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Contact tracing : publication du décret prévu par le projet de loi, amendé après avis de la Cnil

Paris - Publié le mercredi 13 mai 2020 à 15 h 55 - n° 10943 Le décret en Conseil d’ÉtatConseil d’Etat du 12 mai 2020 « relatif aux systèmes d’information mentionnés à l’article 11 de la loi n° 2020-546 du 11 mai 2020 (SI-DEP et Contact Covid, dispositifs pilotés par la CnamCaisse nationale d’assurance maladie) prorogeant l'état d’urgence sanitaire et complétant ses dispositions » autorise « l’adaptation et la création de traitements de données à caractère personnel destinées à permettre l’identification des chaînes de contamination du virus covid-19 et assurer le suivi et l’accompagnement des personnes ». Publié au Journal officielJournal OfficielJournal Officiel (JO) du 13 mai, il « entre en vigueur immédiatement », est-il indiqué.

Le texte définit « les responsables de traitements, les catégories de données traitées, les accès, les destinataires, ainsi que leur durée de conservation » mais aussi « les modalités d’exercice, par les personnes concernées, des droits prévus » par le règlement RGPDRGPDRèglement Général relatif à la Protection des Données.

La CnilCommission Nationale de l’Informatique et des Libertés estime dans un communiqué du 13 mai 2020 que le dispositif est « conforme au RGPD si certaines garanties sont respectées ». Elle affirme avoir obtenu plusieurs modifications au texte du décret suite à sa délibération adoptée « en urgence », notamment sur l’encadrement des accès aux données, leur durée de conservation et le droit d’opposition.
© Pixabay
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Accès, opposition et durée

Un encadrement plus précis des données auxquelles aura accès chaque catégorie d’utilisateur

  • La Cnil affirme avoir obtenu que le texte soit précisé pour « encadrer plus précisément les données auxquelles aura accès chaque catégorie d’utilisateur des deux fichiers, selon sa fonction dans le dispositif sanitaire ». Estimant que le texte publié « procède à un tel encadrement », elle ajoute qu’il « devra se traduire, dans la mesure du possible, par des mesures techniques limitant l’accès des utilisateurs à ce qui correspond à leurs besoins ».
  • La Commission salue la suppression, à sa demande, de la mention qui prévoyait « le recueil, sans autre précision, d’informations sur les  »liens«  existants entre un  »patient 0«  et un  »cas contact«  ». Le décret publié « prévoit uniquement la collecte d’informations précises et circonscrites sur ce point [comme] le fait de se connaître ou non, l’existence d’une cohabitation, la date du dernier contact ».

Un droit d’opposition ouvert aux « cas contacts » pour le traitement de leurs données dans Contact Covid

  • Elle constate qu’un droit d’opposition a été ouvert par le décret aux « cas contacts » pour le traitement de leurs données dans Contact Covid, alors que le projet du Gouvernement « écartait pour l’essentiel » ce droit, et après qu’elle a « demandé que la restriction du droit d’opposition aux fichiers soit réduite au minimum ».
  • La Cnil se félicite des « fortes garanties » apportées « postérieurement à sa délibération » par la version finale de la loi du 11 mai 2020 sur les durées de conservation des données, «  en limitant la conservation des données dans le système d’information à trois mois à compter de leur collecte ».

Formation, traçabilité et contrôle

La Cnil annonce qu’elle « contrôlera étroitement » le dispositif

  • La Cnil « appelle à une grande vigilance  » dès lors que des données de santé et des données « touchant à certains aspects de la vie privée » vont être enregistrées dans deux fichiers nationaux « accessibles à un grand nombre de personnes  ».
    • Elle demande que les personnes appelées à utiliser le fichier soient formées de façon adaptée, et qu’un dispositif de traçabilité des consultations soit mis en place « de façon à repérer les abus et à pouvoir les sanctionner ».
  • La Cnil annonce à la fin de son communiqué qu’elle « contrôlera étroitement » le dispositif, précisant qu’ « un premier contrôle » sera diligenté « dans les premières semaines suivant son déploiement ».
Conseil d'Etat
Fiche n° 572, créée le 23/05/16 à 04:22 - MàJ le 02/06/16 à 10:36

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■ Peut également être saisi par le président de l’Assemblée nationale ou du Sénat d’une proposition de loi élaborée par les parlementaires
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■ Le Vice-président est Jean-Marc Sauvé


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