StopCovid : approuvée à l’Assemblée et au Sénat, l’application pourrait être disponible dès le 30 mai
Paris - Publié le jeudi 28 mai 2020 à 15 h 10 - n° 11039 La « déclaration du Gouvernement relative aux innovations numériques dans la lutte contre l'épidémie de covid-19 » a été approuvée le 27 mai 2020 à l’Assemblée nationaleAssemblée NationaleAssemblée Nationale puis au SénatSénatSénat. L’approbation du Sénat s’est faite par 186 voix pour, 127 contre, et 29 abstentions ; celle de l’Assemblée par 338 voix pour, 215 contre et 21 abstentions. L’application de suivi des contacts StopCovid va ainsi être déployée : elle pourrait être disponible en téléchargement dès le samedi 30 mai.La solution fait l’objet de critiques depuis l’annonce de son développement, certains détracteurs soulevant notamment des questions d’ordre éthique, concernant en particulier l’exploitation des données. À la tribune du Palais Bourbon, le secrétaire d’État au Numérique Cédric OCédric OCédric O a défendu le dispositif, estimant que « priver les volontaires qui le souhaiteraient de cette application pour des raisons politiques ou philosophiques » revenait à « accepter les contaminations supplémentaires, les malades supplémentaires, les morts supplémentaires et le risque de confinement supplémentaire ».
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Un application « protectrice » ou « orwellienne » ? Les Républicains divisés
Contrairement aux députés LR, dont 98 (sur 104) ont voté contre, les sénateurs LR, qui détiennent la majorité à la chambre haute, se sont prononcés (à 131 sur 144) en faveur de l’application StopCovid. Pour « casser les reins » de l’épidémie, le chef de file des Républicains au Sénat Bruno RetailleauBruno Retailleau a déclaré vouloir « donner une chance » à la solution numérique. « Si vous ne voulez pas être tracés, n’utilisez pas vos smartphones », a-t-il justifié, jugeant que « l’application StopCovid telle qu’on nous la propose est protectrice ».
Son homologue de l’Assemblée Damien AbadDamien Abad avait pour sa part demandé de ne pas faire « un pas de plus, même prudent, vers une société orwellienne qui pourrait se révéler cauchemardesque » pour une application qui, « mort-née », sera selon lui « davantage un gadget qu’un outil contre la pandémie, un projet à contre-courant et désormais largement dépassé ».
Cédric O se veut rassurant sur le « captcha »
Cédric O est revenu à l’Assemblée sur la question - pointée par la CnilCommission Nationale de l'Informatique et des Libertés dans son dernier avis - du « captcha », ce « petit module technique » qui permet de vérifier que l’utilisateur n’est pas un robot : il est « assez compliqué à déployer », indique-t-il, ajoutant qu'« il n’existe pas aujourd’hui de captcha qui soit français ou européen » mais qu'« il n’en existe qu’un seul, déployé par la société GoogleGoogle ».
Un captcha français devrait être disponible « dans deux semaines »
« Ce que nous avons lancé, et qui sera une des choses que nous laisseront par la suite, c’est avec la société OrangeOrange le développement d’un captcha français », qui devrait être disponible « dans deux semaines », annonce secrétaire d’État au Numérique « Encapsuler » le « captcha » de Google dans une « webview » permettra selon lui de « réduire les fuites de données »
