Début

Covid-19 / Étude : quand l’IA prédit la sévérité du virus avec un scanner thoracique 3D (France)

Paris - Publié le mercredi 1 juillet 2020 à 15 h 04 - n° 11218 Les premiers résultats de l'étude ScanCovIA suggèrent qu’il serait possible de prédire la sévérité de l’infection au Covid-19 grâce à l’intelligence artificielle (IA). En croisant des données cliniques, biologiques et radiologiques, des chercheurs français de l'Institut Gustave RoussyInstitut Gustave RoussyInstitut Gustave Roussy, de l’hôpital Bicêtre (AP-HPAssistance Publique - Hôpitaux de Paris), de l'InriaInriaInria et la start-up OwkinOwkinOwkin, ont en effet développé une IA qui s’est révélée capable de prédire le risque de développer des complications. Ces résultats*, qui ne sont pour l’instant que préliminaires, sont accessibles sur la plateforme de prépublications MedRxiv.
Scanner thoracique. - © D.R.
Scanner thoracique. - © D.R.

Un consortium français pour repérer les cas graves de Covid-19

Avec 15 % de cas graves parmi les patients hospitalisés, la pandémie de SARS-COV-2 a mis une importante pression sur les unités de soins intensifs. Être capable d’identifier les premiers signes prédicteurs de gravité de maladie, et n’hospitaliser que les patients les plus à risques, fait partie des priorités de santé publique soulevées par cette crise sanitaire.

L'étude ScanCovIA a été lancée en mars 2020 auprès de 1 003 patients infectés par le coronavirus

L’Institut Gustave Roussy, l’hôpital Bicêtre (AP-HP), la start-up Owkin et l’Inria ont allié leurs expertises et lancé en mars 2020 l'étude ScanCovIA. Concrètement, ils ont recueilli des données cliniques et biologiques ainsi que des images de tomodensitométrie et des rapports de radiologie auprès de 1 003 patients infectés par le coronavirus dans deux hôpitaux français (Kremlin-Bicêtre et Gustave Roussy).

Le scanner thoracique 3D, un outil-clé pour évaluer l’ampleur et la nature des lésions au niveau du thorax

L’outil-clé de cette étude était le scanner thoracique 3D, utilisé pour évaluer l’ampleur et la nature des lésions au niveau du thorax et diagnostiquer des atteintes pulmonaires. 

Des études antérieures ont mis en évidence que les facteurs de risque d'évolution grave étaient l'âge, les comorbidités et des variables biologiques mesurées dans les 2 jours suivant l’admission du patient à l’hôpital. Cependant, les données informatisées issues des scanners thoraciques sont également des sources d’informations pertinentes car elles permettent de mesurer l'étendue de l’inflammation pulmonaire. Les chercheurs français ont donc voulu évaluer dans quelle mesure l’analyse visuelle ou grâce à l’IA des scanners thoraciques à l’admission des patients permettait d’affiner le pronostic d'évolution de la maladie, une fois que les données cliniques et biologiques ont été prises en compte.

11 critères biologiques et cliniques, 3 critères radiologiques

  • À partir de ces seules data cliniques et biologiques, les chercheurs français ont tout d’abord identifié 11 variables associées de manière significative à la gravité de la maladie (l'âge, l’hypertension, les maladies rénales chroniques, la fréquence respiratoire, la saturation en oxygène, la pression diastolique…).
  • Ils ont ensuite évalué la valeur prédictive de 3 critères radiologiques.

C’est la combinaison de l’ensemble de ces critères et la formation d’un réseau neuronal profond qui ont permis de prédire la sévérité de l’infection au coronavirus d’un patient dès le diagnostic.

Une analyse précise et rapide grâce à l’IA 

Après deux mois d’étude, les premiers résultats de ScanCovIA ont démontré la pertinence de l’analyse multimodale des données des patients. En combinant onze paramètres cliniques et trois critères radiologiques, l’intelligence artificielle développée semble capable de prédire de manière précise l’évolution d’un patient atteint de Covid-19, s’il risque de développer des complications, d’avoir besoin d’une assistance respiratoire, etc. Elle permettrait ainsi de répondre aux questions essentielles d’une prise en charge urgente et d’anticiper les besoins. Les marqueurs de gravité seraient présents dans les scanners de routine effectués à l’admission, et ceux-ci pourraient par conséquent être identifiés et quantifiés par une notation basée sur l’IA, fournissant des éléments utiles et interprétables pour le pronostic.

« Grâce à l’intelligence artificielle, on peut essayer de quantifier l’atteinte pulmonaire »

« Grâce à l’intelligence artificielle, on peut essayer de quantifier l’atteinte pulmonaire. En cinq minutes, le scanner est capable de nous donner un résultat. Dans ce cas, l’[IA] est utile et fait gagner un temps précieux pour analyser les données », explique le Pr Nathalie Lassau, radiologue à Gustave Roussy, directrice adjointe de l’unité Biomaps et co-auteur de l'étude.

Il faut noter que ces résultats sont pour le moment préliminaires et n’ont pas encore été publiés dans une revue avec comité de lecture.

 Institut Gustave Roussy

Fiche n° 1161, créée le 06/01/17 à 14:22

Institut Gustave Roussy

▪ Premier centre européen de lutte contre le cancer, Gustave Roussy est un centre de soins, de recherche et d’enseignement, qui prend en charge des patients atteints de tout type de cancer.
▪ Fondé sous l’impulsion du Pr Gustave Roussy, père des concepts de « discipline transversale » & de « prise en charge multidisciplinaire », l’Institut développe depuis 70 ans une approche de la cancérologie selon des valeurs d’innovation, énergie, partage & bienveillance, autour de trois missions piliers : le soin, la recherche et l’enseignement.
▪ Centre de Lutte contre le cancer (CLCC), Gustave Roussy est affilié à la fédération Unicancer.


  • Catégorie : Autre


Inria

Fiche n° 765, créée le 07/07/16 à 01:57

Inria

L'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria)
• Création : 3 janvier 1967 dans le cadre du Plan Calcul, il a le statut d'établissement public à caractère scientifique et technologique.
• Objectif : mettre en réseau les compétences et talents de l’ensemble du dispositif de recherche français et international, dans ses domaines de compétence.


  • Catégorie : Acteurs publics


Owkin

Fiche n° 1844, créée le 19/06/17 à 03:36 - MàJ le 13/07/20 à 14:52

Owkin

° Logiciel utilisant l’IA pour découvrir de nouveaux traitements ou optimiser les parcours de soins
° Création : en 2016
° Direction : Thomas Clozel, co-fondateur et P.-D.G.


  • Catégorie : Start up/Pôles/Incubateurs
  • Budget/CA : de 300K à 2M euro
  • Effectif : Moins de 10


Assistance Publique – Hôpitaux de Paris

Fiche n° 98, créée le 11/04/16 à 12:21 - MàJ le 05/10/16 à 15:10

Assistance Publique – Hôpitaux de Paris

■ Etablissement public de santé qui exerce le rôle de centre hospitalier régional pour Paris et l'île de France
■ Regroupe 39 hôpitaux accueillant en moyenne chaque année 8 millions de malades.
■ Premier employeur d’Ile-de-France : 100 000 personnes - médecins, chercheurs, paramédicaux, personnels administratifs et ouvriers - y travaillent.
■ Budget annuel : 7,5 milliards d’euros
■ Dirigé par Martin Hirsch


  • Catégorie : Professionnels de santé
  • Budget/CA : + de 150M euro
  • Effectif : Plus de 2000
  • Zone(s) d'activité : France



Assistance Publique – Hôpitaux de Paris
3 Avenue Victoria
75004 Paris - FRANCE
vCard meCard .vcf VCARD

* AI-based multi-modal integration of clinical characteristics, lab tests and chest CTs improves COVID-19 outcome prediction of hospitalized patients

Nathalie Lassau, Samy Ammari, Emilie Chouzenoux, Hugo Gortais, Paul Herent, Matthieu Devilder, Samer Soliman, Olivier Meyrignac, Marie-Pauline Talabard, Jean Philippe Lamarque, Remy Dubois, Nicolas Loiseau, Paul Trichelair, Etienne Bendjebbar, Gabriel Garcia, Corinne Balleyguier, Mansouria Merad, Annabelle Stoclin, Simon Jegou, Franck Griscelli, Nicolas Tetelboum, Yingping Li, Sagar Verma, Matthieu Terris, Tasnim Dardouri, Kavya Gupta, Ana Neacsu, Frank Chemouni, Meriem Sefta, Paul Jehanno, Imad Bousaid, Yannick Boursin, Emmanuel Planchet, Mikael Azoulay, Jocelyn Dachary, Fabien Brulport, Adrian Gonzalez, Olivier Dehaene, Jean-Baptiste Schiratti, Kathryn Schutte, Jean-Christophe Pesquet, Hugues Talbot, Elodie Pronier, Gilles Wainrib, Thomas Clozel, Fabrice Barlesi, Marie-France Bellin, Michael G. B. Blum

doi : https://doi.org/10.1101/2020.05.14.20101972

Fin
loader mask
1