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Covid-19 : le projet Google/Apple pour le suivi par Bluetooth limitera les fonctionnalités des applis

Paris - Publié le vendredi 17 avril 2020 à 13 h 05 - n° 10816 GoogleGoogleGoogle et AppleAppleApple annoncent un « effort commun » pour « permettre l’utilisation de la technologie Bluetooth pour aider les gouvernements et les autorités de santé à limiter la propagation du virus ». Dans un communiqué daté du 10 avril 2020, les deux groupes californiens, dont les systèmes Android et iOS équipent la grande majorité des téléphones mobiles dans le monde, promettent de déployer pour ce faire « une solution complète » permettant d’activer le « suivi des contacts » : ils s’engagent à placer « au cœur de la conception  » de ces outils la confidentialité et la sécurité des utilisateurs.  

En mai 2020, les deux sociétés publieront des APIAPIApplication Programmable Interface (interfaces de programmation d’application) en vue de l’interopérabilité entre les téléphones mobiles sous Android et iOS et qui permettront que les applications diffusées par les autorités sanitaires fonctionnent sur les deux plateformes.

Puis, à l’horizon de quelques mois, Apple et Google travailleront à une solution « plus large » et « plus robuste », basée sur l’intégration du suivi des contacts par Bluetooth au niveau de leurs systèmes d’exploitation respectifs. Cette solution, soulignent-ils, permettra à davantage d’utilisateurs de prendre part au système et d’élargir l’écosystème d’applications.
La technologie Bluetooth est initialement conçue pour relier des périphériques entre eux.. - © Pixabay
La technologie Bluetooth est initialement conçue pour relier des périphériques entre eux.. - © Pixabay

Les inquiétudes d’Aymeril Hoang sur la souveraineté numérique

« Google et Apple comptent proposer une solution clef en main, entièrement packagée [, sur laquelle les États] n’auraient plus qu'à mettre leur logo. Àtitre personnel, je pense que cela pose d'énormes enjeux de souveraineté numérique », commente Aymeril HoangAymeril Hoang, chargé du numérique au sein du conseil scientifique sur le Covid-19, entendu le 15 avril 2020 lors d’une audition en visioconférence devant la Commission des lois du SénatSénat.

Ses inquiétudes portent notamment sur le fait que :

  • « sur un plan technique, Google et Apple définissent eux-mêmes quand une personne doit être prévenue qu’elle a croisé une personne contaminée (distance entre les deux, temps d’exposition…) » ;
  • les deux groupes américains « gardent les identifiants des téléphones concernés » et « définissent le  »protocole«  de fonctionnement ».

Le Gouvernement est pour l’instant dans une logique de « collaboration » et de « négociation »

Aymeril Hoang affirme que le Gouvernement était pour le moment dans une logique « de collaboration » et « de négociation » avec Apple et Google, du fait qu’une application de traçage des contacts nécessitera nécessairement le besoin « d’avoir accès à un certain nombre de fonctionnalités des terminaux  » dont ils détiennent la clé.

Selon lui « si ces négociations n’aboutissaient pas », et si la France n’avait « pas d’autres choix que de reprendre la solution clef en main de Google et Apple », il faudrait « tous nous interroger collectivement et en premier lieu la représentation nationale sur ce que cela signifie en termes d’indépendance et de souveraineté sur ces questions numériques ». 

Le NHS en conflit avec Apple et Google

Selon une information relayée par The Guardian, le système de santé britannique (NHSNational Health Service) est entré « en conflit » (« standoff »)  avec Apple et Google après que les deux groupes ont refusé de soutenir son propre projet d’application. Or si elle était mise en place, l’application du NHS « ne fonctionnerait pas si l'écran du téléphone était éteint ou si une application autre que le traceur de contact était utilisée en même temps », explique le journal britannique.

En effet, sur des appareils comme l’iPhone d’Apple, « une application normale a un accès limité à Bluetooth », sauf si elle est exécutée en « premier plan  » - c’est-à-dire active à l'écran et en cours d’utilisation, précise The Guardian. Ces limitations ont pour objectif d'« empêcher les applications de suivre les utilisateurs leur consentement ».

La solution annoncée par Google et Apple prévoit un accès spécial à Bluetooth, pour les applications des autorités mais « limite strictement les informations » qu’elles pourront recueillir et leur interdit également de « demander à un téléphone de faire une liste de tous les appareils avec lesquels il a été en contact  », ajoute le journal.

Google
Fiche n° 203, créée le 11/04/16 à 12:21

Google

■ Création en 1998
■ Dirigé par Sundar Pichai
■ Moteur de recherche
■ Elle a procédé à de nombreuses acquisitions et développements et détient aujourd’hui de nombreux logiciels et sites web notables parmi lesquels YouTube, le système d’exploitation pour téléphones mobiles Android, ainsi que d’autres services tels que Google Earth, Google Maps ou Google Play


Apple
Fiche n° 16, créée le 11/04/16 à 11:06

Apple

• Conception et commercialisation de produits électroniques grand public, ordinateurs personnels et logiciels informatiques
• Fondé en 1976 par Steve Jobs
• PDG : Tim Cook
• Effectifs : 115 000 employés
• Chiffre d’affaire : 233,715 Mds $ (211,748 Mds €) (2015)


  • Catégorie : Industrie
  • Budget/CA : + de 150M euro
  • Effectif : Plus de 2000
  • Entitée(s) affiliée(s) : Tueo Health


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