AP-HP : 60 000 patients suivis à domicile via l’application Covidom (Martin Hirsch, audition Sénat)
Paris - Publié le jeudi 14 mai 2020 à 11 h 22 - n° 10948 Environ 60 000 patients porteurs du Covid-19 ou suspectés de l'être sont ou on été suivis à domicile par le biais de Covidom, une application de télésuivi coconstruite par l'AP-HPAssistance Publique - Hôpitaux de Paris et l'éditeur Nouveal e-santéNouveal e-santéNouveal e-santé. Auditionné par la commission des affaires sociales du SénatSénatSénat le 13 mai 2020, le directeur général de l'établissement parisien Martin HirschMartin HirschMartin Hirsch met en lumière les résultats de ce dispositif, qu’il cite à plusieurs reprises et notamment en réponse à Corinne ImbertCorinne ImbertCorinne Imbert, sénatrice LR de la Charente-Maritime (Nouvelle Aquitaine), qui l’interpelle à propos d’une gestion de la crise jugée trop hospitalo-centrée par certains : « C’est exactement l’inverse qui a eu lieu, rétorque Martin Hirsch, oui l’hôpital était au centre de la prise en charge mais il a travaillé avec les autres acteurs et nous avons envie de continuer en ce sens. » Il a par ailleurs souligné à ce propos que des programmes de recherche étaient menés aussi en Ville ou avec des patients suivis à domicile.L’application Covidom est complémentaire du programme Covisan de l’AP-HP (environ 1 500 patients concernés), un dispositif de suivi et de proposition d’isolement et d’accompagnement des patients contagieux pour lequel collaborent collectivités territoriales, ONG, médecins de villes, CPTSCPTScommunautés professionnelles territoriales de santé, maisons de santé, etc., note le DG de l’AP-HP, relevant qu’il s’agit de « quelque chose de nouveau dans la manière dont les hôpitaux s’impliquent dans la prévention ». Martin Hirsch insiste sur le fait que des « changements majeurs » ont été opérés dans le cadre de la gestion de crise, des changements organisationnels mais aussi dans l’exploitation du numérique, sujet revenu à plusieurs reprises dans les échanges au cours de son audition par les sénateurs.
• L’AP-HP n’a pas été mobilisée concernant l’appli StopCovid
Autre sujet numérique abordé, l’application nationale StopCovid, dont le développement est actuellement piloté par l'InriaInriaInria (plus de détails ici). Quand Yves Daudigny, sénateur PS de l’Aisne (Hauts-de-France), demande au DG de l’AP-HP quelles seraient les conditions du recours à une appli de ce type - « à laquelle beaucoup de personnes sont opposées », rappelle-t-il -, Martin Hisrsch explique qu’il ne se prononcera pas sur le sujet : « J’ai fait savoir que s’il y avait besoin que l’AP-HP expérimente l’outil et que le Gouvernement me le demande, je le ferai, mais à ce jour je n’ai pas reçu de telle demande. »
• Des milliers d'équipements produits chaque jour par impression 3D
Le directeur de l’AP-HP a également partagé aux sénateurs sa satisfaction quant au projet « 3D Covid », lancé par l'établissement parisien pour l’installation à l’hôpital Cochin d’un parc de 61 imprimantes 3D Stratasys opérées par la société Bone 3DBone 3DBone 3D. L’hôpital peut ainsi fabriquer son propre matériel pour les soignants mais aussi pour le traitement des malades . « Des milliers d’objets sont produits chaque jour, avance-t-il, majoritairement des équipements de protections (visières de protection pour le visage, masques…). »
• Hoptisoins : une plateforme pour faciliter le quotidien des professionnels pendant la crise
Questionnée par Victoire Jasmin, sénatrice de la Guadeloupe, sur la prise en considération de la souffrance des soignants pendant cette période de crise inédite, Martin Hirsch reconnaît que « cette souffrance a existé chez tous ceux qui ont été au front et en appui du front », assurant avoir fait en sorte que les professionnels soient accompagnés « au mieux », avec notamment la mise en place d'écoute avec des psychiatres et des psychologues mais aussi de la plateforme Hoptisoins (HappytalHappytalHappytal), une plateforme de services pour faciliter le quotidien des professionnels (transport taxi, garde d’enfants, livraison de courses, etc.).
Et aussi : la mise en place d’une task force Covid-19 au sein de l’entrepôt de donnéesng
À noter également (sujet non mentionné au cours de l’audition) que l’AP-HP a mis en place fin avril une « task force Covid-19 » au sein de son entrepôt de données de santé (EDS) « pour analyser et suivre l'épidémie de coronavirus ». Cette task force, qui compte actuellement une centaine de personnes issues de l’AP-HP mais aussi de l’Inria et de sociétés privées (ArkhnArkhn, BCGBoston Consulting Group, DataikuDataiku, OVHOVH, PhilipsPhilips), se concentre sur 3 types de tâches : l’ingénierie des données (récupération des données, leur enrichissement et leur consolidation) ; le renforcement des infrastructures de données ; le traitement des données (réalisation d’indicateurs en appui aux cellules de crise).
Autres éléments clés de l’audition de Martin Hirsch (hors numérique)
- à propos des essais cliniques Covid-19 : « Je pense que le Sénat peut se féliciter que la recherche a été très active dans notre pays, estime Martin Hirsch. 14 000 patients (Covid-19) ont été pris en charge et 7 000 patients ont été inclus dans des essais cliniques dans un délai record. Cela est tout à fait remarquable. »
- « L’ensemble du personnel s’est mobilisé sans aucune réserve, sans aucune limite [pendant la crise] » : le directeur général de l’AP-HP indique notamment que 8 000 ETPETPEquivalent temps plein sont venus en renfort des équipes.
- Rémunération : « J’ai plaidé pour revoir la rémunération [des équipes]. (…) Je pense que, oui, il faut revoir les conditions [actuelles], en partant des aspirations des personnels et des besoins des hôpitaux. Je n’ai pas changé de position pré-, pendant ou post-Covid-19. Je pense juste que ce discours est davantage audible aujourd’hui et qu’il peut être partagé. Le moment est venu de pouvoir prendre des mesures qui soient adaptées à notre préoccupation commune. » Le directeur générale de l’AP-HP estime également qu’il faut « pousser la promotion professionnelle ».
- « Oui il y a une crainte d’un retour à la »normale« . Oui, il faut donner plus de souplesse aux organisations hospitalières publiques pour qu’on puisse garder l’esprit public à l’hôpital mais sans avoir le »tatillonisme« public, à l'égard de ce que l’on trouve à l'étranger. »
Martin Hirsch
| Parcours |
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| Assistance Publique – Hôpitaux de Paris Directeur général 2013 Aujourd'hui |
| Institut d'études politiques de Paris Enseignant 1990 à 1997 |
| Conseil d'Etat Secrétaire général adjoint 1993 à 1995 |
| Caisse nationale d'assurance maladie Conseiller juridique 1990 à 1992 |
Assistance Publique – Hôpitaux de Paris
■ Etablissement public de santé qui exerce le rôle de centre hospitalier régional pour Paris et l'île de France
■ Regroupe 39 hôpitaux accueillant en moyenne chaque année 8 millions de malades.
■ Premier employeur d’Ile-de-France : 100 000 personnes - médecins, chercheurs, paramédicaux, personnels administratifs et ouvriers - y travaillent.
■ Budget annuel : 7,5 milliards d’euros
■ Dirigé par Martin Hirsch
