Covid-19 et numérique : l’Académie de médecine suggère la création d’infrastructures nationales
Paris - Publié le lundi 4 mai 2020 à 15 h 04 - n° 10903 « Les technologies numériques peuvent apporter un soutien précieux, notamment en période de crise même si elles n’ont pas vocation à remplacer les médecins et les soignants car le contact avec les patients reste indispensable. » Dans un communiqué daté du 29 avril 2020, l’Académie nationale de médecineAcadémie nationale de médecineAcadémie nationale de médecine recommande d’« utiliser à grande échelle les outils numériques » pour lutter contre Covid-19.Elle demande en conséquence d’encourager le développement de ces technologies en santé, « en soutenant la recherche publique et privée », et notamment :
- de créer « des infrastructures nationales souveraines » pour le recueil et l’exploitation des données « pour que la France et l’Union Européenne ne dépendent pas entièrement des États-Unis et de la Chine » ;
- de coordonner la recherche au niveau national « pour éviter le foisonnement d’initiatives individuelles favorisé par la situation d’urgence » ;
- de « fournir les moyens nécessaires » aux équipes de modélisation mathématique des épidémies afin d’organiser la sortie de crise ;
- de « mettre des automates à la disposition des personnels soignants » pour réduire ou éliminer leurs risques de contamination dans l’exécution de certaines tâches ;
- d'« engager une réflexion » sur l’utilisation du numérique dans la réponse aux futures épidémies et dans l’organisation du système sanitaire en périodes inter-épidémiques ;
- de veiller au respect des principes éthiques et de protection des données personnelles dans l’usage des outils numériques.
L’Académie liste les technologies numériques à employer dans le domaine de la santé
L’Académie de médecine juge que les technologies numériques « peuvent apporter un soutien précieux, notamment en période de crise », notamment par des applications comme :
- la modélisation mathématique, qui « permet d’identifier les signaux faibles annonciateurs d’épidémie, d’organiser la riposte et d’en prévoir l’évolution pour alléger les mesures de confinement » ;
- l’utilisation d’internet et des moyens de communication, qui « préserve une activité économique par le travail à distance, d’autant plus si la couverture numérique peut s’étendre à l’ensemble du pays » ;
- la télémédecine, les consultations à distance et le télédiagnostic qui « maintiennent une activité médicale pendant la crise jusqu’à ce que les contacts directs patient/médecin redeviennent possibles » ;
- les téléphones portables, qui « peuvent être utilisés pour aider à la distanciation sociale à condition de respecter la vie privée des personnes » ;
- l’automatisation des tests virologiques et sérologiques ainsi que l’analyse automatique des images de TDMTDMTomodensitométrie ou scanner thoraciques, qui « peuvent raccourcir les délais de diagnostic de Covid-19 » ;
- l’utilisation d’imprimantes 3D, qui « doit étendre ses champs d’application pour fabriquer des écrans protecteurs, des masques, des embouts de respirateur, etc. » ;
- les automates et les robots qui permettent de « réduire les risques d’exposition des soignants » notamment pour la dispensation des médicaments dans les EHPADs, la désinfection des surfaces, la gestion des déchets, la recherche du virus dans les eaux usées. ;
- l’intelligence artificielle, qui « en réponse aux incertitudes scientifiques suscitées par une maladie nouvelle », doit permettre d’analyser rapidement de grandes quantités de données afin d'« identifier les caractéristiques de l’agent infectieux » et de « développer des pistes pour des traitements ou des vaccins grâce au partage des informations ».
Académie nationale de médecine
■ Depuis 1902, la compagnie réunit des médecins, des chirurgiens, des biologistes, des pharmaciens et des vétérinaires reconnus pour leurs travaux scientifiques et pour les responsabilités qu’ils ont assumées dans le domaine de la santé
■ Dirigé par Pierre Bégué
■ Depuis sa création, l’Académie a compté onze membres nationaux Lauréat du Prix Nobel
■ Elle peut être saisie d’une demande d’avis par les Pouvoirs publics
■ Peut aussi s’autosaisir dans les domaines de la santé mais plus volontiers sur les questions de Santé publique et d’Ethique médicale
■ Chargée de la communication, Nicole Priollaud - 06 09 48 50 38
