Covid-19 : interop, IA et plateformes numériques au menu de l’initiative de relance franco-allemande
Paris - Publié le mercredi 20 mai 2020 à 14 h 43 - n° 10990 « Notre réponse à la crise actuelle et aux futures crises sanitaires doit s’appuyer sur une nouvelle approche européenne reposant sur la souveraineté sanitaire stratégique », souligne l’Élysée dans un communiqué diffusé le 18 mai 2020 au sujet d’une « initiative franco-allemande pour la relance européenne face à la crise du coronavirus ». Décidées à « mettre à profit la puissance » qu’elles tirent d’une « action conjointe en tant qu’Européens » et à « unir [leurs] forces de façon inédite », les exécutifs français et allemand prévoient notamment :• de « définir des normes européennes communes en matière d’interopérabilité des données sanitaires » : est cité dans le communiqué l’exemple d'« une méthodologie harmonisée permettant de disposer de statistiques comparables sur les cas lors d’épidémies » ;
• d'« accélérer la transformation numérique », notamment par le déploiement de la 5G, l’obtention d’infrastructures et des technologies de cybersécurité sûres et fiables, la gestion de l’identité numérique, un cadre favorable à l’intelligence artificielle (IA) et une régulation juste pour les plateformes numériques dans l’[Union européenne (UE)] », avec « une taxation équitable de l’économie numérique au sein de l’Union, s’appuyant idéalement sur des conclusions fructueuses des travaux de l’OCDEOrganisation de coopération et de développement économiqueOrganisation de coopération et de développement économique » ;
• de « mettre en place des stocks stratégiques communs de produits pharmaceutiques et médicaux » et de « développer les capacités de production de ces produits dans l’UE » ;
• de « soutenir la diversification des chaînes de valeur en promouvant un agenda commercial ambitieux et équilibré, articulé autour de l’OMCOMCOrganisation mondiale du commerce », intégrant « de nouvelles initiatives, notamment dans le domaine du commerce des produits de santé » et de « renforcer le contrôle des investissements aux niveaux national et européen pour les investisseurs non européens dans les secteurs stratégiques », parmi lesquels celui de la santé, « tout en encourageant des investissements (re)localisés dans l’UE ».
R&D, marchés publics et task force de prévention OMC
Dans le domaine de la santé l’initiative commune prévoit également :
- d’augmenter les capacités de recherche et développement dans le domaine des vaccins et des traitements ainsi que la coordination et le financement au niveau international (Initiative ACT-A), avec l’objectif à court terme de « mettre au point et de fabriquer un vaccin contre le coronavirus au sein de l’Union européenne, tout en garantissant un accès mondial à ce vaccin » ;
- de coordonner les politiques européennes en matière de marchés publics communs pour les vaccins et traitements futurs avec « par exemple, la fabrication et le stockage de futurs vaccins potentiels » afin de « parler d’une seule voix face à l’industrie pharmaceutique et de garantir un accès européen et mondial plus efficace » ;
- de mettre en place une task force de l’UE chargée de la santé au sein du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies , qui aurait pour rôle« , aux côtés des institutions nationales, d’élaborer des plans de prévention et de riposte face aux futures épidémies ».
