Covid-19/maladies chroniques : une campagne pour encourager à reconsulter, sur place ou à distance
Paris - Publié le vendredi 12 juin 2020 à 14 h 44 - n° 11119 « Maintenant, prenez soin de vous, prenez rendez-vous, en consultation ou en téléconsultation » : c’est le message diffusé dans le cadre de la campagne d’information #revoirsonmédecin, lancée le 11 juin 2020 à destination du grand public et plus particulièrement des personnes atteintes d’une maladie chronique. L’initiative est portée par un groupe d’organisations du secteur de la santé composé de l'Alliance du cœurAlliance du coeurAlliance du coeur, de la Fédération française des diabétiquesFédération française des diabétiquesFédération française des diabétiques (FFD), du Collectif national des patients atteints d’obésitéCollision Nationale des associations d’obèses (CNAO), de la Fondation pour la recherche et la lutte contre l’HTAHTAHypertension Artérielle (FRHTA) et de la Société française de santé digitaleSociété française de santé digitale (ex SFTéléméd)Société française de santé digitale (ex SFTéléméd) (SFSD).Une action entreprise par ces différents acteurs face à un constat jugé inquiétant : la crise a entraîné une rupture dans la continuité des soins, un fait d’autant plus préoccupant en ce qui concerne les patients touchés par une maladie chronique. Lors de la conférence de presse présentant cette campagne, les résultats d’un sondage réalisé par l’Institut B3TSIB3TSIB3TSI pour la FFD et ses 4 partenaires ont été dévoilés : depuis la fin du confinement, 4 personnes touchées par une maladie chronique sur 10 ne sont pas retournées voir leur médecin généraliste, spécialiste ou n’ont pas repris leurs soins courants.
« Cette campagne d’information nous est apparue absolument indispensable au vu des chiffres alarmants sur l’interruption de certaines chaînes de soins, que ce soit par le report d’actes prévus, chirurgicaux ou diagnostics, d’actes de suivis et d’acte de dépistage, déjà dévoilés par des nombreux sondages, enquêtes et constats : multiplications par deux des morts subites à domicile, 30 000 cas de cancers non découverts… », explique dans un email envoyé à H&TI Jean-François ThébautJean-Francois ThebautJean-Francois Thebaut, le vice-président de la Fédération française des diabétiques.
La téléconsultation mise en avant
La campagne #revoirsonmédecin met en avant le recours à la téléconsultation, en plein essor depuis le début de la crise. Selon l’enquête menée par l’Institut B3TSI, 24 % des Français atteints de maladies chroniques ont consulté leur médecin généraliste pendant le confinement et 28 % ont consulté leur spécialiste en téléconsultation au cours de cette même période (les citoyens et les jeunes ont été les plus nombreux à téléconsulter). « Un résultat qui montre la confiance qui s’est installée vis-à-vis de la téléconsultation et la nécessité de poursuivre ce mode de consultation », soulignent les organisations à l’origine de la campagne (communiqué).
Une page Facebook dédiée à la campagne
Une page Facebook dédiée à la campagne
Une page Facebook, accessible via ce lien, est consacrée à la campagne #revoirsonmédecin. Elle permet de s’informer sur la campagne, de découvrir les principaux éléments du sondage réalisé par l’Institut B3TSI et de télécharger les outils dédiés (bannières, filtres, affiches…) afin de diffuser le message auprès de sa communauté.
Par ailleurs, des filtres Facebook (« Revoir son médecin ») ont été mis en place pour permettre à qui le souhaite de s’engager pleinement auprès des 15 à 20 millions de personnes touchées par une maladie chronique.
La télémédecine, un outil « indispensable pour ne pas retarder l’accès aux soins »
Plus précisément, à la question « Depuis la fin du confinement, avez-vous consulté un médecin généraliste ou pris rendez-vous pour des soins courants ? », 41 % des sondés ont répondu « non » et n’ont pas encore consulté. Parmi eux, 29 % ont envisagé de le faire dans les 4 prochaines semaines mais 12 % des patients atteints d’une maladie chronique indiquent ne pas l’envisager encore.
« Nous redoutons l’explosion des complications liées aux maladies chroniques » (FFD)
Un constat inquiétant, souligne Jean-François Thébaut (FFD). « Nous redoutons l’explosion des complications liées aux maladies chroniques, aux maladies cardio-métaboliques, à l’hypertension, à l’obésité et même au retard pris pour le dépistage des cancers et qui vont d’un seul coup resurgir tous ensemble, détaille-t-il. Il s’agit d’une véritable bombe à retardement car la maladie chronique est sournoise et très insidieuse. »
« Aujourd’hui, les personnes atteintes de maladies cardiaques doivent absolument reprendre contact avec leur médecin traitant et/ou leur cardiologue d’abord par téléphone afin de juger du moyen le plus pertinent pour effectuer un bilan biologique, de refaire le point dans leur dépistage ou leur suivi et de décider d’un nouveau protocole réadapté que ce soit lors d’une téléconsultation ou d’une consultation en présentiel de façon à prévenir la survenue de complications », insiste Philippe Thébault, président de l’Alliance du cœur.
« Sans la véritable explosion de la télémédecine, les faits de ruptures de parcours de soins auraient été encore bien pires »
« Nous souhaitons valoriser la télémédecine car elle paraît tout à fait appropriée pour essayer d’adapter au mieux les contraintes sécuritaires indispensables aux emplois du temps surchargés des professionnels, ajoute Jean-François Thébaut (FFD) dans l’email envoyé à H&TI. Sans la véritable explosion de la télémédecine, les faits de ruptures de parcours de soins auraient été encore bien pires durant cette épidémie ». Il remercie à ce propos la CnamCaisse nationale d'assurance maladie et les services des ministères concernés d’avoir permis ces élargissements réglementaires.
« il faut capitaliser sur l’acquis et non pas revenir en arrière »
La télémédecine apparaît selon lui comme un outil « indispensable » pour « ne pas retarder l’accès aux soins quand ont fait le constat d’une diminution mécanique de de 10 à 40 % des capacités de travail suivant les métiers et les spécialités ». Désormais, « il faut capitaliser sur l’acquis et non pas revenir en arrière », insiste-t-il.
Consultation/téléconsultation et crise du Covid-19 : éléments clés de l’enquête :
Continuité des soins et confinement/déconfinement : un impact qui diffère selon les régions
- En Bourgogne-Franche-Comté : 60 % des personnes touchées par une maladie chronique ont connu un report ou une annulation de rendez-vous médicaux, de contrôle ou d’examen, d’opération ou de soins paramédicaux durant le confinement, contre 69 % sur l’ensemble de la France :
- c’est en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) que le nombre de reports de rendez-vous médicaux chez un spécialiste a été le plus important durant cette période : 51 %, contre 44 % sur l’ensemble de la France ;
- les régions Centre-Val de Loire et Hauts-de-France sont particulièrement touchées par les reports d’examens de cardiologie durant le confinement :
- Centre-Val de Loire : 32 % des personnes touchées par une maladie chronique confrontées à ces reports dans la première région ;
- Hauts-de-France : 38 % dans les Hauts-de-France, contre 19 % sur l’ensemble de la France.
- C’est par ailleurs en Île-de-France que la consultation avec un médecin spécialiste a été la plus courante durant le confinement : 10 % des personnes touchées par une maladie chronique en ont eu recours, contre 7 % sur l’ensemble de la France.
Une disparité régionale constatée aussi pour le recours à la téléconsultation
En ce qui concerne la période de déconfinement, depuis le 11 mai 2020, des différences existent également selon les régions :
- c’est en Auvergne-Rhône-Alpes que les personnes touchées par une maladie chronique ont le plus téléconsulté un médecin généraliste depuis le 11 mai : 8 %, contre 4 % pour l’ensemble de la France) ;
- c’est en Normandie que s’est pratiqué le moins d’examen de biologie, de radiologie, de cardiologie, etc. : 68 % des personnes touchées par une maladie chronique n’en ont fait aucun, contre 58 % pour l’ensemble de la France.
Les raisons du non-recours à la consultation et à la téléconsultation :
- depuis le déconfinement, la peur d’être contaminé est nettement plus faible en Bretagne (12 %) que sur l’ensemble de la France (28 %) ;
- pour les raisons ayant conduit ces mêmes personnes à ne pas téléconsulter depuis le 11 mai, le fait de ne pas savoir comment fonctionne la téléconsultation est plus faible dans les Pays-de-la-Loire (15 % de la population des personnes touchées par une maladie chronique, contre 22 % de ces personnes sur l’ensemble de la France) et plus important dans le Grand-Est (28 %).
- De manière générale,les raisons qui ont conduit et qui conduisent encore les personnes atteintes de maladies chroniques à ne pas consulter sont les suivantes :
- éviter la propagation du virus : raison citée par 35 % d’entre elles ;
- éviter la surcharge de travail de son médecin ou de son hôpital : raison citée par 36 % d’entre elles.
Les personnes touchées par une maladie ont plus mal vécu la période de crise
- Les personnes atteintes d’une maladie chronique en Occitanie ont plus mal vécu la période de crise sanitaire : 26 % d’entre-elles estiment être moins bien qu’avant, contre 20 % sur l’ensemble de la France.
À noter par ailleurs :
- c’est en Nouvelle-Aquitaine que se trouve le plus faible nombre de personnes touchées par une maladie chronique estimant que leur santé s’est dégradée depuis le début de l’épidémie : 20 %, contre 26 % sur l’ensemble de la France.
