StopCovid : 1,8 M d’activations, 460 000 désinstallations, des dépenses entre 160K et 200K € / mois
Paris - Publié le mardi 23 juin 2020 à 15 h 01 - n° 11177 Environ 1,9 million de téléchargements, 1 816 048 activations, 23 953 désactivations et 460 000 désinstallations : il s’agit des chiffres dévoilés par le secrétaire d’État chargé du Numérique Cédric OCédric OCédric O au sujet de l'application StopCovid, dans le cadre d’une conférence de presse qui s’est tenue le 23 juin 2020 à BercyMinistère de l'économie et des financesMinistère de l'économie et des finances. Les donnés sanitaires issues de l’outil (arrêtées au 22 juin 2020 à 15 heures) sont les suivantes :• 68 déclarations de tests positifs recensées via l’application ;
• les personnes s'étant déclarées positives dans l’application ont été à proximité de 205 autres utilisateurs ;
• 14 notifications de contact à risque ont été envoyées.
Bruno SportisseBruno SportisseBruno Sportisse, P.-D.G. de l'InriaInriaInria (qui coordonne le projet StopCovid), a annoncé que le Captcha souverain développé par OrangeOrangeOrange sera disponible d’ici le 25 juin 2020 (pour rappel, il s’agissait jusqu’ici d’un Captcha GoogleGoogleGoogle).
L’estimation majorée des dépenses dévoilée
Cédric O a par ailleurs dévoilé les chiffres concernant le coût de l’application, objet de débats. Les dépenses sont ainsi estimées entre 160 000 et 200 000 euros par mois : il s’agit d’une « estimation majorée », précise le secrétaire d’État, prévue pour « prévoir les cas les plus dépensiers ». Cela comprend :
• les coûts d’hébergement et de maintenance-développements (entre 80 000 et 120 000 € par mois) ;
• les dépenses complémentaires optionnelles, soit l’appui au support utilisateur (50 000 € par mois) et les dépenses liées au déploiement (30 000 € par mois).
Cédric O rappelle à ce sujet que les partenaires industriels ont travaillé gratuitement du 8 avril jusqu’au 2 juin. À partir du 2 juin est alors entré en vigueur un accord-cadre conclu entre la DGSDirection générale de la santéDirection générale de la santé et l’Inria afin de rémunérer les partenaires privés, qui sont à ce jour Outscale (Dassault SystèmesDassault SystèmesDassault Systèmes), CapgeminiCapgeminiCapgemini et la PME Lunabee. « Ces entreprises ont des engagements différents, souligne-t-il. Nous paierons à partir des jours qui viennent la société Outscale et Lunabee pour leurs engagements. Capgemini a décidé de travailler pro bono jusqu'à la fin du mois d’août. Nous organiserons un appel d’offres fin août pour décider de la poursuite des missions assurées par Capgemini. »
Le secrétaire d’État note à titre de comparaison que l'équivalent allemand de StopCovid aurait coûté environ 20 millions d’euros et l'équivalent britannique 3,8 millions de livres sterling (environ 4,2 M €), insistant sur le fait que la France est le seul pays à avoir réalisé un développement public d’une telle application.
Les prochaines étapes de déploiement de l’application sont :
• d’améliorer la réponse sanitaire autour de StopCovid : les intervenants de la conférence de presse (Cédric O et représentants de l'équipe projet) ont tous rappelé que l’application était un « outil complémentaire » aux gestes barrières et insisté sur le fait qu’il permettait d’identifier des cas contacts impossibles à repérer d’une autre manière. Conscients qu’il est nécessaire d’augmenter le nombre d’utilisateurs de la solution, ils insistent sur son efficacité et sur le respect du droit à la vie privée (impossibilité pour les autorités de ré-identifier un utilisateur). Des enquêtes sur le terrain sont prévues (sondages notamment) pour tenter de mieux comprendre où sont situés en France ces utilisateurs (Sont-ils davantage en ville ? L’outil est-il utilisé dans les clusters ? Etc.) et comment est utilisée l’application dans les faits, afin de savoir notamment quels sont les motifs de désinstallation ;
• d’agir spécifiquement sur les clusters et les zones oranges et rouges : une action a été lancée en Guyane il y a quelques jours pour proposer de nouvelles fonctionnalités et renforcer la communication autour de l’application ;
• de travailler à l’interopérabilité européenne : les applications déployées dans les pays européens ne sont pas interopérables à l’heure actuelle. Le protocole Robert (utilisé dans le cadre de StopCovid) fait partie des candidats potentiels.
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Étapes du projet StopCovid :
Évolution continue du nombre d’activations mais augmentation ces derniers jours des désinstallations :
Cédric O s’est attardé sur l'évolution des désinstallations, qui « a tendance a significativement augmenté ces deniers jours » (plusieurs dizaine de milliers de désinstallations par jour). Il indique ne pas connaître les raisons de ce comportement, estimant que celui-ci pourrait lié à la baisse générale de l’inquiétude concernant le virus d’où l’estimation d’une utilité moindre de l’application par la population.
Estimation des dépenses :
Les évolutions prévues de l’application :
Le Captcha souverain sera disponible d’ici le 25 juin 2020 :
Focus sur les éléments de sécurisation de l’application :
Guillaume PourpardGuillaume Poupard, directeur général de l'AnssiAgence nationale de la sécurité des systèmes d’information, est revenu en détail sur les éléments de sécurisation de l’application, insistant sur le fait que l’agence a été impliquée sur le projet avec d’autres organismes, comme la Cnil Commission Nationale de l'Informatique et des Libertésou le CNNumConseil national du numérique.
Il salue le travail « remarquable » qui a été réalisé sur l’aspect sécuritaire dans le cadre du projet. Cédric O insiste de son côté sur le fait que les autorités ne peuvent pas savoir qui sont les personnes qui se sont déclarées positives au Covid-19 par le biais de l’application (ré-identification impossible).
