Covid-19 : Covigie, une plateforme de veille basée sur IA à destination des professionnels de Ville
Paris - Publié le jeudi 23 avril 2020 à 16 h 33 - n° 10857 Une plateforme web permettant aux professionnels de la santé de premier recours de signaler aux autorités sanitaires des événements, dysfonctionnements ou remarques liés à l’épidémie de Covid-19 est proposée par la Société française de médecine généraleSociété française de médecine générale (SFMG)Société française de médecine générale, qui a annoncé son lancement début avril 2020 par communiqué. La société savante, avec la Société francophone des sciences pharmaceutiques officinales (SFSPO) et le Collège de la médecine généraleCollège de la Médecine GénéraleCollège de la Médecine Générale, en partenariat avec Open Rome et OpusLine, est à l’initiative de ce nouveau dispositif appelé « Covigie ».Les professionnels de santé tels que les médecins généralistes, les pharmaciens ou les infirmiers libéraux apparaissent comme des interlocuteurs de premier recours pour de nombreux patients. Aussi, ces praticiens sont particulièrement susceptibles de rencontrer des difficultés particulières ou d’être mis au courant de problèmes de patients liés au contexte épidémique. « Or les autorités sanitaires ne disposent pas aujourd’hui d’un relais d’informations structurées leur permettant de bénéficier d’une vision agrégée et en continu des retours d’expérience [de ces professionnels] », note la SFMG, qui explique que Covigie vise précisément à réaliser ce relais.
Pour ce faire, la plateforme est alimentée d’informations renseignées tant individuellement par des praticiens isolés que par des représentants de groupes ou de mailing listes de professionnels, soit une « capitalisation sur les outils de discussion réellement utilisés par les praticiens », indique la SFMG. Une solution d’intelligence artificielle (IA) permet en outre d’analyser ces informations pour qu’elles soient transmises le plus efficacement et clairement possible aux autorités sanitaires.
« Covigie ambitionne de toucher 30 000 professionnels de santé de premier recours », révèle par ailleurs la Société française de médecine générale.
Une veille dans deux sens
Selon une lettre adressée par Société française de médecine générale (SFMG) aux professionnels de la santé, Covigie viserait à réaliser un partage d’information dans deux directions : dans un sens « bottom-up » et entre les professionnels.
Une veille des professionnels dans une logique « bottom-up »
Les professionnels de la santé exerçant en ville comme les pharmaciens, les médecins généralistes ou les infirmiers libéraux apparaissent comme une première ligne de praticiens confrontés au quotidien aux problèmes singuliers des patients. Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, ces professionnels apparaissent comme une source sûre d’informations concernant le terrain que les autorités sanitaires devraient prendre en compte.
Alors qu’il existe des réseaux de pharmacovigilance, d’hémovigilance ou de réactovigilance, les sociétés savantes impliquées dans le projet auraient souhaité créer un nouveau réseau dédié à une veille centrée sur des problématiques amenées par l’épidémie de covid-19. Ainsi, ce réseau permettrait aux professionnels de la santé de signaler directement aux autorités sanitaires nationales ou régionales (Conseil scientifique, Comité CARE, Ministère, ARS, etc.) des événements, difficultés, observations ou initiatives liées à la pandémie.
A partir de ces informations transmises quotidiennement par les professionnels aux autorités, des synthèses doivent être rédigées, indique le communiqué.
Accès à aux synthèses pour les professionnels
Si Covigie est fondées sur la remontée d’informations des professionnels vers les autorités, les synthèses transmises à ces autorités sont également accessibles aux praticiens, à tous les abonnés de Covigie. « Tous les documents produits par Covigie sont diffusés aux organisations professionnelles des soignants (URPS, Ordres, Collèges, etc.) », est-il par ailleurs affirmé dans la lettre de présentation du dispositif aux professionnels.
Une veille qui partage les problèmes des patients et les solutions terrain
Selon la SFMG, la plateforme vise à signaler et à partager 3 grands types d’informations :
- les problèmes rencontrés par les patients ;
- les solutions trouvées sur le terrain ;
- les informations épidémiologique concernant le Covid-19.
Signaler des problèmes rencontrés par les patients
Les premières informations que les patients pourraient signaler aux autorités et partager dans des synthèses via Covigie concernent des difficultés liées à l’épidémie de Covid-19 rencontrées soit par eux, soit par leurs patients. « Consulter pour une appendicite ou une grossesse pathologique en période de confinement sans s’exposer au Covid-19 peut être très compliqué…) », est-il précisé dans la lettre. « Dites-nous comment ça se passe en pratique sur le terrain, surtout quand ça ne se passe pas bien », encourage-t-elle.
Partager des solutions trouvées sur le terrain
Dans sa lettre de présentation, la SFMG précise également que la plateforme vise à partager un autre type d’informations concernant cette fois non les problèmes mais les solutions et initiatives trouvées ou prises par des professionnels de santé sur le terrain. « Décrivez-nous comment vous et vos confrères des soins primaires vous êtes organisés pour permettre aux patients d’être bien soignés malgré les conditions souvent défavorables d’accès aux soins », encourage la société savante.
Participer à la veille épidémiologique concernant le Covid-19
Cette plateforme peut enfin être le support d’une veille épidémiologique concernant le Covid-19 : selon la lettre de la SFMG, les professionnels de la ville peuvent utiliser Covigie afin de signaler des signes cliniques non classiques, des observations concernant la transmission du virus, toute situation atypique ou effet indésirable de traitement remarqué (concernant les médicaments, d’autres plateformes de pharmacovigilance existent cependant, comme le site Signalement-sante.gouv.fr). Ces remarques ou observations d’événements ou signes cliniques atypiques peuvent également être partagées via Covigie sous la forme de questions. « Aucun nom de patient ni aucun moyen d’identification indirecte d’une personne n’ont à être mentionnés », précise la SFMG.
Assistance par une intelligence artificielle
Selon la SFMG, les informations renseignées sur la plateforme ne sont pas transmises directement aux autorités : elles sont analysées par des professionnels de la santé, des data analysts et une intelligence artificielle. De cette façon, des grands axes d’observations et de remarques des professionnels peuvent être dégagés.
Les professionnels peuvent participer seuls ou par groupes
« Correspondants » de groupes ou de mailing listes de professionnels
Le principe de Covigie est de « capitaliser » sur les capacités de l’intelligence artificielle ainsi que sur les modes de communication des praticiens de santé entre eux : les professionnels peuvent prendre part au projet Covigie au sein de groupes de soignants utilisant des messageries instantanées, des plateformes d’échanges ou des mailing listes.
« Pour les groupes, nous identifierons un correspondant Covigie qui aura en charge la transmission à la plateforme Covigie des problèmes signalés par les membres du groupe et des solutions trouvées (quand il y en a) », est-il expliqué dans la lettre. Ces « correspondants » doivent donc participer ou animer activement des discussions au sein d’un groupe afin d’en rapporter les principales remarques ou questions.
Participation directe en tant qu’abonné à la plateforme
Les praticiens peuvent également transmettre des informations à Covigie de façon isolée ou s’abonner individuellement aux synthèses de Covigie, indique la lettre de présentation.Collège de la Médecine Générale
Collège de la Médecine Générale
Le Collège de la médecine générale (CMG), association loi de 1901, regroupe l’ensemble des organisations qui œuvrent pour la discipline « médecine générale », dans les champs professionnel, scientifique et universitaire.
Le Collège de la médecine générale adhère à la définition européenne de la médecine générale telle qu’elle a été développée par la WONCA (the World Organization of National Colleges, Academies and Academic Associations of General Practitioners/Family Physicians). Il est par ailleurs le représentant officiel de la France à la WONCA.
Société française de médecine générale
La Société française de médecine générale (SFMG) est une société savante fondée en 1973 visant à promouvoir la Médecine Générale en participant à la formation des médecins, à l'évaluation des pratiques et à l’amélioration du système de soins.
Elle est constituée de 1200 médecins généralistes et est membre du Collège de la Médecine Générale.
