, vive la confiance, vive la possibilité d’expérimenter, conclut Jean Rottner. Il faut que l’État ait confiance dans les territoires. C’est toujours compliqué, ce d’autant plus qu’il y avait un débat scientifique et idéologique sur qui fait quoi. Tout cela, ça fait beaucoup de lourdeur. On a attendu pendant des semaines et des semaines la validation de tests virologiques mais on n’avait pas le droit de publier. [Ce genre d’organisation,] ce n’est plus possible. Ce n’est pas [la manière de faire d']un pays moderne, (…) d’un pays agile. La colère elle est là. On passe à côté de quelque chose. »

Jean Rottner
Fiche n° 4439, créée le 09/07/20 à 15:55 - MàJ le 26/10/20 à 13:52

Jean Rottner



Parcours Depuis Jusqu'à
Conseil Régional du Grand Est
Président Octobre 2017 Aujourd'hui
Octobre 2017 Aujourd'hui
Conseil régional du Grand Est chargé de la Compétitivité des territoires et du Numérique
Vice-président Janvier 2016 à Octobre 2017
Janvier 2016 Octobre 2017
Mairie de Mulhouse
Maire Mai 2010 à Octobre 2017
Mai 2010 Octobre 2017
Mairie de Mulhouse
Premier adjoint au maire 2008 à Mai 2010
2008 Mai 2010
Hôpital Emile Muller de Mulhouse
Directeur du SMUR-SAMU 2007 à 2009
2007 2009
Hôpital Emile Muller Mulhouse
Urgentiste 1995 à 2007
1995 2007

Elu maire de Mulhouse avec une liste UMP-UDI-Modem


Fin
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