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Covid-19 : le portail DP-Ruptures ouvert aux PUI pour gérer les ruptures de stock de médicaments

Paris - Publié le jeudi 11 juin 2020 à 17 h 00 - n° 11116 Depuis la fin du mois de mai 2020, le portail de déclaration et de suivi des ruptures de stock de médicaments DPDPDossier Pharmaceutique-Ruptures est ouvert à toutes les pharmacies à usage intérieur (PUI) des hôpitaux et aux agences régionales de santé (ARS), annonçait le 26 mai l’Ordre des pharmaciensOrdre des pharmaciensOrdre des pharmaciens par communiqué

Selon l’Ordre, cette évolution, qui viserait à faciliter la gestion des tensions d’approvisionnement de médicaments pendant la pandémie de Covid-19, marquerait une nouvelle étape du déploiement progressif de cet outil, créé en 2013.

Ce service complète en fait d’autres dispositifs permettant aux pharmaciens soit de déclarer des tensions d’approvisionnement, soit de prendre connaissance de l’existence de certaines ruptures de produits de santé. Certains, comme la liste numérique des ruptures de stock proposée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM)Agence Nationale de Sécurité du médicament et des produits de santéAgence Nationale de Sécurité du médicament et des produits de santé, concernent seulement les ruptures de médicaments et existent depuis plusieurs années. D’autres, souvent proposés par des entreprises, concernent plutôt des dispositifs médicaux et ont été développés pendant la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus afin d’informer les pharmaciens comme les patients de la disponibilité de produits abondamment utilisés dans ce contexte particulier.

La pandémie de Covid-19 s’accompagne en effet d’une augmentation du risque de ruptures de stock de produits de santé, explique le syndicat Les entreprises du médicament (LeemLeem)Leem.
© D.R.
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Qu’est-ce qu’une rupture d’approvisionnement ?

Qu’est-ce qu’une rupture d’approvisionnement ?

« On parle de rupture d’approvisionnement de médicament lorsqu’une pharmacie d’officine ou une pharmacie à usage intérieur (PUI) est dans l’incapacité de dispenser un médicament à un patient dans un délai de 72 heures », rappelle l’Ordre des pharmaciens.

Selon l’organisation professionnelle, ces ruptures d’approvisionnement, peuvent être dues :
• soit à des ruptures de stock (impossibilité à fabriquer ou à exploiter un médicament) ;
• soit à des ruptures dans la chaîne de distribution (non approvisionnement d’une officine ou d’une pharmacie à usage intérieur d’un hôpital).

Ces ruptures d’approvisionnement pouvant compromettre la bonne prise en charge ainsi que la guérison des patients, des outils notamment numériques censés aider les professionnels de la santé à gérer ces tensions sont développés.

Le portail DP-ruptures : des évolutions depuis mai 2020

Extension de l’accès aux pharmaciens d’hôpitaux et aux ARS

Selon l’Ordre des pharmaciens, le portail DP-Ruptures, qui permet aux pharmaciens officinaux et industriels, via le DPDPDossier Pharmaceutique, de déclarer des tensions d’approvisionnement de médicaments et de suivre l’évolution des ruptures de stock de ces produits de santé, aurait évolué au cours du mois de mai 2020.

En effet, les pharmaciens d’hôpital exerçant dans les pharmacies à usage intérieur (PUI) des établissements de santé pourraient désormais non seulement déclarer des tensions d’approvisionnement et suivre la réponse des laboratoires à ces déclarations, mais également  « accéder [à toutes les] informations mises à disposition par les laboratoires abonnés au DP » concernant des ruptures de stock de médicaments. « Jusqu’à présent, les 1 000 PUI abonnées au DP-Ruptures pouvaient obtenir des données sur les ruptures d’approvisionnement d’un médicament uniquement lorsqu’elles déclaraient une rupture. Elles ont désormais accès directement à un moteur de recherche pour aller consulter les informations mises à disposition par les laboratoires, et ce même si le pharmacien de PUI n’a pas effectué de déclaration sur le produit », précise l’Ordre des pharmaciens.  

Un accès au portail DP-Ruptures devrait également être ouvert aux agences régionales de santé (ARS). « [Ces] autorités de proximité [ont] également un grand besoin d’informations pour pouvoir piloter au mieux les situations locales », explique l’Ordre des pharmaciens.

Une nouvelle étape du déploiement progressif du portail DP-Ruptures

La pandémie de Covid-19 semble avoir contribué à accélérer le déploiement au-delà de la pharmacie d’officine du portail DP-Ruptures, développé au début des années 2010. Expérimenté « depuis mars 2013 », cet outil a en effet d’abord été généralisé dans les pharmacies d’officine, rappelle l’Ordre des pharmaciens sur son site internet. « En avril 2020, le service [avait été] déployé dans 15 342 officines », estime ainsi cette organisation professionnelle. Selon l’Ordre des pharmaciens, une évolution prochaine de ce portail pourrait concerner l’ouverture d’un accès au DP  à d’autres membres de la chaîne de distribution des médicaments tels que les grossistes-répartiteurs.

L’intérêt du portail DP-Ruptures  pour la gestion des tensions d’approvisionnement

« Le DP-Ruptures, qui ne peut agir sur les ruptures d’approvisionnement elles-mêmes, améliore la circulation de l’information entre les acteurs et en conséquence la gestion des ruptures d’approvisionnement », résume l’Ordre des pharmaciens. Concrètement, ce portail permet aux pharmaciens exerçant dans des officines ou dans des PUI de signaler des tensions d’approvisionnement de médicaments soit via leur logiciel métier (pour les officinaux), soit via une plateforme web (pour les hospitaliers) à l’industriel fabriquant les médicaments concernés et à l’ANSM. « En retour de leur déclaration, les déclarants ont accès aux informations prévues par les textes (décret n° 2012-1096 du 28 septembre 2012 relatif à l’approvisionnement en médicaments à usage humain) : date de retour prévue, médicaments alternatifs etc. », précise l’Ordre. Les pharmaciens peuvent signaler ces ruptures après qu’ils se sont trouvés dans l’incapacité de s’approvisionner pendant plus de 72 heures.

Les signalements des pharmaciens permettent ainsi de qualifier les tensions (de comprendre quels médicaments sont concernés), mais aussi de quantifier ces ruptures de stock (de déterminer le taux de rupture, de prévoir les durées moyennes de tension, etc.).

D’autres outils permettent de gérer les pénuries de produits de santé

Le portail DP-Ruptures n’est pas le seul outil numérique permettant aux pharmaciens de déclarer des tensions d’approvisionnements de produits de santé ou de s’informer concernant l’évolution de la disponibilité des spécialités médicamenteuses. En effet, l’ANSM tient un registre numérique des ruptures d’approvisionnements de médicaments. De mêmes, des entreprises proposent des services numériques d’information concernant la disponibilité de dispositifs médicaux dont certains ont été mis en place pendant la pandémie de Covid-19.

Contre les pénuries de médicaments : la liste de l’ANSM

« L’ANSM gère les ruptures ou les risques de ruptures de stock des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur pour lesquels il n’y a pas d’alternative thérapeutique disponible en quantité suffisante, en lien avec les laboratoires exploitants concernés », rappelle l’Ordre des pharmaciens. En effet, l’ANSM propose une liste des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur faisant l’objet de tensions d’approvisionnement : les fabricants et exploitants doivent déclarer à cette autorité sanitaire toute rupture de stock de médicaments susceptible d’entraîner un risque de santé publique.

Cette liste, utile pendant la pandémie de Covid-19, a en fait été mise en place bien avant l’apparition du SARS-CoV-2.

Contre les pénuries de dispositifs médicaux : divers initiatives privées

D’autres initiatives souvent privées et concernant la disponibilité de dispositifs médicaux très utilisés pendant la pandémie de Covid-19 ont, elles, été prises suite à la diffusion du nouveau coronavirus en France. C’est par exemple le cas du service proposé en ligne par le site MeSoigner.fr : ce site propose aux particuliers des informations concernant la disponibilité de dispositifs médicaux tels que des masques de protection, des gels hydro-alcooliques, des gants et des thermomètres.

D’autres entreprises, comme MiraklMirakl, qui a développé la marketplace StopCovid19.fr, proposeraient, elles, aux professionnels de contourner des difficultés d’approvisionnements concernant des dispositifs médicaux en s’adressant à des fournisseurs non traditionnels.

Pandémie de Covid-19, ruptures de stock et prises de conscience

Si les ruptures d’approvisionnement de produits de santé se multiplient depuis le début des années 2000, la pandémie de Covid-19 semble avoir accru le sentiment d’une vulnérabilité de la santé publique à l’égard de ces tensions, sentiment à la base du développement et de l’évolution d’outils tels que le portail DP-Ruptures. Et de fait, la pandémie de Covid-19 a bien généré de nouvelles ruptures de stock sur des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. Si des outils numériques visant à informer les professionnels, voire les patients, de ces difficultés d’approvisionnement sont les bienvenus, ils complètent d’autres stratégies qui visent, elles, à éviter ces ruptures.

Des ruptures concernant des médicaments utilisés notamment en réanimation

Depuis l’entrée de la France en confinement, divers médicaments ont été signalés en tension d’approvisionnement auprès de l’ANSM du fait de la pandémie de Covid-19, confirme le Leem sur son site internet. En effet, à cause notamment de l’augmentation de la demande de certains médicaments à l’échelle mondiale, de ruptures de stock de matières premières et de la mondialisation de la fabrication, des médicaments utilisés en particulier en réanimation comme des anesthésiques et des morphiniques ainsi que des curares ont été déclarés en rupture de stock en France. Certains de ces médicaments, comme divers curares, connaissaient cependant déjà des tensions de production avant la diffusion du coronavirus dans le monde.

Des stratégies visant à éviter les pénuries

« Il est envisagé par l’Etat la mise en place d’une gestion centralisée de l’approvisionnement en médicaments des établissements de santé pour optimiser la répartition des stocks disponibles, du fait de la très forte augmentation du nombre de malades traités en réanimation », expliquait le Leem au début du mois d’avril 2020. Pendant la pandémie de Covid-19, la prise de diverses mesures exceptionnelles visant à lutter contre les tensions d’approvisionnement de médicaments a en effet été envisagée par les autorités sanitaires : la plupart de ces mesures consistait à limiter les ruptures dans la chaîne de distribution en rationalisant la distribution des médicaments ou à étendre les stocks en recourant à un stock national stratégique ou à des stocks internationaux de grands groupes pharmaceutiques.

Mais d’autres stratégies plus durables, ne visant pas à soutenir la gestion d’une situation inédite et urgente, ont été mises en place au cours des années 2010 face à la multiplication des ruptures de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. « La loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé  prévoit [ainsi] de nouvelles obligations pour les acteurs, dont par exemple la mise en oeuvre de plans de gestion des pénuries par les industriels mais également l’interdiction d’exportation pour les grossistes répartiteurs, si la rupture concerne un médicament d’intérêt thérapeutique majeur (Article 151 de la Loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé) », explique sur son site internet l’Ordre des pharmaciens. « Cette loi renforce le système français qui repose déjà sur plusieurs obligations de santé publique, comme celles que doivent respecter les grossistes-répartiteurs (toujours disposer de 15 jours de stock, avoir 90 % de la collection des médicaments en stock, fournir la France avant d’exporter, etc.) », rappelle cette organisation. Suite à la crise du Covid-19, afin d'éviter aux autorités d’avoir à prendre des mesures exceptionnelles, des lois permettant de prévenir efficacement et dans toute situation les ruptures de stock de produits de santé dans la lignée de celles entrées en vigueur dans les années 2010 pourraient être écrites dans le futur.

Ordre des pharmaciens

Fiche n° 271, créée le 11/04/16 à 12:21 - MàJ le 14/01/20 à 18:27

Ordre des pharmaciens

■ Création en 1945
■ Présidé par Carine Wolf-Thal depuis juillet 2017
■ Institution qui regroupe tous les pharmaciens exerçant leur art en France Métropole ou dans les départements et collectivités d’Outre-mer
■ Chargé par la loi de remplir des missions de service public
■ Missions fixées par le code de la santé publique (article L.4231-1 du CSP)


  • Catégorie : Autre
  • Budget/CA : de 10 à 50M euro
  • Zone(s) d'activité : France



Ordre des pharmaciens
4 Avenue Ruysdaël
75008 Paris - FRANCE
vCard meCard .vcf VCARD

Agence Nationale de Sécurité du médicament et des produits de santé

Fiche n° 72, créée le 11/04/16 à 12:21 - MàJ le 27/11/20 à 17:48

Agence Nationale de Sécurité du médicament et des produits de santé

■ Créée par la loi du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire des médicaments et des produits de santé
■ Dirigée par Christelle Ratignier-Carbonneil (intérim).
■ Placée sous la tutelle du ministère de la Santé
■ A pour mission de garantir la sécurité des produits de santé tout au long de leur cycle de vie
Contact



  • Catégorie : Acteurs publics
  • Effectif : De 10 à 49
  • Zone(s) d'activité : France



Agence Nationale de Sécurité du médicament et des produits de santé
site de Saint Denis 143/147, boulevard Anatole France
93285 Saint-Denis Cedex - FRANCE
vCard meCard .vcf VCARD

Leem

Fiche n° 44, créée le 11/04/16 à 11:55 - MàJ le 14/02/20 à 14:08

Leem

■ Syndicat représentant l’industrie du médicament
■ Présidé par Frédéric Collet
■ Regroupe les entreprises du secteur de l’industrie pharmaceutique en France
■ En 2020, Le Leem s’est rapproché de France Biotech en accueillant au sein de son conseil d’administration un représentant de l’association.


  • Catégorie : Industrie
  • Budget/CA : de 300K à 2M euro
  • Effectif : De 50 à 199



Leem
58 Boulevard Gouvion Saint Cyr
75017 Paris - FRANCE
Téléphone : 01 45 03 88 88
vCard meCard .vcf VCARD

Fin
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