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Covid-19 : une crise financière « sans précédent » pour la Sécurité sociale (note du HCFiPS)

Paris - Publié le mardi 19 mai 2020 à 13 h 11 - n° 10974 « La pandémie du Covid-19 et la crise économique mondiale qui en découle balayent complètement le paysage en matière de protection sociale et de financement », relève le Haut conseil pour le financement de la protection sociale (HCFiPS) dans son « État des lieux » publié le 14 mai 2020 sous le titre « 2020 : une rupture sans précédent pour la sécurité sociale  ».

« Les perspectives financières pour l’année 2020 votées en LFSSLFSSLoi de financement de la sécurité sociale sont désormais totalement caduques », affirme le Haut conseil, estimant que « le déficit des régimes de sécurité sociale devrait atteindre des niveaux jamais observés » : le ministre des Comptes publics Gérald DarmaninGérald DarmaninGérald Darmanin (auditionné le 22 avril par la Commission des affaires sociales du SénatSénatSénat) a évoqué « un possible déficit du régime général et du FSV (Fonds de solidarité vieillesse) à hauteur de 41 milliards d’euros, soit environ 10 % des dépenses[, alors qu'] une seule fois la dégradation annuelle du solde a dépassé les 10 milliards d’euros », avec -14,1 milliards en 2009.

Le HCFiPS annonce que « les impacts de la crise sur la protection sociale » feront l’objet de « travaux réguliers », notamment « dans le cadre de la prochaine commission des comptes et au moment de la construction des lois financières pour 2021 ».
© Pixabay
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Contraction des recettes et hausse des dépenses

Le Haut conseil pour le financement de la protection sociale (HCFiPS) pointe du doigt « une différence majeure avec la crise de 2009-2010 », à savoir que le choc « résulterait d’une contraction des recettes (33 Md €), mais également [d’une hausse] des dépenses (8 Md€)  », notamment des dépenses relevant du champ de l’OndamOndamObjectif national des dépenses d'assurance maladie, « à la fois sur l’exercice 2020 et sur le moyen terme ».

« L’essentiel de l’impact  » sera cependant « visible sur les recettes », du fait de «  la mise à l’arrêt de pans entiers de l’économie  » qui se traduira « mécaniquement » par une contraction du PIB d’ampleur « historique », ajoute le HCFiPS. « La contraction de la masse salariale du secteur privé, principale assiette des prélèvements sociaux, devrait atteindre des niveaux jamais observés », estimée à «  -7,5 %, contre une prévision initiale de 2,8 % » entre « la relative faiblesse des embauches », les « probabilités de faillites »,  les « suppressions d’emploi » et la « mise en chômage partiel », soit un impact « de l’ordre de 20 milliards d’euros et [de] 2,6 milliards d’euros pour l’assurance chômage ».

Une crise qui soulève des questions de fond

L’Ondam, un outil à faire évoluer

Le Haut conseil note que le gouvernement « envisage une augmentation de l’Ondam de 7 %, contre 2,45 % prévu en LFSSLFSSLoi de financement de la sécurité sociale, soit un relèvement de 4,5 points » et estime qu'« au-delà de 2020 », c’est cet outil de régulation des dépenses lui-même qui « devra faire l’objet d’évolutions pour les années à venir ».

Dette sociale et dette de l’État

Le HCFiPS se demande en fin de note si la dette qui « résultera des déficits historiques » enregistrés en 2020 et si, « sur un certain nombre d’exercices suivants », elle doit être considérée « intégralement, partiellement ou pas du tout » comme une dette « sociale », devant « être remboursée progressivement, comme c’est actuellement le cas de la dette sociale reprise et amortie par la CadesCadesCaisse d'amortissement de la dette sociale ».

Le Haut Conseil rappelle ici que « le fait de rembourser la dette sociale, alors que la dette de l’État ne fait l’objet d’aucun mécanisme d’amortissement », se justifie par la spécificité des dépenses sociales « essentiellement constituées de transferts et de prestations sociales », et considérées « schématiquement comme des dépenses de fonctionnement  » et non d’investissement.

Il prévoit dans sa note que « la question des relations financières entre l’État et la sécurité sociale continuera d’être centrale » pour que la sécurité sociale puisse dégager elle-même « les marges de manœuvre nécessaires à une normalisation de sa situation financière  », tout en étant capable de « faire face aux défis sanitaires et sociaux révélés ou aggravés par la crise ».

« L’importance d’un système de protection sociale au sens large »

Pour le HCFiPS cette crise, « d’une ampleur a priori jamais observée depuis 1945 », met en tous cas en évidence «  l’importance d’un système de protection sociale au sens large, dans sa capacité à maintenir les revenus d’une partie importante de la population, à contribuer au maintien de l’activité économique, ou à offrir à tous un accès au soins ».

Fin
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